LYCEE POLYTECHNIQUE: Les diplômes de la discorde

Après l’allégation du ministre Vasant Bunwaree au Parlement  selon laquelle les étudiants du Lycée Polytechnique Guy Forget subissent un lavage de cerveau de certains hommes politiques, ces étudiants, qui en sont aujourd’hui à leur 14e jour de grève, montent au créneau pour condamner une telle affirmation. « Nous nous battons pour nos convictions et nous demandons au ministre Bunwaree de prendre ce dossier en main, c’est inutile de renvoyer la balle dans l’autre camp », affirme Islam Fadil, porte-parole des étudiants.

La rencontre d’hier entre le directeur du MITD Roland Dubois, le directeur du MES Lucien Finette, les étudiants et les parents n’a abouti à rien. Parents et étudiants n’ont rien voulu entendre hier matin. Les étudiants affirment qu’ils ne mettront pas un terme à leur mouvement de protestation tant qu’ils n’auront pas du MITD la garantie que c’est uniquement le MES qui sera l’Awarding Body pour leurs cours. Une garantie que Roland Dubois n’a pas été en mesure de donner car, explique-t-il, « le lycée polytechnique fait partie du MITD et c’est normal que son nom figure sur les certificats. Auparavant c’était le MES et le MSMTF et à partir de maintenant ce sera le MITD ». Le directeur du MITD a aussi donné la garantie à ces jeunes qu’ils ne seront nullement pénalisés et que ceux qui n’ont pas obtenu des bourses les obtiendront. « Ceux qui ont dû payer de leur poche seront remboursés, notre vision est l’avenir des jeunes », soutient-il. M. Dubois s’est également attardé sur un accord signé entre Maurice et le gouvernement français pour que les étudiants puissent suivre des études supérieures dans une institution française, que ce soit à Maurice ou à l’étranger.

Roland Dubois a cependant demandé aux étudiants de lui donner le temps de discuter de leurs demandes avec le ministre et a proposé une nouvelle rencontre ce vendredi. Le directeur du MES, pour sa part, est venu donner la garantie que les cours seront accrédités par le MES conjointement avec le MITD et a pris l’engagement de veiller à ce que le niveau d’examens et de cours soit respecté. « Personne ne peut dire au MES ce qu’il doit faire, le MES est indépendant », a-t-il fait comprendre. Il a aussi donné la garantie qu’il s’occupera lui-même des certificats pour que les étudiants n’aient pas à attendre 14 mois. « Je vais instituer un comité à mon niveau pour voir pour quelles raisons les résultats tardent autant », dit-il. Soulignons que les étudiants qui ont passé les examens en mars dernier obtiendront leur certificat le 9 juin prochain.

Après trois heures de questions et réponses, les étudiants estiment que « le MITD n’a toujours pas pu nous donner la garantie et l’assurance que nous ne serons pas pénalisés ». Face à cette situation, Lucien Finette a suggéré qu’un comité composé des parents, des étudiants, du MITD et du MES soit mis sur pied pour veiller à ce que le MITD respecte ses engagements et a demandé à ce que les étudiants reprennent les cours. Idée qui a également été rejetée par les étudiants et les parents, qui soutiennent que « le MITD est en train de tourner en rond et n’accepte pas nos demandes ». Un porte-parole des parents a demandé à M. Dubois de garder la même formule de certificat qu’auparavant pour les élèves qui sont actuellement au lycée et de mettre en pratique les nouvelles dispositions du MITD avec les nouveaux étudiants qui viendront après trois ans. Une nouvelle réunion est prévue ce vendredi.

Par ailleurs, les étudiants qui ont pris connaissance de la déclaration de Vasant Bunwaree au Parlement hier disent ne pas comprendre pourquoi « le ministre veut faire porter le chapeau à une autre personne ». « Nos demandes sont claires depuis le début, nous nous battons pour nos convictions car il s’agit de notre avenir. Si nous obtenons ce que nous voulons, tout reprendra normalement. Il n’y a aucune ingérence politique dans notre mouvement de protestation », soutient Fadil Islam. Les étudiants disent attendre toujours que le ministre de l’Éducation prenne ce dossier en main.