Un nourrisson de 4 jours et son père meurent asphyxiés

Deux autres personnes, la mère du bébé, Roshnee Bissoonauth, 23 ans, qui était rentrée de la maternité la veille, et son jeune fils Trincheeavi, aussi connu sous le nom de Lucky, âgé de trois ans, ont été admises à l'Intensive Care Unit de l'hôpital Dr Jeetoo où leur état inspire des inquiétudes
A gauche, la porte donnant sur la chambre occupée par les victimes hier soir, avec un réchaud à charbon allumé toute la nuit, les portes et fenêtres fermées. Chambre qui a été placée sous contrôle policier pour les besoins de l'enquête

Véritable drame à Gandhi Lane, Espérance, Quartier-Militaire, ce matin. Un nourrisson de quatre jours et son père, Ashok Bissoonauth, 31 ans, plombier de son état, ont succombé à une asphyxie due au dioxyde de carbone émanant d'un réchaud à charbon, qui était resté allumé pendant toute la nuit dans la chambre à coucher avec les portes et les fenêtres fermées hermétiquement. Deux autres personnes, la mère du bébé, Roshnee Bissoonauth, 23 ans, qui était rentrée de la maternité la veille, et son jeune fils Trincheeavi, aussi connu sous le nom de Lucky, âgé de trois ans, ont été admises à l'Intensive Care Unit de l'hôpital Dr Jeetoo où leur état inspire des inquiétudes.

Les tentatives urgentes visant à réanimer le bébé de quatre jours et son père ont été vaines. Car dès leur admission à l'hôpital, les médecins traitants devaient constater qu'ils avaient déjà rendu l'âme. Des examens post-mortem sous la supervision du Chief Police Medical Officer, le Dr Sudesh Kumar Gungadin, devaient être pratiqués à la mi-journée pour établir les causes des décès. Mais tout semble indiquer une asphyxie à la fumée. À l'hôpital Jeetoo où ont été admis la mère et son jeune fils, les médecins sont engagés dans une course contre-la-montre pour tenter de les sauver.

Chez les proches des Bissoonauth à Gandhi Lane, l'on n'arrivait pas encore à la mi-journée à digérer le malheur qui s'est abattu sur la famille. Hier, c'est avec une grande joie que Roshnee Bissoonauth était rentrée de son accouchement il y a quatre jours à la maternité. Dans la soirée, selon des coutumes établies dans certaines familles, un réchaud à charbon a été allumé dans la chambre en vue de réchauffer le nourrisson en ce début d'hiver.

Chambre fermée

Aucun des sept membres de la famille Bissoonauth, occupant cette maison, ne s'est douté que ce réchaud supposé apporter du réconfort au nourrisson allait être à l'origine d'un véritable drame familial. Les portes et les fenêtres de la chambre occupée par Ashok Bissoonauth, son épouse, son fils de trois ans et le nouveau-né avaient été fermées pour mieux les protéger.

Le charbon dans le réchaud s'est consumé pendant toute la nuit avec des conséquences dramatiques pour les quatre occupants de cette chambre. Trois autres membres de la famille, Ganrawtee Bissoonauth, 76 ans, sa fille Devianee, 41 ans et son petit-fils Kavi, 22 ans, autrement capable, dormaient dans une autre chambre dans la même maison. Ils n'ont pas été affectés par la fumée toxique dégagée par le charbon dans la chambre fermée.

Ce n'est que vers 4 h 30 du matin que le drame a été découvert par la grand-mère. Probablement intriguée par l'absence de cris ou de pleurs du nourrisson pendant la nuit, Ganrawtee Bissoonauth a poussé la porte de la chambre pour se retrouver devant une scène d'horreur pour une mère et une grand-mère. Son fils de 31 ans gisait inconscient à plat ventre sur le lit. Le charbon du réchaud brûlait encore. Des traces de vomissures étaient visibles sur le plancher.

Affolée, la grand-mère a eu la présence d'esprit d'appeler au secours son autre fils, qui n'habite pas trop loin. Elle devait également s'enquérir de l'état de santé du nourrisson. À l'arrivée des premiers secours, elle tenait dans ses bras le bébé de quatre jours, dont le corps nettement refroidi n'augurait rien de positif.

L'autre fils de Ganrawtee Bissoonauth a sollicité l'aide des voisins. L'un de ceux qui se sont rendus en premier dans la chambre raconte la scène au Mauricien. " Ashok so frer ti vinn lève mwa boner gramatin. Li ti paraître mari paniké. Nou inn al guette ène lot vwazin, ki ène infirmier. Kan nou inn rantr dans lasam, mo inn trouv Ashok ti pe dormi lors so vantr. So lekor ti inn vinn frais. So madam pa ti éna konésans et pa ti mem kapav kone ki sannla ti pe koz ar li. Ashok so mama ti pe tini ti baba fek né dans so lamain. Monn ousi trouv ène reso dan sa lasam là ", a déclaré ce témoin, qui a préféré garder l'anonymat.

Évacuation

Très vite, l'évacuation vers l'hôpital a été organisée pour les quatre victimes. Devant le délai accumulé pour l'arrivée de l'ambulance et de l'équipe du SAMU, le frère d'Ashok les a transportés dans son véhicule. Malgré tout, entre 6 h et 6 h 40, ce matin, deux mauvaises nouvelles allaient tomber : le nourrisson était mort. Puis, le décès d'Ashok Bissoonauth était confirmé.

Au sein de la famille Bissoonauth et du voisinage, l'on n'arrivait pas à comprendre ce qui s'est passé. De véritables scènes de panique avec Devranu Daby, une autre sœur d'Ashok Bissoonauth, qui était inconsolable devant cette triste et affligeante nouvelle. " Mo garson ki inn donn mwa sa nouvel-là. Nou pa ti kone ki finn arrivé. Mo inn kone ki zot finn admet lopital. Aprè ki mo inn konpran ki mo frer et sa ti-baba fek né là inn mort ", déclare-t-elle en larmes, alors les préparatifs pour la veillée mortuaire étaient engagés dans la cour de la famille Bissoonauth à Quartier-Militaire.

Entre-temps, la maison et plus particulièrement la chambre occupée par les victimes ont été "Cordoned Off" par la police en vue d'effectuer des prélèvements d'indices pour les besoins d'enquête. Des éléments du Scene of Crime Office, des limiers de la CID de Quartier-Militaire et du Forensic Science Laboratory ont été déployés sur les lieux à cet effet.

L'enquête policière devra suivre son cours avec l'audition des premiers témoins sur la scène et les conclusions de l'autopsie versées dans le dossier de la police.