Turf Magazine


Éditorial
Signaux forts Bernard Delaitre

Ce n'est pas la joie dans le milieu des professionnels de courses, peu habitués il est vrai d'être sous la pression maximum des commissaires si tôt dans la saison. Leurs moindres faits et gestes pour tout ce qui concerne les courses sont passés à la loupe. Ainsi, en deux journées seulement, le duo Ian Paterson et Stéphane de Chalain, qui entend bien se faire respecter d'emblée, a déjà effectué dix enquêtes, sanctionné deux jockeys d'une semaine de suspension (Behr et Naiko), infligé à 6 jockeys Rs 115 000 d'amende (Whitmore, Figueroa, Emamdee, Brown, Naiko, Behr), averti trois jockeys que leurs montes avaient suscité des interrogations (Currie, Faucon et Naiko). Ils ont, en outre, enquêté, sans préjudice pour personne, sur le retrait de Press Line antérieurement à la parution du programme officiel de la semaine dernière avant de s'attarder sur les analyses positives pré courses de deux chevaux de l'écurie Gujadhur- ce qui leur a valu d'être privés de compétition - alors qu'ils figuraient, eux, sur le programme officiel.

Cette dernière enquête a valu à un entraîneur (Ramapatee Gujadhur) une amende de Rs 40 000, du fait qu'il est " the person responsible for the care, treatment and training of Little Gee and Really Something " et à un vétérinaire (Alexander Espitalier Noël) une amende de Rs 20 000 du fait que " the Stewards adjudicated that his conduct was not of the required standard in that after treating both Little Gee and Really Something at Floréal on Friday 25th of April 2008 and having concerns in relation to the route of administration and the dose, he failed to notify Mr. Gujadhur or any senior member of his staff regarding possible withdrawal times and the necessity for an elective test before racing. " sanction qui, il faut le signaler, est relativement rare dans notre pays.

Pour être fair vis-à-vis des deux protagonistes mis en relief dans cette affaire, nous nous devons de signaler qu'eu égard aux informations dont nous disposons, il y aurait bel et bien eu recommandation écrite pour des elective tests, mais certes pas directement entre les deux protagonistes. Toutefois, si l'information n'a pas circulé comme il se devait, cette enquête a révélé des failles de procédures. Cela tient en partie aussi à la culture de l'information cachée, perdurant encore dans certaines sphères du club, même s'il y a des gros progrès dans ce domaine-là, surtout en ce qu'il s'agit des traitements administrés aux chevaux, information que Turf Magazine essaie en vain d'en obtenir la circulation publique depuis des années.

Nous ne nous attarderons pas sur les mérites de l'ensemble des cas susmentionnés, d'autant plus que les uns et les autres ont fait appel, mais il est réconfortant de constater que les commissaires de courses envoient un signal fort et clair à l'ensemble des acteurs de l'hippisme mauricien sur leurs intentions de faire respecter les règles et d'avoir des courses et une industrie la plus propre possible. Un hippisme qui fonctionne dans des paramètres à la hauteur des ambitions affichées par les dirigeants actuels du Mauritius Turf Club qui ont pour objectif d'en faire un produit respectable et respecté à l'intérieur de notre pays mais aussi à l'étranger.

Pour avoir milité dans ce sens depuis belle lurette, les commissaires de courses ont tout notre soutien dans leur quête pour des courses propres, mais le plus dur reste à faire pour Ian Paterson, Stéphane de Chalain et leurs collègues : être constants en faisant bien comprendre à tous que " the law is the law and everyone abides ".

Cette expression, nous l'avons empruntée d'une lettre adressée par Jeffrey Lloyd au journal du Sporting Post sud-africain récemment. Il fait référence à sa nouvelle vie en Australie où il a élu domicile pour des raisons familiales et professionnelles. En voilà quelques extraits qui devraient convaincre nos dirigeants qu'il faut peut-être renforcer nos relations hippiques vers ce côté de l'océan Indien plutôt que de l'autre que les meilleurs sont en train de déserter les uns après les autres :

"G'day from Down Under

… Racing here is very different to back home and I am thoroughly enjoying the new challenge. The coverage and publicity it receives on the radio, tv and in the newspapers is quite unbelievable (at least 8 pages in every newspaper offers news, gossip, form etc) The Weekend Metropolitan meetings are very exciting and there is a great vibe with thousands of fresh, young race-goers clapping in every winner. The Courses are full with young and old and everyone is dressed up in the good old fashion 'Racing Style' in their hats and suits, facinators and glitz.

There is music and prizes, children's entertainment and great prizemoney on offer and all in all it leads to very competitive and good racing.

Work here has been very different for me, you don't get to ride as much work as back home as we work much longer distances. You have Trials once or twice a week as well as two Metropolitan meetings and one or two Provisional meetings. The jocs work very hard here with very early starts (I feel like I am riding for good old Johnny McCreedy again and am up at 3 : 20 am each morning). We travel pretty far to Provisional tracks too and the other day saw Glyn and I driving 2 1/2 hours to a big meeting at one of the Provisional Tracks. Having to drive slowly and keep within the speed limits makes for one hell of a long drive but here the law is the law and everyone abides.

I have teamed up with David Payne and am really enjoying working with him as we understand each other so well from our 10 year association back in South Africa. We have pulled off two Group two races (I have had three so far) and two Group three races already, the one Group 2 being for Mr Jooste which was really satisfying for me to win for a great South African owner, and I have also enjoyed a couple of listed race wins as well for other yards. I am proud of what I have achieved in such a short space of time, as to currently be joint third on the Sydney's Jockey Premiership is quite unbelievable as you have no idea how tough the competition is. I have also had to contend with 3 forced holidays (yes they are very strict, you just look sideways and you go for time). The Carnival has hit Sydney and boy do the the big guns come rolling in in full force. This weekend we will be enjoying the richest two-year old race in the world, The AAMI Golden Slipper, worth 3.5 million ozzie dollars, and I am very excited to be able to have secured a ride in this race in my first season here as in a lot of the big Grade one races the jocs have been booked months ago and it has been hard to try get on horses at this late stage. The racing fraternity is very close knitted and holds many functions including a church service to bless the jockeys equipment which saw different racing personalities all coming together in this support.

The Guv, Jeff Lloyd.

En tout cas, nous ne devrions en aucun cas négliger cet autre signal fort…