GRIPPE A Des médecins de carrière du service public :


" C'est l'Outbreak ! Il faut nous laisser prescrire du Tamiflu "


GRIPPE A-H1N1 Mesures de prévention


Fermeture des écoles : le ministère toujours opposé


GRIPPE A Rajesh Jeetah :


" La pandémie est chez nous "


Grippe A Le PM au Mauricien ce matin :


Réunion d'un High Powered Committee cet après-midi


GRIPPE A Dr. S. Aboobakar :


" L'hygiène, seul moyen de ne pas être contaminé "



Brèves


POLITIQUE Pour non-paiement de taxe allégué


Le Ptr envisage une enquête contre un ancien ministre


GRIPPE A Des médecins de carrière du service public :


" C'est l'Outbreak ! Il faut nous laisser prescrire du Tamiflu "

Même scénario, qui dure depuis quelques jours, à l'hôpital Jeetoo où la salle d'attente du Casualty ne désemplissait toujours pas à ce matin>

" C'est l'outbreak ! Le protocole n'est qu'un guideline et ne peut remplacer le jugement clinique du médecin. Il faut nous laisser prescrire du Tamiflu ", a déclaré au Mauricien, ce matin, un médecin de carrière du service public, au nom de ses collègues on the front line, visiblement très inquiet de la situation. En effet, le nombre de patients se rendant aux hôpitaux et dans les Area Health Centres pour recevoir un traitement contre la grippe a considérablement augmenté depuis ce week-end. C'est à cause de la difficulté de faire la différence entre les symptômes d'une grippe saisonnière et ceux de la grippe A H1-N1 - qui a causé jusqu'ici cinq décès (trois adultes et deux enfants) - que de nombreux médecins souhaitent un relâchement du protocole.

Les salles d'attente des hôpitaux et des Centre de Santé sont débordées à toute heure de la journée et de la nuit. Le personnel soignant des hôpitaux n'a pas eu une minute de repos pendant le week-end. " Nous avons eu beaucoup de malades avec la grippe samedi et dimanche mais la grande majorité ont été renvoyés chez eux pour être traités avec des médicaments. Le plus grand nombre de malades a été enregistré à l'Hôpital Victoria, qui couvre un large catchment area. Par manque de places à Candos, nous avons dû diriger quelques malades vers l'hôpital ENT pour l'admission ", nous a déclaré ce matin le Dr Neerunjun Gopee, Directeur Général des Health Services. Ce dernier concède que le personnel des hôpitaux est débordé mais soutient que la situation est encore gérable. Notons que les autorités ont pris la décision samedi de ne pas accorder de jours de congé, local ou vacation leave.

Sur le terrain, les médecins aujourd'hui commencent à s'interroger sur la rigidité du protocole établi par le ministère pour le traitement pour la grippe A, s'agissant surtout de la prescription de Tamiflu (voir les explications données par le Dr Gopee dans l'édition du Mauricien de samedi dernier). " Nous avons 1,6 million de doses de Tamiflu. Pe gard sa pou ki fer ? " s'indigne un médecin de carrière. " Selon les statistiques, nous allons peut-être vers le peak de l'épidémie dans six à huit semaines. Il faut gérer l'épidemie dans sa phase initiale et l'empêcher de progresser. Pour les cas suspects, nous ne pouvons plus faire la différence entre la grippe saisonnière et le swine flu. Si un médecin, de par ses observations et son jugement clinique, croit que le malade qui est devant lui est atteint de la grippe A, il doit pouvoir commencer immédiatement le traitement au Tamiflu. Or, le protocole est trop rigide et ne nous donne pas la possibilité de prescrire ce médicament ", affirme un médecin ayant près de trente années d'expérience. D'autres médecins précisent qu'il est préférable de donner du Tamiflu le plus tôt possible pour éviter les complications chez les cas suspects. Aussi estiment-ils que l'absence de décès parmi les 3 000 cas confirmés chez nos voisins réunionnais s'explique, entre autres raisons, par l'utilisation plus aisée de ce médicament. Ils reconnaissent toutefois qu'il faut certains garde-fous pour éviter les abus. Les praticiens du public font ressortir que ce protocole n'est qu'un guideline et qu'il ne peut en aucun cas remplacer le jugement clinique du médecin.

D'autre part, les médecins de l'État s'interrogent sur le fonctionnement de ces flu clinics dans les area health centres où l'espace est déjà restreint. En effet, dans ces centres de santé, l'on vient régulièrement pour les différents rendez-vous - femmes enceintes, vaccination des enfants, diabétiques… " Comment peut-on avoir dans le même centre ces personnes catégorisées comme des malades à risques pour la grippe A selon l'OMS, et des personnes qui viennent se faire examiner pour la grippe. Zot pe avoy dimounn al atrap maladi ", affirment ces médecins du service public, qui soulèvent aussi le problème de manque de personnel médical dans ces unités de santé.

Se basant sur l'exemple britannique, ces médecins regrettent qu'à Maurice la population ne soit pas prête à accepter les consultations par téléphone pour la grippe.


GRIPPE A-H1N1 Mesures de prévention


Fermeture des écoles : le ministère toujours opposé

Alors que la requête faite par plusieurs syndicats du secteur scolaire de fermer temporairement les écoles s'inscrit de plus en plus dans l'urgence, le ministère maintient une position réfractaire et ce malgré le fait que, depuis la rentrée, des centaines d'élèves ont été renvoyés chez eux avec des symptômes grippaux. Ce refus est surtout motivé par le fait que cette fermeture représente une décision à ne pas prendre à la légère à cause des examens. Toutefois, les syndicats maintiennent eux que la santé des enfants est beaucoup plus importante vu la gravité de la situation.

" La fédération des managers des collèges privées a eu une réunion d'urgence, ce matin, pour passer en revue la situation actuelle dans les écoles et nous sommes d'avis qu'il faut une fermeture des écoles du moins pendant un certain temps ", explique Rajen Chumroo, président de cette fédération. Cette rencontre urgente a eu lieu après qu'un constat alarmant eut été fait dans plusieurs collèges : " Il y a deux choses clés que nous avons constatées. D'une part, le fort taux d'absentéisme depuis que la maladie a gagné de l'ampleur et, d'autre part, le nombre d'élèves qui continuent à venir à l'école avec des symptômes grippaux et qui doivent obligatoirement être renvoyés chez eux. "

Rien qu'aujourd'hui une trentaine d'élèves du Collège La Confiance à Beau-Bassin ont été renvoyés chez eux. Ce chiffre concernant un seul collège peut servir de répère pour avoir une idée de la situation dans d'autres collèges. Ce fort taux de renvoi, ajouté à l'absentéisme, noté empêche le bon fonctionnement des cours : " Dans certaines écoles, on a noté jusqu'à 30 à 40% de pourcentage d'absentéisme ", explique Rajen Chumroo.

Le cas d'enfants en bas-âge, qui sont dans le circuit préprimaire, demeure un grand sujet d'inquiétude, vue leur vulnérabilité accrue,. Il ressort que conscient des risques encourus par ces petits, le ministère de l'Éducation prendra une décision en fin d'après-midi concernant la fermeture des écoles préprimaires. Certains syndicats estiment que les enfants des Standards I à III sont également vulnérables surtout par rapport au fait qu'à leur âge, ils ne sont pas forcément conscients, malgré les explications, de la portée réelle de la maladie. Toutefois, au niveau du ministère, on est d'avis que la décision de fermer les écoles primaires, les collèges et les institutions tertiaires comporte des enjeux beaucoup plus conséquents tels que le rattrapage des cours et la tenue des examens, entre autres.

Sur ce point, la Secondary and Preparatory School Teachers and Other Staff Union a proposé une solution aujourd'hui : " Il est impératif de fermer les écoles pour minimiser la propagation de la maladie mais on comprend l'inquiétude des parents des élèves de CPE, de SC et de HSC et on propose donc que les trois chaînes télévisées nationales ainsi que la radio soient utilisées pour dispenser des cours toute la journée et ce jusqu'à la réouverture des écoles. " Ce syndicat est d'avis que le Collège des Ondes a déjà beaucoup de cours pertinents enregistrés et que pour les cours manquants, il suffirait d'en appeler a la bonne volonté des enseignants.

Rappelons que face à l'inquiétude grandissante des parents et du personnel qui craignent une propagation inévitable et rapide de la grippe H1N1, les syndicats des écoles primaires se sont exprimés depuis la fin de la semaine dernière pour la fermeture temporaire des écoles.



PMPA : " La fermeture des écoles décongestionnera les hôpitaux "

La Private Medical Practitioners Association (PMPA) qui, jusqu'ici, s'est alignée sur la position du ministère de la Santé par rapport au protocole établi pour la gestion de la grippe A, est contre celle du ministère de l'Éducation. En effet, cette association, qui s'est réunie en urgence hier, se prononce pour la fermeture des écoles pour au moins quinze jours.

Se basant sur une étude publiée dans la revue scientifique The Lancet, la PMPA indique que, contrairement à ce que clame le ministère de l'Éducation, " la fermeture des écoles ralentit fortement la propagation de l'épidémie car les enfants sont les vecteurs principaux de la maladie ".

Soulevant un point très important, qui semble avoir été laissé de côté par le ministère de l'Éducation, la PMPA conclut toujours en se basant sur cette étude que la fermeture des écoles aidera à décongestionner les hôpitaux en diminuant le nombre de cas contaminés.



GWF : " Deux semaines de fermeture s'imposent "

Lors d'une conférence de presse en fin de matinée aujourd'hui, la General Workers Federation (GWF), tout comme d'autres mouvements syndicaux, a réclamé la fermeture des établissements scolaires pour une durée de deux semaines pour faire face à la grippe A-H1N1. Elle propose d'étendre la période scolaire de deux semaines additionnelles avant les vacances de fin d'année.

" Nous sympathisons avec les familles endeuillées ", a déclaré Mario Jolicœur, un des responsables de la GWF. Il suggère au ministre des Finances de revoir à la hausse la dotation budgétaire à la Santé. " Il est souhaitable de puiser des fonds de l'Additional Stimulus Package à cet effet ", dit-il, en réclamant " plus de transparence ".

Mario Jolicœur demande également aux politiciens de " ne pas tirer de capital politique " de la pandémie qui s'abat sur le pays.

Soulignant que les chiffres avancés concernant le nombre de personnes atteintes de la grippe A divergent selon les sources, M. Jolicœur dit ignorer " qui débite des vérités ou des faussetés ". " Nou kone ki dan le prive ena bon dokter, me tou moyin bon pou gayn larzan ", dit-il. Et de demander à la population de " ne pas céder à la panique ".

Rappelant que depuis avril 2009, l'OMS a déclenché l'alerte 6, ce responsable de la GWF dit constater que c'est la première fois qu'une grippe se propage à une telle vitesse. " L'origine de la grippe A-H1N1 est malheureusement imputable aux excès de l'homme ", dit-il.



GGSU : il faut un protocole

La Government General Services Union (GGSU), par la voix de son président Rashid Imrith, prône plusieurs mesures en vue de combattre la grippe A.

Dans une correspondance adressée au Premier ministre, Navin Ramgoolam, ce matin, M. Imrith réclame la mise en place d'un protocole afin de prévenir la prolifération de cette maladie sur le lieu de travail. Au vu de la hausse du nombre de cas de la grippe A, estime-t-il, il est dans l'intérêt de l'économie que toute personne ayant contracté le virus soit encouragée à rester chez elle. Cette mesure ne doit pas, dit-il, être appliqué aux institutions scolaires seulement mais doit être étendue aux autres secteurs.

" Il faut établir des procédures à suivre dans les cas des employés qui seront affectés par cette maladie. Toute personne ayant des symptômes de la grippe doit être encouragée à limiter ses contacts avec d'autres personnes car même les médecins n'arrivent pas à reconnaître la grippe A ", soutient-il.

Selon lui, il faut aussi accorder des congés de maladie (special sick leave) à tous ceux qui seront affectés.



L'Ombudsperson for Children également pour la fermeture

L'Ombudsperson for Children réclame la fermeture des écoles préscolaires et primaires comme mesure préventive face à la pandémie de la grippe A (H1N1). " J'ai adressé un courrier ce matin au ministre de l'Éducation pour lui demander de procéder à la fermeture temporaire des écoles pendant au moins quinze jours. J'espère qu'il reviendra sur sa décision ", a indiqué au Mauricien, Shirin Aumeeruddy-Cziffra. " Je me base sur l'article III de la Convention des Droits de l'Enfant portant sur l'intérêt supérieur de l'enfant et face à cette situation urgente, la santé est plus importante que l'éducation… Tout comme pour le chikungunya, les autorités ont pris les taureaux par les cornes, je pense qu'il faudrait ne pas prendre de risques ", estime-t-elle. " Dans le cas d'une pandémie, on ne peut penser à faire des économies, mais à l'intérêt de l'enfant . On ne peut tergiverser sur ce sujet ", insiste à plusieurs reprises Mme Aumeeruddy-Cziffra. Pour l'Ombudsperson for Children, il s'agit de diminuer les risques de prolifération du virus, notamment au niveau des enfants, considérés comme des vecteurs de cette grippe. " Fermer les écoles pendant deux semaines permettra d'avoir un meilleur contrôle de cette grippe. Si au bout de dix jours, les autorités constatent qu'il y a une amélioration, on peut rouvrir les écoles. Si la situation empire, dans ce cas le délai de fermeture pourrait être étendu ", préconise-t-elle.


GRIPPE A Rajesh Jeetah :


" La pandémie est chez nous "

" Force est de reconnaître que la pandémie, qui affecte déjà 180 pays, est chez nous ", a affirmé, samedi, le ministre de la Santé, Rajesh Jeetah, lors d'une conférence de presse à l'hôpital Victoria en compagnie de consultants de son ministère et de représentants d'autres secteurs concernés. Le ministre a renouvelé la confiance qu'il fait aux médecins spécialistes et tout le personnel de son ministère et a réaffirmé que les protocoles de l'OMS sont appliqués scrupuleusement.

Rajesh Jeetah a annoncé que la surveillance a été consolidée dans tous les points névralgiques du pays, dont le port et l'aéroport. Le nombre de médecins postés à l'aéroport a été doublé pour passer à neuf, alors que les effectifs sanitaires à l'aéroport ont dépassé le nombre de 35 et que ceux du port ont été doublés. " À chaque phase de la maladie, des dispositions appropriées ont été prises ", a-t-il dit.

M. Jeetah a accordé quelque Rs 100 M pour l'achat des équipements nécessaires. Des flu clinics sont opérationnelles dans chaque établissement hospitalier. Le ministre a déploré que l'opposition cherche, dit-il, à faire de la politique avec cette pandémie et a souligné que les médecins, infirmiers et le personnel des établissements hospitaliers traitent quelque 22 000 patients par jour. Il s'est aussi déclaré satisfait de l'aide reçue du privé. La City Clinic a, dès le début, accepté de mettre de l'espace à la disposition des autorités pour recevoir les malades.

Rajesh Jeetah a aussi précisé que le ministère dispose de 1,6 million de doses de Tamiflu en capsules et en suspension. Cette cargaison sera doublée. Il est également revenu sur l'extension de 2009 à 2011 de la date d'expiration du Tamiflu sous la supervision du FDA et de l'EMEA.

Ceux présents à cette conférence de presse ont ensuite répondu à des questions des journalistes :

À aujourd'hui (samedi), le nombre de décès s'élève à quatre

Dr Ahad Abdool : Tout à fait, il y a eu quatre victimes.

Est-ce que ce nombre de décès est considéré comme étant élevé pour Maurice ?

Dr Ahad Abdool : Lorsque nous disons qu'il y a 38 cas avérés, dont un à Rodrigues, c'est le tip of the iceberg. Sur le nombre de spécimens que nous envoyons aux laboratoires, 45 % sont positifs. Avec les informations dont nous disposons, nous pouvons déduire que 20 000 personnes souffrent de l'influenza. Si 45 % de ces personnes sont infectées par la grippe A, cela nous amène à 9 000. Le fatality rate dans le monde par rapport au nombre de cas rapportés tourne autour de 0,5 %. En estimant que quelque 9 000 personnes sont infectées en ce moment précis, cela veut dire que la moyenne attendue est de 45. Il est malheureux que nous avons eu quatre décès. Nous connaissons la souffrance des familles. C'est sur la base de ces calculs que nous décidons des précautions à prendre.

Peut-on comparer le cas Mauricien à d'autres cas dans le monde ?

Dr Ahad Abdool : A quels pays pouvons-nous nous comparer ?

À la Réunion, par exemple, où il y a eu 3 000 cas mais aucun décès ?

Dr Ahad Abdool : C'est un nouveau virus. L'OMS, la seule autorité mondiale au niveau de la santé et qui dispose de toutes les données, dit que la majorité des patients seront guéris sans aucune médication spécifique. Les données épidémiologiques indiquent que la majorité des patients décédés souffrent d'une autre maladie chronique. Cependant, nous constatons qu'il y a un petit groupe de personnes qui meurent dont des jeunes sans aucune associated disease. Les professionnels de la santé devront avec l'aide de l'OMS voir pourquoi c'est le cas. Si vous m'interrogez à ce sujet, je serais dans l'incapacité de vous répondre.

Quel est le taux de guérison ?

Dr Abdool : Nous parlons de 38 cas, mais la majorité des patients sont guéris et sont rentrés chez eux. Il y a eu des étrangers atteints de la grippe A dont des Réunionnais. Beaucoup sont partis. La fille de la première femme décédée avait eu la grippe A et, après un traitement et des médicaments, elle est guérie. Cela veut dire que le protocole que nous appliquons fonctionne.

Dr Munbodh : Le directeur de l'OMS, Margaret Chan, affirmé que what is certain est that nothing is certain. Elle a dit cela parce que c'est un nouveau virus.

Dr Vassen Pauvaday : Dans chaque établissement hospitalier, nous recevons chaque jour quelque 500 cas supplémentaires d'influenza et une dizaine de patients sont admis. De ce nombre, quelque 45 % ont peut-être la grippe A. Comme l'a dit le Dr Abdool le morbidity rate est de 0,5 %, il est possible qu'il y ait 1 décès sur chaque 1000 cas.

À d'autres questions, le Dr Ahad Abdool a dit qu'il n'est pas nécessaire pour le public de porter les masques qui sont en fait recommandés aux personnels hospitaliers et aux malades. Le masque risque de s'avérer plus contagieux dans la mesure où il retient le virus et favorise sa propagation. Il suffirait qu'il soit laissé sur la table ou ailleurs pour que d'autres personnes soient contaminées. Le ministre Jeetah a insisté sur le fait que les protocoles de l'OMS sont appliqués dans les écoles.

Interrogé sur la possibilité qu'en plus du laboratoire du gouvernement des laboratoires privés soient également accrédités, le ministre Jeetah a fait remarquer qu'à la lumière des conseils d'un expert britannique, le ministère a pris toutes les dispositions pour se doter des équipements nécessaires pour lesquels le ministère des Finances a consacré Rs 100 M. Il a observé toutefois n'avoir reçu aucune demande de la part des cliniques ou des laboratoires privés pour effectuer des analyses mais que les services techniques de son ministère sont à la disposition de ceux qui en font la demande.

Le Dr Manraj a, à ce stade, estimé qu'il est très difficile d'obtenir l'accréditation de l'OMS qui impose des normes très sévères. En réponse à d'autres questions, M. Jeetah a affirmé qu'il est satisfait d'avoir le soutien de ses collègues du cabinet dans le combat contre la grippe A.

Par ailleurs, un atelier de travail est prévu jeudi à l'Université de Maurice, réunissant divers experts de l'UoM, entre autres.


Grippe A Le PM au Mauricien ce matin :


Réunion d'un High Powered Committee cet après-midi

Un High Powered Committee réunira plusieurs ministres et hauts fonctionnaires du bureau du Premier ministre et du ministère de la Santé à la Treasury House à 15 h aujourd'hui, a annoncé le Premier ministre, Navin Ramgoolam, au Mauricien ce matin.

" J'ai été en contact permanent avec le ministre de la Santé, Rajesh Jeetah, depuis le début et la question a été évoquée régulièrement au niveau du conseil des ministres. Le ministre de la Santé a fait tout ce qu'il était possible de faire jusqu'ici. Nous pensons que le moment est venu pour faire une révision complète de la situation ", a ajouté le Premier ministre.

Outre le Premier ministre, seront présents le vice-Premier ministre, Rashid Beebeejaun, le VPM et ministre du Tourisme, Xavier-Luc Duval, le ministre du Transport public, Anil Baichoo, le ministre de l'Éducation, Vasant Bunwaree, le ministre de la Santé, Rajesh Jeetah. Binod Bacha et Kailash Ruhee du bureau du Premier ministre, Mme Veerapen et les Dr N. Gopee, Ahed Hossen Abdool, Vassen Pauvaday et Bernard Cheong, consultants du ministère de la Santé, seront également présents.

Le comité passera en revue la situation dans le pays à tous les niveaux, ainsi que les mesures à prendre dans les jours à venir.


GRIPPE A Dr. S. Aboobakar :


" L'hygiène, seul moyen de ne pas être contaminé "

En l'absence de vaccin, le seul moyen de prévenir la grippe A reste l'hygiène, pour prévenir la propagation du virus, indique le Dr S. Aboobakar, Regional Public Health Superintendent au ministère de la Santé. Ne pas se toucher les yeux, le nez ou la bouche avec des mains pas lavées, ne pas passer trop de temps dans les foules et éviter tout contact avec des personnes qui toussent et sont fiévreuses sont des règles de bon sens plus que jamais d'actualité, dit-il.

Il faut éviter que des objets contaminés ne soient en contact avec le nez, les yeux ou la bouche, se couvrir la bouche et le nez quand on tousse, jeter dans une poubelle ou laver immédiatement tout mouchoir utilisé, explique le Dr Aboobakar. Il est aussi conseillé de se laver les mains fréquemment avec du savon et de l'eau, notamment après avoir été en contact avec des sécrétions respiratoires. Ne pas oublier d'aérer la maison et ouvrir les fenêtres, et si vous êtes enrhumé, éviter autant que possible des contacts avec d'autres personnes.

Le virus de la grippe A, d'une taille de 0,8-0,12 microns, est le résultat d'une mutation génétique. Il est une combinaison des virus de grippe aviaire, porcine et humaine, précise le Dr Aboobakar. Comme tous les virus d'origine porcine, il est très contagieux à l'instar du virus de la grippe de Hong Kong de 1968. Le Dr Aboobakar indique qu'il n'y a aucun risque à consommer du porc ou des produits dérivés du porc du moment qu'ils sont bien cuits.

La période d'incubation est de un à quatre jours. L'infection dure au moins sept jours. La prise d'antirétroviraux (Tamiflu, Relenza) permet d'éviter les complications respiratoires et de guérir plus rapidement. Toutefois, il doit être pris au moins 48 heures après l'apparition des symptômes. Il est vivement recommandé de rechercher un avis médical en cas de fièvre brutale et élevée supérieure à 38 degrés C, de toux profonde et sèche, de maux de tête, de gorge, d'écoulement de nez, de douleurs articulaires, de difficulté à respirer, de perte d'appétit et de fatigue importante. La grippe A se caractérise aussi par des diarrhées et vomissements.

Au niveau mondial, l'Institut Français de Veille Sanitaire constate que les pays qui ont été les plus touchés par la pandémie jusqu'ici connaissent une stabilisation et une diminution de la circulation du virus, alors qu'elle s'étend à d'autres régions. La maladie progresse rapidement dans l'hémisphère sud. Les conditions hivernales sont propices à sa propagation. Jusqu'ici, 11 pays africains sont touchés. Le pays le plus atteint est l'Afrique du Sud avec 2 800 cas et six décès. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le virus ne peut plus être arrêté. Et les chiffres officiels de l'OMS, 100 000 personnes infectées et 429 décès dans le monde, sont bien en dessous de la réalité.

Toutefois, l'OMS n'a émis aucune restriction de voyage. À Maurice, selon l'Association des Pharmaciens, les personnes qui voyagent pour affaires se procurent du Tamiflu sur ordonnance en guise de précaution.



Brèves

GRIPPE A : tests sur plusieurs étudiants au MIE ce matin

Des tests ont été effectués ce matin sur plusieurs étudiants du Mauritius Institute of Education (MIE) présentant les symptômes de la grippe H1N1. Dans une salle de 40 élèves, douze présentaient ce matin des symptômes de grippe. Tous ceux qui présentaient de tels symptômes ont dû remplir des formulaires. Un exercice qui s'est déroulé sans le moindre problème, mais qui a suscité chez certains étudiants une vive inquiétude. Deux salles ont été utilisées pour l'isolement des étudiants soupçonnés d'être porteurs du virus, et certains d'entre eux ont été priés de rentrer chez eux par la suite.

JUMMAH MOSQUE : combat contre la grippe A

La Jummah Mosque réunit tous les imams de l'île, ce mercredi, à son siège à la rue Royale, à Port-Louis, pour débattre de plusieurs thèmes en prélude au Ramadan, mois de jeûne qui débute vers la fin de cette semaine, dont la prolifération de la grippe A (H1N1) dans le pays.

" Nous allons conscientiser nos imams sur cette question de la grippe A pour qu'à leur tour, ils informent les fidèles qui se rendront en grand nombre dans les mosquées à l'occasion du Ramadan, pour que ces derniers puissent prendre leurs précautions contre cette maladie. Nous leur informerons également de notre contribution dans ce combat au niveau national ", a déclaré, ce matin, au Mauricien, le président de la Jummah Mosquée, Nissar Ramtoolah. Un représentant du ministère de la Santé sera présent à cette réunion pour expliquer la gravité de cette maladie et pour répondre aux questions des imams.

Seront aussi discutés lors de la réunion de mercredi la question de responsabilité sociale en référence au zakaat - prélèvement de 2% des revenus des musulmans qui sont offerts aux nécessiteux - les jeux de hasard, l'alcoolisme et autres fléaux qui affectent la société, ainsi que les conseils pour mieux suivre le Ramadan.


POLITIQUE Pour non-paiement de taxe allégué


Le Ptr envisage une enquête contre un ancien ministre

James Burty David et Deva Virahsawmy lors d'une conférence de presse

Le Parti travailliste envisage de demander l'ouverture d'une enquête sur un ancien ministre, qui n'aurait pas payé des taxes estimées à environ Rs 14 M suite à l'achat d'un terrain de l'Etat d'un montant d'un Rs 1 M qu'il aurait ensuite revendu à Rs 50 M. " Le Ptr compte demander officiellement au gouvernement d'ouvrir une enquête sur cette affaire ", a annoncé, ce matin, le secrétaire général du parti, Deva Virahsawmy, lors d'une conférence de presse, ce matin, au Square Guy Rozemont.

M. Virahsawmy dit se souvenir que le ministre des Finances, Rama Sithanen, avait fait allusion à cette question où il y aurait eu une évasion de la taxe. Ainsi, selon M. Sithanen, l'ancien ministre en question aurait dû payer 30% des Rs 50 M de la somme obtenue après la vente dudit terrain. Cela représenterait une somme d'environ Rs 14 M qui, dit-il, aurait dû rentrer dans les caisses de l'Etat mais qui ne l'aurait pas été.

Commentant le récent exposé de Paul Bérenger sur les années 1970 -71, le secrétaire général du Ptr a tenu à rappeler un fait qui, selon lui, mérite de faire réfléchir les Mauriciens dans leur ensemble. Ainsi, dit-il, en 1971 - année de grandes agitations syndicales menées par le leader du MMM -, le juge Droopnath Ramphul s'était prononcé pour une augmentation de 12% des salaires des travailleurs du port. Une condition était attachée à cela : les travailleurs se devaient de reprendre le travail. Mais, ils ne devaient pas le faire et cela, soutient-il, sur les conseils de Paul Bérenger.

C'est grâce à la décision de SSR en tant que Premier ministre à l'époque, que la SMF est entrée dans le port pour débloquer la situation faute de quoi, poursuit M. Virahsawmy, la population aurait connu beaucoup de problèmes. Sur ce, il devait lancer un avertissement en ces termes : " fer byen atansyon. Pa kalkil pu rapel enn lepok kot dimounn inn soufer. Parski ena dimunn ena lespri destriksyon ", avant d'arguer que si le leader du MMM aujourd'hui croit nécessaire de rappeler ce qui s'est passé en 1970-1971, c'est parce qu'il n'a aucun thème à proposer en marge des prochaines élections générales.

De son côté, James Burty David, responsable de la cellule de communication au sein du Labour, a indiqué que de toutes les façons, le parti compte bien, de son côté, donner la réplique à Paul Bérenger en animant, jeudi prochain à la municipalité de Port Louis, une causerie sur l'affaire Sheik Hossen. Rama Valayden sera également de la partie. " J'étais là au parlement quand Paul Bérenger avait accusé SSR dans cette affaire de Sheik Hossen. Le leader du MMM avait même fait des allégations à l'effet que SSR était lié à une certaine mafia dans l'affaire de Silvergate. Je ferai un rappel de tous les faits et détails entourant ce qui s'est passé dans l'hémicycle ce jour-là. "

Commentant la question de distribution de tickets au sein du MMM avec l'accent mis sur ce qui s'est passé dans le cas de Sam Lauthan au No 3 et maintenant dans celui d'Abdullah Hossen au No 19, M. Virahsawmy a déclaré qu'il est évident que le MMM " c'est uniquement Paul Bérenger " et personne d'autres quand il est question de prendre de telles décisions. Ainsi, dit-il, il est hors de question, voire ridicule de croire aux paroles du leader du MMM quand il dit qu'il allait s'en remettre à la décision du Bureau Politique et du régional, comme ce sera le cas pour ce soir au Régional No 19, ajoute-t-il.