FRAUDES FISCALES Chevaux importés
Le Mauritius Turf Club verse Rs 15,2 millions à la MRA
Banque mondiale : deux prêts de Rs 2,2 milliards en vue
FRAUDES FISCALES Chevaux importés
Le Mauritius Turf Club verse Rs 15,2 millions à la MRA
La nouvelle est tombée cette semaine : le Mauritius Turf Club (MTC) a récemment versé une somme de quelque Rs 15 millions à la Mauritius Revenue Authority (MRA). Le MTC a accepté d'effectuer ce paiement après la conclusion d'une enquête menée par une petite équipe de la MRA attachée aux services du Customs Department au Ip Kwok Sheung Building, placée sous la supervision du directeur de ce département, Bert Cunningham. La somme versée représente des montants dus à l'État pour des importations de chevaux.
Cette enquête, enclenchée en février de l'année dernière, a donc pris fin et le MTC, après quelques réunions de travail à plusieurs niveaux, notamment avec des officiers du ministère des Finances, des responsables de la Douane et ceux de la MRA, a finalement décaissé environ Rs 15,2 millions. Les enquêteurs ont pu réunir des informations solides et autres documents pour prouver que le MTC n'avait effectivement pas respecté, en tant qu'importateur des chevaux de courses, deux Clauses du Customs Duties Act (43 A et 127 A). Ils avaient axé leur mission sur une importante évasion fiscale alléguée au niveau de l'importation de nouveaux chevaux en provenance principalement de l'Afrique du Sud, du Zimbabwe, de Grande Bretagne, de France, d'Australie, sur la période s'étendant entre début 2003 et 2007.
Travail de fourmi
Dans le sillage de cette enquête d'envergure, les officiers de Bert Cunningham avaient sollicité la collaboration de la South African Revenue Authority mais, selon nos sources, les Sud-Africains n'auraient pas montré l'intérêt attendu par la partie mauricienne, pour des raisons qu'on ignore. Du coup, les enquêteurs mauriciens ont dû effectuer des recherches, un véritable travail de fourmi, à d'autres niveaux en Afrique du Sud, en Grande Bretagne, au Zimbabwe, en France et en Australie, ainsi qu'à Maurice. Cela a permis - preuve à l'appui - de découvrir que plusieurs irrégularités avaient été commises, à la fois au niveau des ventes, des paiements et d'importants transferts de devises.
Des propriétaires actuels, dont certains avaient publiquement déclaré litige à leurs entraîneurs, aussi bien qu'un nombre important d'anciens propriétaires de chevaux à Maurice, de même qu'en terre sud-africaine, zimbabwéenne, britannique, française et australienne, ont été appelés à coopérer avec les enquêteurs. Ils ont apporté leur entière contribution ou presque aux enquêteurs. Ils ont, dans la plupart des cas, fourni des renseignements à la fois précis et compromettants, concernant les prix réels des chevaux, le rôle de l'importateur, malgré lui, le MTC, les stratégies utilisées pour effectuer les transferts de devises et autres paiements, en Afrique du Sud principalement.
Un premier assessment a été fait par les enquêteurs. Après discussions et négociations avec la MRA, le MTC a fini par accepter de payer une somme de quelque Rs 15,2 millions. Il faut savoir que le MTC n'est en fait pas propriétaire des chevaux comme c'était le cas dans le temps mais qu'en vertu de la loi existante, il est le seul organisme autorisé à importer des équidés (chevaux, poneys, etc.) à Maurice. Ainsi, dans l'état actuel des choses, les propriétaires n'ont aucune responsabilité vis-à-vis de la douane et, lorsqu'une entorse à la loi est prouvée, c'est le club qui est appelé à en faire les frais. Aujourd'hui, dans le giron de l'administration du MTC, on dit que le club a dû faire les frais des irrégularités commises par des propriétaires, ces fautes coûtant la bagatelle de quelque Rs 15,2 millions au MTC. On ne sait, à ce stade, si le MTC tentera de récupérer des propriétaires la somme payée à la MRA.
Il y a un peu plus d'une année, le 1er juin 2007, une réunion avait eu lieu entre les dirigeants du MTC et les principaux responsables des écuries actuelles ainsi que de celles ayant fermé leurs portes durant les cinq années précédentes. Cela avait pour but, surtout, de les mettre au courant de la situation. Il avait presque été convenu que, dépendant de la somme qui serait réclamée par la MRA, les propriétaires, à travers leur Stable Managers et entraîneurs, allaient être mis devant leurs responsabilités.
Pour la petite histoire, il faut savoir qu'en 1995, le MTC, pour une semblable affaire de fraudes fiscales, avait été contraint de verser une somme de quelques dizaines de millions de roupies à l'État, après une enquête menée par le défunt Unified Revenue Board dirigé alors par Mme Indira Manrakhan, aujourd'hui attachée à l'Independent Commission Against Corruption.
Dépôt de Rs 75 000
Lors des dernières discussions entre les enquêteurs et les dirigeants actuels du MTC, ces derniers auraient vivement demandé aux autorités de s'assurer, une fois pour toutes, que seuls les propriétaires soient tenus pour responsables de l'importation de chevaux vers Maurice. Toutefois, pour des raisons purement techniques et administratives, liées aux formalités d'usage, le MTC compte accepter de se limiter au simple rôle de facilitateur. Ainsi, si fraude fiscale il y avait, seuls les propriétaires auraient à répondre devant les autorités et non le MTC. Selon nos sources, les autorités ont bien compris la démarche du MTC et comptent accéder à cette requête dans les semaines à venir.
Pour ce qui est de l'évaluation des prix des chevaux, les officiers de la MRA sont actuellement en présence d'une proposition du MTC, basée sur une échelle de Rating et l'âge des nouveaux chevaux. Cela devrait permettre que soit calculé le taux de taxe à être payé. Le dossier est actuellement à l'étude par les hommes de Bert Cunningham.
Actuellement, sur une base temporaire, et ce depuis que l'enquête des officiers de la douane avait atteint un stade relativement avancé, un dépôt de l'ordre de Rs 75 000 pour chaque cheval importé est réclamé aux propriétaires par la Douane, en attendant qu'ils fournissent tous les documents officiels requis dans le délai convenu entre le MTC et la Douane. Comme les documents concernant les nouveaux chevaux importés, depuis que les enquêteurs ont imposé le dépôt, n'ont jamais été fournis, tous les dépôts effectués jusque-là ont été saisis. À ce jour, dit-on au IKS Building, une somme avoisinant les Rs 3 millions a ainsi été saisie. En ajoutant cela aux quelques Rs 15,2 millions évoqués plus haut, on note que la douane a récupéré plus de Rs 18 millions. Cependant, il faut faire ressortir que ces Rs 3 millions proviennent des propriétaires, même s'ils les ont déposés à travers le MTC.
Après ce paiement de quelque Rs 15,2 millions, on se félicite au niveau de l'équipe des enquêteurs et on soutient que c'est le résultat d'un travail assidu, qui a pris des mois.
Rappelons que, pour des raisons jamais connues à ce jour, les principaux responsables de cette enquête avaient été transférés ailleurs. Aujourd'hui, dans les milieux proches de Bert Cunningham, on rend hommage à ces hommes qui, dit-on, sont en fonctions ailleurs au niveau de la douane et qui continuent un travail tout aussi remarquable. D'autre part, certains individus familiers du IKS Building qui, selon nos renseignements, auraient, apparemment, tenté, par tous les moyens, de mislead les enquêteurs ou de leak des informations sur les investigations, craigneraient aujourd'hui les conséquences de leurs actions.
Banque mondiale : deux prêts de Rs 2,2 milliards en vue
Rs 1,4 milliard, sera utilisé pour le fi nancement de projets de réfection de routes et dans les secteurs de l'eau et de l'électricité
Le ministère des Finances a initié des discussions avec la Banque mondiale (BM) en vue de bénéficier de deux emprunts d'un montant global de Rs 2,2 milliards (US $ 80 M) pour le présent exercice de financement. C'est ce qu'a confirmé officiellement au Mauricien Constantine Chikosi, le représentant résident de la BM à Maurice.
Le premier volet comprend un montant de Rs 815 M (US $ 30 M) sous le troisième Development Policy Loan (DPL) en vue de soutenir le programme de réforme économique engagé, alors que le second, de Rs 1,4 milliard, sera utilisé pour le financement de projets de réfection de routes et dans les secteurs de l'eau et de l'électricité.
" Les discussions engagées avec le gouvernement ont atteint un stade bien avancé. Le calendrier de travail établi indique que les deux dossiers de prêts de US $ 30 M et de US $ 50 M devront passer devant le conseil d'administration de la BM en décembre prochain. Le décaissement de cette assistance financière devra intervenir au plus tard en février de l'année prochaine ", a fait comprendre M. Chikosi.
Le DPL est le troisième d'une série de six d'un montant de US $ 30 M chacun - le deuxième a été déboursé en février dernier - en vue d'encadrer la restructuration de l'économie. " It has been agreed that in total the DPL series will comprise six annual loans, the focus of each being agreed annually to reflect the country's evolving development priorities ", note un récent document du Fonds monétaire international (FMI) passant en revue l'état de l'économie.
Commentant le déboursement du deuxième DPL, le World Bank Task Team Leader Robert Keyfitz soulignait que " the loan supports all four pillars of the governments program, with specific measures aimed at improving public sector efficience and effectivities, strengthening export competitivities, consolidating labour market reforms and strengthening human capital formation. These are complex and difficult reforms, but there is strong and determined ownership and the development community is pleased to offer its support ".
En marge des consultations sur les composantes de ce troisième DPL, la BM a établi une liste de projets dans les domaines de l'infrastructure, de l'eau et de l'électricité pour le déboursement du prêt de US $ 50 M en 2008/09. " Nous avons eu des séances de travail très approfondies avec la Road Development Authority portant sur des projets à être financés sous ce guichet. We already had detailed discussions. We have visited the sites of the roads that need to be resurfaced and even widened ", devait ajouter Constantine Chikosi à cet effet.
Le prêt de Rs 1,4 milliard sera utilisé en deux parties, soit le financement direct des travaux de réfection de l'infrastructure routière et les " engineering studies for future projects ". Le renforcement de la Land Transport Authority figure également parmi les projets identifiés. Pour le présent exercice financier, les Performance Indicators identifiés dans le budget pour le ministère des Infrastructures publiques prévoient toute une série de travaux en vue d'améliorer le réseau routier.
Ainsi, la construction de la route Terre-Rouge/Verdun/Ebène devra être complétée à 30 % au plus tard en juin de l'année prochaine ; le contrat de la construction de la Phnix/Beaux-Songes Link Road, qui a fait l'objet d'une site visit samedi, devra être alloué d'ici juin 2009 ; la route d'accès au Tianli Industrial Development Complex à Riche-Terre devra être complétée au plus tard en février prochain ; et la moitié de la route d'accès au Triangle de Réduit devra être construite au plus tard en juin prochain.
Par ailleurs, le ministère des Infrastructures publiques prévoit la réfection de l'autoroute du Nord sur une distance de 11 km entre Terre-Rouge et Pamplemousses, et de la route Nationale sur une distance de 9 km entre Grewals et le Caudan. Les Performance Indicators misent également sur le réasphaltage de quelque 40 kilomètres du réseau routier au coût de Rs 5 M le kilomètre.
Ce financement de la BM sera également orienté vers le secteur de l'eau à Maurice et à Rodrigues, ainsi que vers la filière énergétique. Les discussions sont en cours avec les responsables du ministère des Services publics pour mettre au point le programme d'intervention.