CONFÉRENCE Selon les autorités


Finance islamique : des signes d'un bon départ

Il y a des signes encourageants que la finance islamique, incluant les services bancaires islamiques, prendra un bon départ à Maurice. Déjà des institutions étrangères et locales ont exprimé leur intérêt à offrir des produits et services conformes aux principes de la Shari'ah. C'est ce qu'a déclaré, ce matin, le Dr Sen Narrainen, lors de l'ouverture du 2e Islamic Finance Summit, à l'hôtel Maritim. Deux autres intervenants, en l'occurrence, Milan Meetarbhan, Chief Executive Officer de la Financial Services Commission (FSC), et Raju Jaddoo, Managing Director du Board of Investment (BoI), ont soutenu que la finance islamique contribuera à la diversification des produits et des marchés du centre financier mauricien.

Dynamiser davantage le secteur des services financiers local, contribuer activement à la création d'un système financier inclusif et aider à l'accroissement des exportations des services financiers. Tels sont les trois objectifs que s'était fixés le ministre des Finances lorsqu'il avait annoncé, dans son discours du Budget 2007/2008, que des législations seraient introduites pour faire provision pour le développement de services financiers alternatifs, dont la finance islamique. Le Dr Sen Narrainen, qui donnait lecture du discours du Grand Argentier (absent lors de l'ouverture de la conférence), a tenu à les rappeler. Il a indiqué que les autorités sont convaincues que la finance islamique peut contribuer de manière significative au renforcement du dynamisme que connaît le secteur financier local depuis quelque temps. Il a annoncé que ces trois dernières années, le secteur du global business (anciennement l'offshore) a enregistré un taux de croissance moyen annuel de 11%, le secteur bancaire local un taux de 8% alors que celui de l'assurance a progressé de 5% en moyenne annuellement. De nouveaux partenariats ont été formés, des produits novateurs ont été proposés, ajoutant ainsi à la compétition dans le secteur. " We expect Islamic Finance to enrich our financial landscape by adding to the diversity of institutions and significantly increasing the choice of instruments to the entire range of consumers, from micro finance to large corporations and to foreign clients ", a-t-il souligné.

Le conseiller économique en chef au ministère des Finances s'est aussi appesanti sur les attentes à ce que la finance islamique, plus particulièrement les services bancaires islamiques, aide à la mise en place d'un système financier inclusif. Cela, a-t-il fait ressortir, est crucial dans un pays qui veut élargir le cercle des opportunités et voir s'améliorer la distribution des richesses. Sen Narrainen a déclaré que le gouvernement espère que les services bancaires islamiques soient un soutien pour les petites et moyennes entreprises, surtout pour celles qui sont sous-capitalisés et qui n'arrivent pas à proposer les garanties nécessaires pour pouvoir obtenir un prêt d'une banque commerciale. La Finance islamique, a-t-il poursuivi, est aussi perçue par le gouvernement comme une opportunité immense pour un accroissement de l'exportation des services financiers et la globalisation de cette industrie. Les activités dans ce domaine au plan mondial génèrent environ US$ 1 000 milliards et le taux de croissance se situe entre 15% et 20% annuellement. Les autorités, a-t-il ajouté, sont prêtes à mettre en place l'infrastructure de support nécessaire et proposer les mesures incitatives adéquates pour que la finance islamique se développe à Maurice.

Nouvelles lois

Auparavant, Milan Meetarbhan de la FSC et Raju Jaddoo du BoI avaient abondé dans le même sens. " Nous pouvons et devons offrir des services financiers conformes aux principes de la Shari'ah pour compléter la gamme de produits proposés par notre centre financier. La finance islamique nous aidera également dans la diversification de nos marchés d'exportation ", a soutenu Milan Meetarbhan. La finance islamique, a-t-il fait remarquer, rejoint l'objectif d'offrir des produits/services qui soient bien accueillis au niveau de l'éthique et qui soient aussi socialement acceptables. Le CEO de la FSC a laissé entendre que des efforts soutenus sont déployés pour que le centre financier dispose de structures solides et produits financiers diversifiés pour être compétitifs. Il a indiqué que de nouvelles législations dont celles portant sur le Real Estate Development Trust et les Foundations sont envisagées.

L'Islamic Finance Summit, qui s'échelonnera sur trois jours, réunit quelque 70 participants. Organisé conjointement par Team Synthesis, il bénéficie du parrainage de plusieurs institutions locales et étrangères et est animé par des spécialistes de la finance islamique.