Dr DIPLAL MAROAM

Alors qu’une grande agglomération chinoise de plus de 10 millions d’habitants, Zhengzhou, avait, à la mi-juillet, reçu, en l’espace de 3 jours l’équivalent de près d’une année de pluie, provoquant inondations et glissements de terrain avec toutes les conséquences que cela comporte en termes de dégâts matériels et de vies humaines, à l’ouest du Canada et des États-Unis, de la Californie à l’État de Washington, les pompiers mènent un combat

Dr DIPLAL MAROAM

inlassable contre les incendies de forêts causés par des vagues de chaleur insoutenable et qui ont suscité la proclamation de l’état de catastrophe naturelle. Entre ces deux phénomènes écologiques extrêmes, d’un bout de la planète à l’autre, sévit une grave sècheresse dans une grande partie du Moyen-Orient et de l’Afrique et dont les effets désastreux sont, dans une grande mesure, exacerbés par une situation socio-économique profondément bipolarisée car des millions de personnes affectées par la famine, due à ces conditions climatiques affreuses, n’arrivent pas à s’en sortir faute de moyens de survie.

Incapable d’évoluer afin d’intégrer toutes les couches de la population de la planète dans la mouvance du développement, notre civilisation industrielle actuelle pourrait connaître un sérieux revers, comme d’autres d’ailleurs dans l’histoire de l’humanité, principalement à cause des inégalités dans la répartition des richesses et la surexploitation soutenue et croissante des ressources limitées, entraînant du coup, une modification non négligeable des paramètres atmosphériques et écologiques. Il va sans dire que la raréfaction des ressources en raison de la surexploitation entraîne inexorablement la stratification économique de la société, laissant au bord de la route les plus faibles, les moins fortunés.

Bref, la théorie de l’֖évolution des espèces de Darwin transposée au domaine socio-économique ! Cependant, les thuriféraires de l’actuel système de développement misent toujours sur la prééminence du progrès technologique pour tenter de sauver les meubles mais qui dit progrès technologique dit également surexploitation des ressources, augmentation de la consommation et éventuellement, consolidation de la pollution. Tel le serpent mordant sa propre queue !

Animées souvent par le principe du court-termisme, les élites ne conçoivent aucun processus de bouleversement, encore moins de l’effondrement social et poursuivent leurs activités comme si de rien n’était. C’est lorsque survient la catastrophe que l’on songe alors au changement de cap mais pour reprendre les mêmes habitudes décriées une fois la bourrasque passée. Ainsi, des mesures de contrôle drastiques avaient été préconisées par le G7 à Londres suite à la crise des subprimes de 2008 en vue de combattre les abus au niveau du système bancaire. Or, toutes ces mesures sont désormais rangées au placard et le même système qui prévalait avant la crise est promptement revenu au galop.

C’est, en effet, cette politique d’insouciance consistant à ne regarder pas plus loin que le bout de son nez qui a précipité la chute d’anciennes civilisations, mayas et romaines. Dans le cas des Mayas (IIIe–XVIe siècle en Amérique centrale), l’agriculture intensive et la déforestation à outrance ont finalement apporté ruine et famine, donc la dislocation de la base de la société. Aujourd’hui, alors que nous disposons d’informations scientifiques robustes et immenses sur le problème de l’environnement et du changement climatique et ses conséquences – températures anormalement élevées, cyclones de plus en plus fréquents et intenses, inondations dévastatrices, sècheresses rudes et prolongées, migrations des masses, émergence de nouveaux agents pathogènes, etc –, nous affichons l’indifférence, adoptant le même modèle de développement, boulimie de ressources et d’énergie. Qu’est-ce qui s’est réellement passé par exemple, eu égard à la réduction des émissions du CO2, depuis la signature du COP 21 à Paris en décembre 2015 et le COP 26 qui se tiendra en novembre prochain à Glasgow ? Rien !

Pour combattre donc cette stagnation ambiante, dans de nombreux pays, la société civile se soulève, les actions de désobéissance populaire se multiplient. Mais le système actuel se défend et n’hésite pas à réprimer par la violence et matraquer ceux et celles qui aspirent à construire un monde différent et un avenir meilleur. Mais jusqu’où peut mener la répression ?