CTSP Reeaz Chuttoo :
" Nous manifesterons samedi malgré la répression "
MOKA-FLACQ Mandat pour 2009-2010
Udaye Kumar Ghoor (Ripailles) élu président
Recherches infructueuses pour d'éventuels rescapés
AFFAIRE JOY RAMPHUL Motion de la défense
La copie des affidavits sur les appels téléphoniques réclamée
" Nous manifesterons samedi malgré la répression "
La CTSP entend mobiliser une grosse foule samedi à Rose Hill
Reeaz Chuttoo, président de la Confédération des Travailleurs du Secteur Privé (CTSP), se dit outré de la façon dont les forces de l'ordre agissent envers le mouvement syndical. Selon le syndicaliste, la police met tout en uvre pour que la manifestation du samedi 4 juillet n'ait pas lieu. " Nous invitons la population à cette manif pour lutter contre la répression dont est victime le mouvement syndical ", a-t-il affirmé hier, lors d'un point de presse à Port-Louis.
Reeaz Chuttoo soutient que la force policière s'est mise en tête de " discréditer les syndicats ". Propos repris par Jane Ragoo, secrétaire de cette confédération, qui affirme qu'en temps normal, ce n'est que la veille ou le matin même de la manifestation qu'ils reçoivent une autorisation écrite de la police. Mais pour celle du 4 juillet, tel n'a pas été le cas. " Au courant de la semaine, Reeaz Chuttoo a été convoqué aux casernes centrales et s'est vu remettre une lettre, un très long document stipulant que notre tracé avait été modifié, que notre marche avait été réduite à 500 m alors que nous avions prévu un parcours de plusieurs kilomètres, mais aussi que nous n'aurions pas le droit d'utiliser de porte-voix ou de sonorisation, entre autres. Ils nous demandaient aussi de reporter l'heure de cette manifestation à 14 h 30 mais nous avons imprimé 25 000 tracts qui ont déjà été distribués ". Pour Jane Ragoo, ces demandes de la police sont " irrecevables " car elles ne visent qu'à gâcher cette manifestation. " Ce ne sont que des moyens d'impressionner les syndicats en vue de les intimider mais nous ne nous laisserons pas faire. Nous avons déjà expliqué à la force policière que ce n'est qu'une marche pacifique en vue de revendiquer les droits des travailleurs ".
Pour Reeaz Chuttoo, " la manuvre est simple à comprendre ". " Avec une réduction et modification de son tracé, déjà la marche perd de son ampleur. Ensuite, en reculant l'heure, on dissuade les travailleurs de faire le déplacement car cela les force à trop attendre et à une heure assez avancée de l'après-midi. Puis ils nous empêchent d'utiliser des porte-voix. C'est simplement pour que nous ne puissions pas communiquer avec les marcheurs. Qui dit manque de communication dit désorganisation et forcément désordre. C'est ce que les policiers espèrent, mais ils n'auront pas cette occasion car nos manifestations se sont toujours déroulées dans le plus grand calme. En tout cas, nous invitons les travailleurs à participer en nombre à ce grand rassemblement pour soutenir la classe syndicale. Nous avons soumis une proposition à la police pour un nouveau tracé mais il est hors de question pour nous de changer l'heure et de ne pas utiliser de porte-voix. Nous irons de l'avant sur ces deux plans. "
Pour sa part, Gérard Tara, également membre de la CTSP, a annoncé le lancement d'un DVD destiné aux travailleurs et traitant des relations industrielles ainsi que de la lutte de la classe syndicale. " Ce lancement fait suite à une campagne de désinformation lancée par la MBC sur les nouvelles lois du travail ; le mouvement syndical n'avait pas eu son mot à dire sur le sujet. De nombreuses requêtes avaient été faites de la part de nos amis travailleurs et nous contre-attaquons avec ce DVD qui exprime la vérité sur la question des relations industrielles ", dit-il. Reeaz Chuttoo affirme d'ailleurs avoir sollicité une rencontre avec le nouveau directeur général de la MBC car, soutient-il, le Head of News, Datta Ramyead, lui aurait affirmé lors d'une rencontre que " la MBC ne couvre pas les manifestations de rue des syndicats car ces derniers ne prêchent pas la paix et l'harmonie sociale ".
MOKA-FLACQ Mandat pour 2009-2010
Udaye Kumar Ghoor (Ripailles) élu président
Udaye Kumar Ghoorah
Le nouveau président du Conseil des districts de Moka-Flacq pour 2009-2010 est Udaye Kumar Ghoorah, représentant du Conseil de village de Ripailles. Il a été élu à l'unanimité ce matin pour succéder à Rishi Kumar Choony. Il en a été de même pour Bhye Hamid Ramputh, représentant du Conseil de village de Médine, qui a été élu, sans aucune contestation, vice-président du Conseil pour succéder à Goinsamy Moonesamy.
Les élections se sont déroulées dans une ambiance de fraternité sous la présidence du président sortant, M. Choony, qui avait à ses côtés le vice-président sortant, M. Moonesamy, et le Chief Executive du Conseil, Jaylall Mulloo. La salle était bondée, avec au premier rang des élus de la région : le ministre de l'Industrie, Dharam Gokhool ; le PPS Rajen Mungur et Parmessur Ramloll.
Dans son discours de circonstance, le nouveau président a affirmé son intention d'inscrire son mandat dans une politique de continuité. Depuis plus de 15 ans, a-t-il déclaré, il est actif en tant que conseiller de village et conseiller de district ; il s'est réjoui qu'aujourd'hui l'occasion lui est donnée de servir les villages du Conseil de l'Est à leur niveau le plus élevé. Durant l'année écoulée, il a eu l'occasion de présider le Environment Committee du Conseil de l'Est. Aussi, compte-t-il accorder une attention particulière à la question de l'environnement dans le contexte de la politique gouvernementale central pour une Ile Maurice Durable. " The government has come up with the Maurice Ile Durable (MID) concept to brand Mauritius as a safe, clean and beautiful country. And we are determined to create good living environment for our people in line with the National Environment Policy, " a-t-il indiqué.
Auparavant, M. Choony, le président sortant, a donné un bref aperçu des projets qui ont été réalisés durant son mandat et d'autres qui sont en voie de l'être. La somme totale de tous ces projets s'est s'élève à Rs 560 M. Il a cité, entre autres, la construction d'un bloc administratif (Rs 6,2M) ; de gradins pour le terrain de football (Rs 429 000) et de Dickson Bridge (Rs7,141, 000) à Dagotière ; l'installation d'une clôture de Rs 465 000 pour le terrain de football de Vuillemin et celui de Providence et la rénovation du marché de Quartier-Militaire (Rs 1 950 000).
Soulignons que le Conseil de Moka-Flacq gère, entre autres, 26 parcs récréatifs, 35 jardins d'enfants, 43 terrains de football, 17 terrains de volley-ball, 3 terrains de basket-ball et 32 boulodromes, en sus de trois Social Halls : le Jawaharlal Baguant Social Hall à Quartier-Militaire, le Central Flacq Social Hall à Plaines-des-Gersigny, Flacq et le Camp-de-Masque Social Hall. Par ailleurs, le Conseil de l'Est compte 605 employés répartis dans les départements suivants : Chief Excutive (72) ; Finances (10) ; Works (129) ; Planning (12) ; Health (271) ; Welfare (42) et les Village Councils (69).
Un magazine souvenir " Moka Flacq District Council 2009 " abondamment illustré a été lancé par M. Choony à l'occasion de l'Assemblée Générale spéciale de ce matin.
Recherches infructueuses pour d'éventuels rescapés
La recherche d'éventuels rescapés du vol de Yemenia qui s'est abîmé mardi aux Comores avec 153 personnes à son bord s'est poursuivie mercredi avec l'aide de plusieurs pays, sans succès. La compagnie a annoncé des compensations de 20 000 euros au moins pour les familles de chaque victime.
Pour l'heure, seule une adolescente a été retrouvée vivante. Bahia Bakari, 12 ans, a quitté Moroni dans la soirée pour Paris, à bord de l'avion du secrétaire d'Etat français à la Coopération Alain Joyandet. Elle a retrouvé son père à l'aéroport du Bourget ce matin.
"La petite Bahia est installée (dans l'avion). Nous la ramenons à Paris auprès de son père. Les médecins considèrent qu'il n'y a pas de problème pour la rapatrier", a déclaré M. Joyandet à l'AFP peu avant le décollage, avant de préciser qu'elle serait hospitalisée à son arrivée jeudi matin. L'adolescente a "fait preuve d'un courage absolument admirable", après être "restée près de 10 heures à attendre des secours après l'accident", avait-il estimé auparavant. Bahia Bakari voyageait avec sa mère et ne souffre que d'une fracture de la clavicule et de brûlures à un genou, a indiqué son père qui réside près de Paris.
Les forces comoriennes ont reçu l'aide de la France, des Etats-Unis et de Madagascar, qui ont dépêché navires, avions, hélicoptères et plongeurs à la recherche de survivants parmi les 153 passagers et membres d'équipage de l'A310 de la compagnie nationale yéménite. En mer, un avion et un hélicoptère de l'armée américaine arrivés mercredi matin ainsi que quinze plongeurs américains et neuf français ont participé aux opérations, s'ajoutant à une équipe de 22 personnes de la Croix Rouge française arrivée mardi. Il y a "encore une chance de trouver des survivants mais il faut plutôt voir comment évacuer les corps des victimes", avait concédé M. Joyandet dans la journée.
Outre la recherche d'éventuels survivants, ces moyens visent également à récupérer les précieuses boîtes noires de l'appareil, déterminantes pour l'enquête sur les causes, encore inconnues, du crash. Pour l'instant, seul le signal d'une balise de détresse de l'appareil a été repéré mercredi, comme la veille, par un avion Transall de l'armée française.
Face à la levée de boucliers contre la compagnie, dénoncée tant par ses usagers que par autorités françaises, qui ont mis en doute son respect strict des règles de sécurité, la compagnie a annoncé une première enveloppe pour compenser les victimes. "Nous allons payer un premier versement de 20 000 euros pour les familles de chaque victime de l'accident", a dit le président de la compagnie Abdel Khaleq al-Qadi à Sanaa, sans préciser quand ces sommes seraient octroyées. La justice française, compétente notamment en raison de la présence de 66 Français dans l'avion, a ouvert une enquête contre X pour "homicide involontaire".
En France, la colère de la diaspora comorienne contre la Yemenia a continué d'enfler: des jeunes Français d'origine comorienne et des Comoriens ont brièvement bloqué mercredi matin à l'aéroport parisien de Roissy l'embarquement d'un de ses vols à destination de Sanaa. A Marseille, où vit une importante communauté d'origine comorienne, une centaine de personnes ont contraint à la fermeture deux agences de voyage du centre-ville qui vendent des billets de la compagnie Yemenia.
Les passagers, dont une partie venait passer les vacances d'été aux Comores, saison des "grands mariages" dans l'archipel, avaient embarqué lundi sur un Airbus A330-200 de la Yemenia, qui effectuait une liaison entre Paris, Marseille et Sanaa au Yémen. A Sanaa, ils avaient embarqué sur un A310 interdit de vol en France pour finir leur parcours aux Comores, via Djibouti.
AFFAIRE JOY RAMPHUL Motion de la défense
La copie des affidavits sur les appels téléphoniques réclamée
Les débats sur la motion présentée par la défense dans le procès intenté à Joy Ramphul, qui était le magistrat de la Cour de district de Pamplemousses, ont pris fin hier après-midi. Dans la motion, les avocats de l'inculpé, qui est poursuivi pour harcèlement sexuel, faux sur un document public et trafic d'influence, réclame un arrêt du procès pour vice de procédure, étant donné que la poursuite a obtenu le relevé des appels téléphoniques faits et/ou reçus par l'accusé sans que ce dernier ne soit informé. La défense réclame de ce fait que lui soit remise une copie des affidavits jurés par la police de même que celle des ordres émis par le juge en Chambre. Le jugement interlocutoire sur la motion sera rendu vendredi.
On se souviendra qu'une habitante de Curepipe avait rapporté à la police en mars de l'année dernière que Joy Ramphul, alors magistrat de Pamplemousses, tribunal devant lequel elle devait comparaître pour avoir été mêlée à une affaire de détournement de fonds, lui aurait fait des propositions qu'elle a jugé indécentes.
Selon les faits de l'affaire, le 25 mars 2008, le magistrat devait rendre jugement dans le procès dans lequel la femme était l'accusée. L'ayant convoqué en Chambre, le magistrat lui aurait fait comprendre que son cas était difficile mais que d'un trait de plume il pouvait tout changer. L'ayant véhiculé jusqu'à l'aire de stationnement d'un centre commercial du Nord et, selon la version donnée par la femme, ce serait alors qu'il lui aurait fait la proposition indécente.
C'est Me Ivan Collendavelloo SC, qui assiste sir Hamid Moollan QC, les avocats du prévenu, qui a présenté la motion. Il a dit notamment que le relevé des appels téléphoniques pourrait s'avérer déterminant pour la suite du procès, étant donné que cela pourrait faire pencher la balance d'un côté comme dans l'autre. Il a fait remarquer que, selon la section 10 de la Constitution, son client a droit à un procès équitable mais qu'en agissant de la sorte, les droits de l'accusé ont été bafoués.
Me Collendavelloo a contre-interrogé le Police Prosecutor, l'inspecteur Lalljee. Celui-ci a indiqué que le Detective Chief Inspector Clency Meeterjoye est mieux placé que lui pour fournir les précisions recherchées concernant les appels téléphoniques. Sir Hamid a souligné que M. Lalljee est tenu de répondre aux questions, qui, a-t-il soutenu, concernent des détails qui font partie du dossier de l'accusation. Il a insisté sur la production des copies des affidavits et des Judges'Orders.
Cette demande est contestée par Me Rashid Ahmine, avocat de la poursuite, qui a souligné qu'il serait prématuré à ce stade du procès, qui en est à des débats sur une motion d'arrêt de la procédure émanant de la défense, de produire des documents. Sir Hamid a insisté sur le fait que c'est à la lecture de la liste des témoins que la défense s'est rendue compte de l'existence de tels documents. Me Ahmine a alors rétorqué que la poursuite n'a aucunement l'intention de cacher des documents à la défense.
Le procès se déroule devant les magistrates Véronique Kwok Yin Siong Yen, Asha Ramano et Wendy Rangan. Un coaccusé dans ce procès, Sudheersing Mohabeer, est défendu par Me Ritesh Samputh.