PNQ Crise financière


Baisse des prix : ultimatum à la mi-décembre du GM


PARLEMENT Prime Minister's Question Time


Ramgoolam : " Pas d'élections l'année prochaine "


BANK OF MAURITIUS Board des directeurs :


Etude approfondie du plan de restructuration de Bheenick


PNQ Crise financière


Baisse des prix : ultimatum à la mi-décembre du GM

En raison de l'importance de son thème majeur, soit les perspectives de l'économie mauricienne dans un contexte de crise financière internationale, la Private Notice Question pour la reprise des travaux de l'Assemblée nationale a duré plus que prévu, soit environ 55 minutes. Le ton adopté par le leader de l'opposition, Paul Bérenger, qui a voulu acculer le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen, avec la comparaison des prévisions des principaux paramètres économiques établies lors de la présentation du budget et les dernières données, était dans les limites parlementaires avec des coups de griffe de part et d'autre.

Rama Sithanen a saisi l'occasion pour lancer un véritable ultimatum aux commerçants pour qu'ils répercutent les baisses de prix des denrées alimentaires et des commodités sur les étagères d'ici à la mi-décembre. Pour sa part, le leader de l'opposition n'a pas manqué d'épingler le " zigzaging " de la Banque de Maurice par rapport à la baisse des taux d'intérêts, avec le " yo-yo " du Repo Rate et du Cash Reserve Ratio. Mais un point unanime se dégage de ces échanges entre l'opposition et le gouvernement : l'année 2009 s'annonce comme économiquement difficile avec le spectre de la récession affectant les deux secteurs économiques les plus visibles, le textile et le tourisme.

Bérenger : Par rapport à la crise financière internationale et les répercussions sur l'économie mauricienne, le vice-Premier ministre et ministre des Finances peut-il révéler le taux de croissance économique révisé pour 2008 et l'exercice financier 2008/09 et les performances comparatives pour 2007 et 2007/08 ; le montant des recettes d'exportations pour le troisième trimestre de cette année, les arrivées et les recettes touristiques pour octobre dernier, le montant du Foreign Direct Investment (FDI) pour le troisième trimestre de cette année, le montant des réserves en devises étrangères et la couverture en nombre de mois en septembre et octobre de cette année aussi bien que les déboursements sous différents fonds institués sous le Supplementary Appropriation Act 2008, et confirmer s'il a l'intention de procéder à une accélération du déboursement de ces fonds spécifiques ?

Sithanen : Au cours de ces quatre derniers mois, le monde a connu l'une de ses plus graves crises financières, dont le début se retrouve dans la crise du Sub-Prime Mortgage. Depuis l'économie internationale ou encore le système financier international ont connu un véritable chaos. Des institutions financières internationales, que ce soit des banques commerciales, des banques d'investissement ou encore des compagnies d'assurance, réputées pour leur solidité, ont été ébranlées et certaines d'entre elles ont même déclaré banqueroute. Cette crise a également eu des répercussions sur la confiance des consommateurs avec des risques de récession se profilant à l'horizon.

Les dernières prévisions établies par le Bureau Central des Statistiques misent sur un taux de croissance situé entre 5,3 % et 5,4 %, soit une légère baisse des prévisions précédentes de 5,6 %. Les taux de croissance pour les différents secteurs de l'économie s'établissent comme suit : textile 2,5 %, tourisme 3,5 %, sucre 5,5 %, immobilier 7,7 %, intermédiation financière 7,8 %, transport 8,1 % ; ICT 15 % et construction 11 %. Pour ce qui est des prévisions pour 2008/09, le BCS travaille sur des prévisions pour l'année civile 2009 et les données ne sont pas encore disponibles. La conjoncture économique internationale est marquée par une absence de visibilité et, de ce fait, des prévisions ne peuvent être établies que pour le premier trimestre de l'année prochaine.

L'élection de Barack Obama comme président des États-Unis et la prochaine réunion du G 20 à Washington, prévue pour le 15 courant, devront permettre de voir plus clair dans le flou économique et financier qui est descendu sur le monde avec la crise financière. Même les institutions internationales, qui sont réputées pour leurs prévisions comme le Fonds monétaire international, l'OCDE et la Banque mondiale, se retrouvent dans l'impossibilité de s'aventurer pour faire des prévisions économiques. Le personnel du ministère des Finances travaille en étroite collaboration avec la Banque de Maurice et le BCS. Au fur et à mesure que nous nous approcherons de l'échéance de la présentation du prochain budget, nous allons être en mesure de réduire la marge de variations par rapport aux principaux indicateurs économiques. Néanmoins, malgré la conjoncture internationale difficile, la croissance est meilleure qu'en 2005…

David : Ti koz état d'urgence économique.

À ce stade, Rama Sithanen se lance dans l'énumération d'une série de chiffres comparatifs portant sur la performance des exportations pour le troisième trimestre de 2008 à celui de 2007, avec le Foreign Direct Investment de l'ordre de Rs 3,6 milliards pour le troisième trimestre de 2008 contre Rs 2,7 milliards en 2005, soit une progression de 33 %, ou encore le montant des réserves de devises étrangères de Rs 80,3 milliards, soit une couverture de 33 semaines d'importation.

Sithanen : Ces données sur le niveau de réserves et de la couverture des importations ne tiennent pas compte du fait qu'au cours de ces derniers mois, les prix des denrées alimentaires de base, des produits pétroliers, des commodités et du fret ont baissé sur le marché international. La bonne performance de l'économie mauricienne jusqu'ici s'explique par la politique de réformes économiques adoptées par le gouvernement. Elle est nettement mieux qu'en 2005. Le FDI pour les neuf premiers mois de l'année a été de Rs 7,2 milliards et la création d'emplois a été de 11 000 annuellement contre 3 000 en 2005 alors que le ratio d'investissement par rapport au PIB est en progression…

David : Rezilta lor rezilta…

Bhagwan : Lepep pe kreve deor, sa to pa trouve !

Speaker : Order ! Order !

Pour la reprise de sa réponse liminaire, le VPM et ministre des Finances revient sur des statistiques au niveau des investissements et de l'emploi pour faire état de la résilience dont a fait preuve Maurice lors de la première partie de la crise internationale.

Sithanen : deux choses expliquent la résilience de l'économie, the soundness of the financial system and the effectiveness of the reforms. Le système financier mauricien est robuste, well regulated et n'a pas été atteint par les toxic assets. La seule exception a été le marché boursier, qui a subi des corrections. Mais la performance de la Bourse de Maurice a été meilleure que celle des autres pays émergents. La réforme économique engagée a permis de dégager une fiscal responsibility et de l'espace fiscal. Le pourcentage de la dette publique par rapport au PIB a régressé de 69,9 % à 57,9 %, le déficit budgétaire a été ramené de 5,3 % en 2005/06 à 3,4 %. Nous disposons de ressources financières découlant de cet espace fiscal avec la réforme, soit Rs 5 milliards répartis dans différents fonds institués pour faire face à la crise et des contingency funds de l'ordre de Rs 2 milliards. These are specific ammunitions. Des munitions que nous allons utiliser dans des secteurs spécifiques comme l'énergie, le secteur alimentaire, l'éducation et la formation, entre autres. Des initiatives visent à nous permettre de mieux affronter la situation économique internationale difficile. La presse internationale souligne que des pays dont les économies étaient solides ont été ébranlés par la crise internationale. Il y a le cas de Singapour. La Chine et l'Inde doivent faire face à des difficultés.

Des économies ouvertes, comme l'île Maurice, sont exposées aux répercussions néfastes d'un ralentissement général de l'économie sur le plan international. Je l'ai toujours dit et je le répète : the economy is resilient but it is not immune. Nous avons adopté une approche économique prudente avec des actions décisives au moment opportun. Pour le dernier budget, j'avais adopté une politique économique expansionniste, des fonds spécifiques ont été institués, la révision salariale du Pay Research Bureau a été payée dans son intégralité et nous avons prévu des contingency funds de l'ordre de Rs 2 milliards.

Au cours de ces deux derniers mois, je me suis engagé dans une série de consultations avec tous les partenaires de l'économie pour passer en revue la situation et élaborer des mesures préventives pour faire face à la crise. J'ai eu des discussions avec les représentants et les opérateurs dans le textile, le tourisme, le secteur financier, le Seafood Hub et l'alimentation, l'ICT et le sucre. J'ai consulté les gros opérateurs économiques aussi bien que les PME. Dans la conjoncture, il est évident que le secteur du textile va connaître des moments difficiles. Certains opérateurs de ce secteur passent actuellement par une phase difficile. Le secteur du Global Business sera également affecté par la crise financière internationale. Par contre, la filière de l'ICT fait preuve d'une plus grande résilience au niveau de l'outsourcing malgré les risques de récession internationale. Au niveau de la construction, nous devrons être en mesure de faire mieux si des bottlenecks sont éliminés.

Néanmoins, force est de constater que les effets multiplicateurs du textile et du tourisme sont à craindre. Nous travaillons sur différents scénarios économiques en raison de la crise internationale et nous devrons nous tenir prêts à affronter le pire des scénarios.

À ce stade, le ministre des Finances revient sur les éventuelles conclusions et décisions émanant de l'élection du nouveau président des États-Unis et de la prochaine réunion du G 20.

Sithanen : The challenges are enormous and progress could be slow. Mais nous avons déjà pris une avance avec un budget expansionniste, avec les dotations financières à des fonds spécifiques, l'injection de Rs 5,2 milliards dans le circuit avec le paiement du PRB, des investissements de Rs 125 milliards dans l'infrastructure au cours des prochains deux ans, des investissements de Rs 20 milliards dans le projet Tianli et des montants de Rs 450 millions engagés dans la restructuration manufacturière. Globalement, une somme de Rs 1,8 milliard a été engagée avec des déboursements de Rs 1,3 milliard à octobre.

Nous prenons des mesures et des initiatives pour affronter la crise et éliminer les goulots d'étranglement dans le système. Nous accueillons favorablement la récente décision du Monetary Policy Committee de la Banque de Maurice de réduire le Repo Rate et la révision à la baisse du Cash Reserve Ratio. Cette dernière mesure devra libérer quelque Rs 2,5 milliards en vue d'assurer le financement des besoins des entrepreneurs et des opérateurs économiques. Un comité conjoint du ministère des Finances, de la Banque de Maurice et de la Mauritius Bankers Association a été mis sur pied pour le suivi à ce niveau.

Il y a encore la décision du gouvernement de réduire de 15 à 20 % les prix des différents produits pétroliers en vue de réduire les coûts de production. À venir, la baisse des prix des produits alimentaires, des commodités. We have acted with foresight. We have acted swiftly. Le Premier ministre a clairement fait comprendre que l'urgence dans la conjoncture demeure le nurturing of resilience de l'économie.

À ce titre, deux comités ministériels ont été mis en place, l'un présidé par le Premier ministre sur le nurturing of resilience avec un comité technique mené par le secrétaire au Cabinet et l'autre sous ma présidence sur la human capacity avec le soutien d'un comité technique sous la responsabilité du secrétaire financier.

Il demeure un fait incontournable que 95 % des solutions économiques doivent provenir de l'étranger et que seulement 5 % est sous notre contrôle.

Bodha : Selman 5 % to kontrole !

Sithanen : Nous avons pris des mesures et nous continuerons le monitoring de la situation. Nous avons des munitions pour maintenir l'élan économique. Nous sommes tenus de prendre des mesures pour protéger les groupes les plus vulnérables de notre société.

Bérenger : Voici cinq mois, lors de la présentation du budget, le ministre avait misé sur un taux de croissance de 6 % et, aujourd'hui, il parle de 5,3 à 5,4 %. Je suis vraiment surpris d'entendre le ministre déclarer qu'il n'est pas en mesure de faire des prévisions pour 2008/09.

Sithanen : Je l'ai fait comprendre dans ma réponse liminaire : la conjoncture économique est caractérisée par une absence de visibilité. Prenons le cas des trois plus importantes institutions internationales engagées dans des prévisions économiques, le FMI, l'OCDE et la Banque mondiale. Elles n'ont pas été mesure de faire des projections…

Bodha : Elles n'ont même pas été en mesure de prévoir la crise financière internationale…

Speaker : Donnez le temps au ministre de compléter ses explications.

Sithanen : La Banque mondiale et le FMI modifient de manière systématique leurs projections. La ministre française de l'Économie vient timorer les prévisions à chaque mois. Il est clair que nous ne serons nullement en mesure d'atteindre un taux de croissance de 6,2 %. Nous avons encore sept mois pour arriver à la fin de l'exercice financier. J'aurai des consultations avec les parties concernées. Je travaille sur un modèle et le ministère des Finances travaille en collaboration avec la Banque de Maurice, le BCS et également la MCB. There is a lot of uncertainty. It is very difficult due to the lack of visibility. La meilleure approche est de proposer trois scénarios, soit moderately affected, affected et severely affected. Ensuite, il faut des analyses sectorielles. Des secteurs économiques affichent une meilleure résilience que d'autres. J'ai déjà cité le cas de l'ICT.

Le leader de l'opposition proteste contre la démarche du vice-Premier ministre et ministre des Finances, qui répète des aspects des réponses déjà pourvues à la Chambre.

Sithanen : Le leader de l'opposition ne doit pas se laisser emporter. Il y a des secteurs économiques qui sont visibles comme le tourisme et le textile. Il nous faudra la réunion du G 20 pour voir la formulation d'une nouvelle architecture du système financier.

Bérenger : Les dernières prévisions du FMI ont été rendues publiques jeudi dernier. Les prévisions de croissance économique pour les pays en voie développement sont négatives, soit -0,3 %…

Une remarque du ministre des Finances concernant des " third class economists " suscite un brouhaha au sein de l'hémicycle avec une nouvelle intervention du Speaker. Ce dernier lance un rappel à l'ordre " to both sides of the House ", alors que le ministre David et le député Bhagwan échangent des remarques.

Bérenger : Des appréhensions ont été exprimées par rapport au déficit du compte courant, qui a connu une nette détérioration au cours de ces derniers mois. Le ministre est-il en mesure d'avancer des chiffres ?

Sithanen : C'est encore difficile. Cette situation est la conséquence du paiement de la facture pétrolière en dollars (+100 %) ; du paiement de facture d'importation alimentaire (+125 %) ou encore de la hausse des prix des matières premières. Les données publiées par la Banque de Maurice et le BCS explicitent ce problème. Mais avec la baisse enregistrée depuis ces dernières semaines, la répercussion au niveau de la balance commerciale et de la balance des comptes courants devra se faire sentir. Tout cela dépendra encore de la performance du tourisme, du textile et du secteur du Global Business. Les secteurs visibles de l'économie représentent 15 % alors que l'ICT se veut résiliente.

Bérenger : Pour ce qui est du tourisme, le ministre affirme qu'il ne dispose pas de données quant au nombre d'arrivées et du montant des recettes en octobre. Nous avons que ces chiffres sont disponibles dès la première semaine du mois suivant. Est-ce parce que les chiffres d'octobre 2008 sont inférieurs à ceux d'octobre 2007 que le ministre ne veut pas les communiquer ?

Sithanen : Je peux montrer au leader de l'opposition le document qui m'a été communiqué à 11 h 15 affirmant que les données ne sont pas disponibles.

Speaker : Le ministre cite des extraits d'un document officiel.

Sithanen : Je peux donner l'assurance qu'il n'est nullement mon intention de jouer avec les chiffres. (Un brouhaha monte dans les rangs de l'opposition.) L'interprétation des chiffres est une autre paire de manches.

Bérenger : À un certain moment, les prévisions misaient sur une croissance de 8 % dans le tourisme. Cette performance est-elle possible ?

Sithanen : Le leader de l'opposition avance un point et son contraire également. Il est évident que le taux de croissance de 8 % dans le tourisme ne sera pas réalisé. Mais nous allons faire mieux qu'en 2005, où l'on avait parlé d'état d'urgence, et qu'il n'y avait pas de crise financière. Nous avons créé 11 000 emplois.

Bérenger : Voila qu'il commence à répéter ce qu'il avait déjà déclaré.

Speaker : Order ! Order !

Bérenger : Lors de la présentation du budget, il avait parlé de FDI de Rs 15 milliards en 2008. Qu'en est-il de la performance ?

Sithanen : Je ne crois que je sois en train de subir un exercice pour mettre à l'épreuve mes capacités de prévision. L'autre jour, le leader de l'opposition avait fait des prévisions sur les conclusions des Law Lords pour le jugement du No 8. C'est le contraire qui s'est avéré. Pourtant, le jugement était déjà écrit. Nous allons faire mieux qu'en 2005. Déjà nous sommes à Rs 7,2 milliards de FDI…

Bérenger : IRS sa !

Sithanen : Je vais divulguer les détails, soit Rs 2,3 milliards pour le secteur financier, Rs1,5 milliard pour les affaires et Rs 3 milliards dans le tourisme.

À ce stade, le leader de l'opposition revient sur le montant des réserves de devises et la couverture en semaines d'importations alimentaires. Il attire l'attention de la Chambre sur la détérioration du niveau des réserves et de la couverture. Il s'intéresse également aux engagements de ressources financières dans différents fonds, comme Maurice Ile Durable, la crise alimentaire et énergétique.

D'autres parlementaies, dont Ram Mardemootoo, Nando Bodha et Suren Dayal, interviennent, ces interpellations suivies, en dernière partie, par celles du leader de l'opposition.

Bérenger : Face à cete situation de crise, la première des choses demeure la crédibilité, la cohérence et la continuité. Ce que nous avons constaté avec la Banque de Maurice au cours de ces derniers mois est nettement éloigné de ce dont nous avons besoin. Nous avons été témoins d'un zigzaging de la Banque Centrale. Son approche est néfaste pour l'image de Maurice…

Sithanen : Le leader de l'opposition s'attend à un commentaire de ma part qui fera la Une. Mais, ces derniers temps, il y a eu un changement dans les sentiments. En toute équité, un contexte inflationniste était en vigueur quand j'avais présenté le budget expansionniste. Mais, depuis, la situation a changé, les risques d'inflation s'amenuisant. Aujourd'hui, il nous faut encore plus une politique monétaire et fiscale expansionniste. Ce fut la même chose en Grande-Bretagne…

Bérenger : Les prévisions établies par le FMI sont très pessimistes. Nous devons adopter la prudence car tout semble indiquer que 2009 sera une année difficile. Compte-t-il proposer de nouvelles mesures pour protéger les consommateurs ?

Sithanen : Nous avons bénéficié d'une formule de Automatic Pricing Mechanism pour les produits pétroliers. Quand les prix augmentaient, ce système protégeait les consommateurs, qui se sentaient aussi pénalisés quand les prix baissaient sur le marché. Dès notre retour au pays, le Premier ministre et moi avions discuté de la question et pris les mesuees qui s'imposent. Cette révision résultera en une perte de Rs 800 millions pour la State Trading Corporation. Cette perte sera épongée en huit mois. We have shown the lead. Maintenant, nous attendons de voir la baisse des prix alimentaires et d'autres denrées et commodités répercutée sur les étagères. Nous n'allons pas nous contenter de baisses de prix symboliques et de façade. J'espère que, d'ici à la mi-décembre, la baisse des prix au détail soit une réalité. Face à la crise, nous avons agi avec diligence, promptitude et sérieux.

Deux intrepellation de Showkatully Soodhun et de Nando Bodha, sur la crise alimentaire, clôtureront la séance de PNQ.


PARLEMENT Prime Minister's Question Time


Ramgoolam : " Pas d'élections l'année prochaine "

Les élections générales n'auront pas lieu l'année prochaine, a fait comprendre ce matin le Premier ministre, Navin Ramgoolam, dans le cadre de ses réponses à plusieurs interpellations concernant la réforme électorale, le financement des partis politiques et l'organisation des élections. Il a souhaité que certains questions organisationnelles soient réglées avant la prochaine élection partielle dans la circonscription no 8, Moka Quartier Militaire.

Dans sa réponse à plusieurs interpellations sur la réforme électorale posées, entre autres, par le député du PMSD Eric Guimbeau, le Premier ministre a rappelé avoir déjà eu des consultations avec les leaders des deux principaux partis de l'opposition parlementaires notamment Paul Bérenger et Pravind Jugnauth. Il a affirmé avoir noté quelques divergeances sur certains aspects de la réforme. Cependant il s'est déclaré convaincu que ces différences peuvent être surmontées. Ce qui fait qu'il reprendra "shortly" les consultation avec les deux principaux partis politiques. Il compte par la suite ouvrir les discussions avec d'autres partis politiques et en priorité les partis parlementaires. Répondant à des questions de plusieurs parlementaires dont Paul Bérenger, Nando Bodha, Alan Ganoo et Mireille Martin, Navin Ramgoolam a expliqué que les discussions concernant le financement des partis politiques et l'organisation des élections auront lieu parallèlement avec celles consacrées à la réforme électorale.

Il a estimé que le code de conduite pour les partis et les candidats aux élections devraient nécessiter l'amendement du People Representation Act afin de lui donner force légale et par conséquent plus de mordant.

À une question concernant l'Electoral commission et l'Electoral supervisory commision, le Premier ministre a précisé que ces organisations sont indépendantes et qu'il compte les consulter.

Il a souhaité que certains questions concernant l'amélioration de l'organisation des élections soient introduites avant la prochaine élection partielle à la lumière du jugement de la Cour suprême et du Privy council sur l'affaire Raj Ringadoo v/s Ashok Jugnauth.


BANK OF MAURITIUS Board des directeurs :


Etude approfondie du plan de restructuration de Bheenick

Entre le Board of Directors de la Bank of Mauritius et le gouverneur, Manou Bheenick, le désaccord perdure et ce, sur beaucoup de points et à plusieurs niveaux. En effet, le plan de restructuration proposé par Manou Bheenick à la lumière d'un rapport de deux experts malaisiens, R. Nagalingum et K. Gan, employés de Negara Bank Malaysia, et d'un autre groupe de consultants sud-africain, Hay, n'a pas été approuvé la semaine dernière et fera l'objet d'une étude approfondie.

Le Board of Directors aurait, selon nos informations glanées auprès de sources fiables, demandé et obtenu du temps pour étudier ce plan de restructuration. Mais, pour ne pas pénaliser les employés, le Board of Directors a donné des instructions au gouverneur pour que tous les employés bénéficient d'une augmentation " across the board " de 20% avec effet rétroactif à compter du 1er juillet 2008. C'est toutefois une mesure intérimaire, en attendant que le board soit vraiment satisfait du plan de restructuration. Celui-ci, tel qu'il a été présenté lors de la dernière réunion du conseil d'administration, comporte, selon un éminent légiste, des anomalies qui risquent de mettre la banque en grande difficulté.

" Following the restructuring exercise, the Governor has appointed 20 Heads of divisions and 40 Chiefs. This will entail a total wage bill higher than that paid to the existing structure. Section 1.2.4 of the Bank's conditions of Service stiputlates that "all appointments made by the Bank shall be subject to the approval of the Board'. The question at this juncture is : whether the above restructuring of the various departments and the appointments have been approved by the Board ? If not, then the whole restructuring process can be legally challenged in Court ", a déclaré un haut cadre de la BoM au Mauricien hier. Selon nos renseignements, Manou Bheenick a confié de nouvelles responsabilités à des employés qui ne détiendraient ni les qualifications et " encore moins l'expérience requise ".

Pour leur part, des employés qui détiennent à la fois l'expérience et les qualifications requises estiment qu'ils sont pénalisés par ce plan Bheenick. Parmi ceux qui auraient été pénalisés si le plan de restructuration Bheenick avait été approuvé, on cite, entre autres, le secrétaire du Board, Sandhya Gopal, et le directeur du système informatique, José Li Yun Fong. Celui-ci, depuis qu'il a repris ses fonctions le mois dernier à la BoM, ne peut exercer comme il le faisait avant sa mise à pied en mars, vu qu'il n'a toujours pas accès au code du "central server" de la banque. L'ironie veut que depuis son retour à son poste, M. Li Yun Fong se retrouve, dans l'échelle hiérarchique, sous les ordres de celui qui était son assistant.

Arbitre indépendant

Un communiqué interne émis mardi dernier par la BoM et portant la signature de Head-Corporate Services - poste qui, rappelons-le, n'a pas eu l'accord du Conseil d'administration de la BoM - évoque la décision du Board prise lors d'une réunion tenue récemment, concernant le plan de restructuration.

Il faut savoir que les recommandations des deux Malaisiens sont très mal vues par le Conseil d'administration, d'où la décision des directeurs de rejeter ce rapport à chaque fois qu'il leur a été présenté. Le Board of Directors, craignant que Hay Group ait travaillé à partir du rapport malaisien controversé, a donc décidé de prendre le temps nécessaire pour l'étudier et si le besoin se fait sentir, dit-on à la BoM, fera appel à un arbitre indépendant. Autre fait jugé encore plus grave concernant la restructuration : le Dr Jamil Khadaroo, Second Deputy Governor de la BoM, n'aurait jamais eu l'occasion de discuter avec les représentants de Hay Group.

Outre le plan de restructuration, nous avons aussi appris que le Board of Directors pourrait bientôt s'intéresser à un contrat de plusieurs millions de dollars (US) alloué, laisse-t-on entendre, sans appel d'offres, à une compagnie suédoise, CMA Small Business. Cette affaire concerne le Regional Payment and Settlement System (REPSS) que Manou Bheenick a voulu installer pour remplacer le Real Time Gross Settlement System (RTGSS), mis en fonction à la BoM depuis 2000, après appel d'offres international, par la firme américaine Montran, cela grâce à un prêt de la Banque Mondiale. Selon nos informations, c'est le junior de M. Li Yun Fong qui aurait travaillé sur le contrat de remplacement du RTGSS. Ce contrat concerne la mise en place d'une interface informatique entre la BoM, qui a été choisie comme l'agent de compensation pour les banques centrales des pays faisant partie de la COMESA, et la COMESA Clearing House, basée en Zambie. C'est l'année dernière que Manou Bheenick a annoncé le projet REPSS et le remboursement avant terme du prêt de la Banque Mondiale concernant le RTGSS. Ce qui fait que depuis que cette transaction a été effectuée, la Banque Mondiale n'a plus un droit de regard sur le RTGSS. En avril dernier, un Board Paper a été présenté pour recommander la compagnie suédoise sans qu'un appel d'offre n'ait été lancé. Depuis, les directeurs mènent leur enquête.

Cheque Truncation

Autre projet qui, dit-on, n'est pas vu d'un bon œil par le Board of Directors : le Cheque Truncation. Au cas où ce projet devient une réalité, le traitement d'un chèque coûtera quelque Rs 10. " Qui devra payer cette somme, les banques ou les clients ? " : c'est ce qu'on se demande dans les milieux proches du Conseil d'administration de la BoM depuis la semaine dernière. De même, les directeurs analysent actuellement, d'une part, les dépenses encourues par la BoM pour les célébrations marquant le 40e anniversaire de la banque centrale - selon un premier relevé, le chiffre avoisinerait les Rs 30 millions - et, de l'autre, un transfert de l'ordre de Rs 400 000, sur un compte en Malaisie.