- Publicité -

Danielle Wong : « La Covid n’est pas la pire crise, mais elle a mis à nu les failles »

Mariée à son inséparable Simon, avec lequel elle a eu trois enfants, dont un fils chercheur à l’institut Pasteur et une fille médecin et cinq petits-enfants, Danielle Wong, mère et professionnelle de caractère, poursuit sa vie en fauteuil roulant depuis 20 ans et dit ne pas être amère de cette fatalité qui « fait partie des accidents de la vie ». Aujourd’hui âgée de 71 ans, qu’elle se dit « fière de porter », elle affirme être une femme comblée. À la retraite après avoir travaillé à la MEXA (Mauritius Export Association) depuis 2013, elle s’est retirée complètement de la vie active après y avoir été consultante jusqu’en mars 2020. Week-End est allé à sa rencontre après avoir visionné une vidéo où Danielle Wong montre que rien n’a changé dans son engagement et sa bataille pour le pays et des causes, même si son combat est plus spirituel. Elle aborde l’actualité de la Covid avec un vécu très particulier en tant que non-vaccinée et fustige les autorités avec son franc-parler habituel. « Moi je dis : mettez-moi mon étoile jaune. » Elle regrette que les jeunes ne soient plus des révolutionnaires, et que le gouvernement qui a un hyperego s’est coupé du peuple et du secteur privé. Elle appelle néanmoins à ne pas avoir peur…

- Publicité -

l  Cela fait un bout de temps que vous n’êtes plus au-devant de la scène et qu’on ne vous entend pas beaucoup. Comment vous portez-vous ? Que devenez-vous ?

Je me porte très bien. Je suis très engagée et très occupée. J’ai des journées et même des soirées aussi remplies qu’avant, mais avec beaucoup plus de sérénité. Je peux travailler jusqu’à deux-trois heures du matin et je fais ce que j’aime. Aujourd’hui, ma bataille pour le pays ne se situe pas au niveau physique, mais spirituel. Depuis plus d’un an, j’anime des sessions de prière et des sessions de formation à travers le monde via Zoom. C’est extraordinaire, car avec Zoom, j’ai beaucoup plus d’espace, j’anime des sessions avec des Mexicains, des Américains, des Européens, des Africains, des Finlandais… Je fais le tour de l’Asie, de l’Australie… J’anime aussi des sessions à Maurice. La Covid a permis un autre type de développement.

l  Dans une vidéo, vous racontez l’expérience vécue avec votre mari qui a été testé positif à la Covid. Comment avez-vous vécu cette période ?

Si j’ai fait ce partage sur les réseaux sociaux, c’est parce que j’anime des sessions de formation Healing of the Family during Covid et cela m’a permis de prendre conscience de beaucoup de choses. C’était au début de septembre et j’ai vécu cette période avec beaucoup de sérénité. Je ne m’y attendais pas du tout, car mon mari et ma bonne Roumilla, qui est avec nous depuis 40 ans, ont été vaccinés. Au départ, on disait que si on fait le vaccin, on serait immunisés. Moi, j’ai toujours pensé que non, mais bon… On se disait aussi avec mon mari que si cela nous arrivait, ce ne serait pas une fatalité. Et quand il l’a eu, à aucun moment je n’ai envisagé d’y voir quelque chose de grave, la mort ou l’hôpital…

l  Mais ça devait quand même être un choc, cette annonce ?

Quand Simon m’a annoncé qu’il était positif, j’étais entourée des amies pour une session de prière et je pense que cela m’a aussi aidée à être plus sereine. Je lui ai dit : tu prépares tes affaires, tu vas aller t’auto-isoler à l’étage. Avec les filles qui étaient là, on a vérifié qu’il y avait suffisamment à manger dans le réfrigérateur, et puis chacune, comme elles le sentaient, a été faire un test PCR pour être tranquille. Il a fallu une organisation à la maison certes, mais je ne peux pas dire que ce c’était ni difficile ni facile. Depuis 20 ans que je suis en fauteuil roulant, j’ai appris à attendre, et cela a aussi été le cas durant cette période de contamination de mon mari à la Covid.

l  Dans votre état, vous êtes dépendante de votre famille…

Oui, je suis effectivement dépendante de Simon. Par exemple, je suis incapable de rentrer ou de sortir seule de mon lit et je vous passe d’autres détails. J’ai appris durant cette période à attendre. Le soir c’était plus difficile et les matins étaient longs, parce que je n’étais plus LA priorité. C’est Simon qui passait avant moi, ma bonne s’occupait de lui puis venait à moi. Et ça prenait du temps. Mais cela n’était pas pénible. J’ai réalisé beaucoup de choses. Je me suis posé la question si mon mari mourait avant moi, est-ce que je serais prête ? Je n’ai pas peur de la mort, mais comment vivre seule ? C’est la question que je me suis posée. J’ai l’habitude de dire à mon mari que si tu meurs avant moi, je demanderai au Seigneur de me donner pas plus d’une semaine, car je pensais que je ne pourrais pas survivre. Mais avec la Covid, j’ai réalisé à quel point la maladie rapproche les gens ou les éloigne. Je ne me réfère pas de ma famille à proprement parler, mais on prend conscience qu’il y a des gens pleins de bonnes intentions, mais passer à l’acte, c’est autre chose. Et j’ai réfléchi aux autres qui souffrent en me disant que si les gens de votre entourage n’osent pas vous approcher, pourquoi s’attendre que les autres à l’hôpital soient plus avenants avec les malades ?

Justement, on comprend que vous n’êtes pas vaccinée. Pourquoi ne vous êtes-vous pas fait vacciner ?

Ma fille est médecin, et mon fils est chercheur à l’Institut Pasteur. Je ne vous fais pas le dessin de cette pression pour que je fasse le vaccin. Heureusement, Simon, lui, a eu les soins de sa fille toutes les heures. Il a eu l’hospitalisation à domicile parce que je me suis dit qu’à l’hôpital cela aurait pu être catastrophique. Moi, je crois dans mon immunité. Je suis une personne qui a une excellente hygiène de vie. À 71 ans, je n’ai jamais pris la pilule, je suis allergique aux antibiotiques, je ne me soigne qu’avec de l’eau. Je ne prend jamais de médicaments, même pas une aspirine. J’avais le diabète pendant trois ans, et je me suis moi-même soignée. Le diabète a disparu. Je jeûne très souvent. D’ailleurs, nous avons organisé avec le groupe Ephatta, le 18 juin dernier, trois jours de jeûne, d’abstinence et de prière, et renouvelé une nuit de prière le 22 août pour le pays, pour que les Mauriciens changent leurs cœurs de pierre en cœurs de chair.

Et le vaccin…

Pour en revenir au vaccin, je crois dans l’hygiène de vie de la personne. Mais aujourd’hui, nous vivons dans une société de café instantané. On veut tout avoir tout de suite. Moi, je suis dans la catégorie des gens qui donnent du temps au temps. Ce n’est qu’en mars qu’ils ont trouvé le vaccin. Donnons le temps au temps ! Je ne sais pas si c’est du complotisme, mais cette politique de dépopulation, elle, est vraie à mon avis, quand on pense à tout ce qu’on a fait pour stériliser les femmes en Inde, par exemple. J’ai l’impression que nous sommes dans la « population bomb », comme disait le Pr Paul R. Ehrlich pour diminuer le nombre de gens dans le monde. D’ailleurs, depuis deux ans, avant même la pandémie, une amie d’Australie m’avait prévenue qu’il y aurait un virus et qu’on aurait tout de suite après le vaccin. Je pensais que c’était des balivernes. Mais voilà, les vaccins sont là, sans avoir fait leurs preuves. Pour moi, c’est du big pharma. Du big business avec lse réseaux sociaux aidant et les politiques aussi. Mon fils est médecin, et je pense qu’ils font peut-être genuinely des choses, mais voyez-vous, quand le vaccin est venu, ils disaient que cela allait sauver le monde. On n’a jamais dit comment prévenir. Pourquoi au lieu de dépenser des milliards avec le vaccin, ils ne font pas une campagne sanitaire pour une meilleure hygiène de vie ? Pourquoi ne font-ils pas de preventive medecine.

Pourquoi n’y croyez-vous pas ?

Depuis 20 ans, je suis en fauteuil roulant. Maintenant, on me demande de faire un vaccin avec lequel je ne suis pas à l’aise. Car il faut savoir qu’il faut que votre corps épouse le vaccin pour qu’il soit efficace. Je me dis que se passera-t-il si je fais le vaccin et que je développe des séquelles, qu’on ne connaissait pas — car c’est maintenant qu’on commence à les découvrir après six mois — et que je suis complètement alitée ? Je connais une jeune fille qui a fait le vaccin et qui n’arrive même plus à se coiffer aujourd’hui. Et les autorités viennent me dire de faire le vaccin, mais de signer un papier vis-à-vis du gouvernement disant qu’il n’est pas responsable. Ni lui ni le big pharma ! Je suis désolée, je ne suis pas leur guinea pig ! Aux gens qui ne veulent pas me fréquenter, je leur dis que le temps me donnera raison. Pour moi, avec la Covid, on a créé la peur qu’on entretient aujourd’hui. On disait que le drogué a besoin de sa dose, mais aujourd’hui, tout le monde court après sa dose, sa première dose, sa deuxième dose, sa troisième dose… C’est le monde à l’envers.

l À un moment dans cette vidéo, vous vous dites « my position has slowly given way to the They and I mindset. » Que voulez-vous dire ?

On nous met à l’écart. Si je reprends l’histoire, entre les communistes et la Russie, il fallait trouver un bouc émissaire et c’était les goulags. Nous avons eu les juifs avec Hitler. Aujourd’hui encore, il faut trouver un bouc émissaire. Comment peut-on jeopardise le futur des gens avec un vaccin qui n’a même pas fait six mois de preuve et obliger à des enfants à le faire ? Pourquoi cache-t-on toujours les séquelles ? Pour moi, le vaccin c’est le Veau d’Or ! La Troisième Guerre mondiale est en place. L’année dernière, on a eu 10 décès et nous pleurions nos morts. Amèrement. Aujourd’hui, il y a plus de 139 morts et nous avons le vaccin. Il y a quelque chose qui ne va pas. On ne parle pas des séquelles de ce qu’on est en train de faire pour se protéger du Covid. Or, il y a une hausse des autres maladies aujourd’hui. On n’entend plus de cancer, plus de caillots sanguins… Tout cela, on ne le dit pas. Mais on dit de faire le vaccin. On m’a dit que je ne pourrai pas voyager si je ne fais pas le vaccin. Et je réponds : c’est pas grave, j’ai fait le tour du monde, et à 71 ans, même si je ne prends plus l’avion, tant pis. D’ailleurs, je peux aussi bien voyager par Zoom. On me dit aussi : tes enfants ne vont pas venir te voir. Je n’y peux rien. Pour moi, l’amour transcende la peur.

Depuis vendredi, il y a 22 lieux qui sont interdits d’accès aux non-vaccinés. Vous sentez-vous doublement victimisée, discriminée au vu de votre situation de handicap ?

Définitivement. Connaissez-vous le calvaire des personnes handicapées qui ont fait le vaccin ? Qui s’en inquiète ? On est en train de faire l’eugénisme, l’élimination. Moi je dis : mettez-moi mon étoile jaune. Pour moi, il n’y a pas de différence entre la politique actuelle et Hitler. Et je vais mettre bientôt mon étoile jaune, car on veut dire que c’est à cause de moi qui ne suis pas vaccinée que tout le monde est en train d’être contaminé. Quelle est la logique du pass sanitaire ? Ne soyons pas hypocrites. Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond. Ils ouvrent l’économie, ils ouvrent les frontières et font revenir les avions. Croyez-vous que ces gens vaccinés de l’Europe ou d’ailleurs sont plus sains que nous les Mauriciens ? Ils ne veulent pas des non-vaccinés, tant mieux, nous aurons sans doute une vie beaucoup plus simple. De toute façon, les business ont tellement souffert qu’ils sont heureux d’avoir quelques personnes pour survivre. Est-ce que les supermarchés vont refuser les gens qui viennent acheter à manger ? Vont-ils mettre un policier à chaque coin de rue pour vérifier ? On va se réunir à la maison. On peut faire des bring and share, et sans doute cela va ramener beaucoup plus les gens et être moins dépensiers.

Vous êtes une fervente croyante. Comment cela vous aide-t-il à avancer, notamment en cette période de crise sanitaire ?

Pour moi, avoir la foi, c’est ce qui me fait avancer. Je sais que le Seigneur a un plan pour moi. Je suis très sereine. Et je me dis if God is for me, who can be against me?

De par votre expérience dans le secteur privé notamment, où vous avez construit votre carrière, dont 33 ans à la tête de la MEXA, vous avez connu plusieurs crises économiques. Pensez-vous que la Covid est de loin la pire ?

Elle n’est pas la pire, mais elle a mis à nu les failles. Avant il y avait des crises et on savait les gérer parce qu’il y avait une volonté de surmonter ensemble. Il n’y avait pas ces égos surdimensionnés que l’on voit aujourd’hui. Ce que je reproche, c’est la façon que tout est géré: il n’y a pas de communication. On avait avant les regular private sector-government meetings. J’ai moi-même siégé sur plusieurs comités. On ne s’entendait pas toujours, mais il y avait le dialogue et non pas la méfiance. Aujourd’hui, j’ai l’impression que les gens ont tous développé un hyperego. Et à cause de cela, il y a un manque de dialogue. Il y a une mentalité de mo misie-konn-tou et donc, l’autre dit « be si to konn tou, fer tou tomem ». Il y a une démission du peuple. Ils ont coupé les ponts. Le gouvernement a coupé le pont. C’est le sentiment que j’ai. Dans le management, on dit que team work makes your dreams work. Mais à Maurice, il n’y a pas de plus de teamwork. Il n’y a pas de volonté de teamwork. C’est l’hyperego qui dirige et on veut tous tirer les draps vers soi.

Quelles devraient êtres, selon vous, les avenues pour que le pays se relève ?

Le pays ne va pas se relever de sitôt. C’est sûr. Il n’y a pas de solution miracle, car on a pris la pente. L’avenir sera dur. Dans le passé, il y a eu la récession, il y a eu la guerre, et les gens ont survécu. Les Mauriciens vont survivre, mais la vie ne sera pas comme avant. L’année dernière, j’ai fait cette vision que Maurice serait détruite et ce serait l’exil. Quand on regarde la Bible, le Seigneur revient toujours et demande aux gens de se repentir et de s’humilier, d’accepter, et non pas de dire : kot mo’nn fote ? Avec cette mentalité, on n’avance pas. Les gens ont besoin de sentir qu’on est fait de chair et d’os, et pas que d’un cerveau. Les Mauriciens avaient beaucoup de compassion, mais cette façon de faire d’aujourd’hui est en train de rendre tout le monde beaucoup plus rigide. On a perdu le sens de l’autre. Et c’est triste. Pour qu’on avance, les autorités have to humble themselves and do their mea culpa. Elles doivent réaliser qu’elles ont pris un mauvais chemin. Appelons tout le monde, secteur privé et secteur public, avec qui nous avons eu l’expérience de travailler ensemble et les autres partis politiques. Discutons autour d’une table : on a plus de mérite d’accepter qu’on a tort que de dire kot mo’nn fote? Mais le gouvernement est loin de la misère humaine. Ils ont fermé leur cœur. Ils croient que le progrès est dans le béton. Le progrès n’est pas dans le béton. C’est dans le cœur. On ne sent pas le cœur de ce gouvernement.

Quelle est votre appréciation du dernier rapport du PRB ?

Je ne veux pas faire de commentaires. Il y a toujours des gens qui méritent et qui n’ont pas, et d’autres qui ne méritent pas qui ont. Il y a toujours d’excellents fonctionnaires avec qui j’ai travaillé et j’ai beaucoup de respect pour eux. Mais il y a aussi des brebis galeuses. Ils ont tellement politisé la fonction publique. Il n’y a plus vraiment de séparation entre le parti au pouvoir et la fonction publique. Les fonctionnaires sont devenus des appointed, des yesmen. Ce qui est normal, car si on est redevable à quelqu’un, il est difficile de dire non et de clamer son indépendance. Quoique je connais des fonctionnaires qui sont résistants. L’argent a pourri la moralité. Les gens n’ont plus de conscience. Maintenant, ils poussent les gens à quitter le privé pour aller dans le public, car mem si pe gagn koze kouyon, be nou sanz department nou al dan enn lot, nou kontinie roule mem. On n’aura pas de fonctionnaires de niveau, car la chose est politisée aujourd’hui. Il n’y a pas de méritocratie qui compte.

Quel est le regard que vous portez sur la société mauricienne ?

Elle est malade. Elle souffre de nombreux maux. Nous avons une série de maladies en hausse à Maurice, mais au-delà, la société est aux soins intensifs. Rien ne fonctionne. Il n’y a pas de vrais projets de société. Quand on avait créé l’île Maurice durable, en 2011, nous avions suscité beaucoup d’enthousiasme et j’ai moi-même présidé le working group equity, fairness, social system… C’était beaucoup d’espoir, mais malheureusement, ce projet n’a pas vu le jour. J’en suis tellement triste. On a perdu nos valeurs. On sent qu’à l’extérieur les gens nous regardent avec dédain. Faites le tour des ambassades, vous verrez. On a perdu notre honneur. L’île Maurice a perdu son honneur. On a beau dire, we voted, mais on n’a pas voté pour des gens de qualité. We voted for our own benefits, deep down. Mais tous les pays sont logés à la même enseigne. Partout, nous avons affaire à des menteurs…

Avez-vous un message pour les Mauriciens ?

Vous savez, aujourd’hui, tout est en décadence. Les jeunes ne croient en rien. Les Mauriciens ne sont pas des révolutionnaires. Ils ne veulent pas casser la baraque. Ils pensent toujours qu’ils peuvent réarranger les choses. Et le Welfare State soutient tout cela. Il nous faut revisiter nos valeurs. Savoir qui nous sommes et quel est notre but dans la vie. S’arrêter et se demander : qui suis-je ? et ou est-ce que je vais ? Et ne pas entrer dans ce cycle de la peur qui est en train d’envahir le monde. Quand on sait qui on est, on n’a pas peur.

- Publicité -
EN CONTINU

l'édition du jour