ET LE BON SENS ALORS ?

Le comité olympique est-il vraiment animé de bonnes intentions dans l’affaire Bradley Vincent ? Celui-là même qu’il a suspendu pour trois longues années, sans pitié aucune et surtout de façon injuste et unilatérale ! Ainsi va notre analyse des tenants et des aboutissants de cette affaire aux Jeux du Commonwealth, l’année dernière. Pas si sûr après avoir pris connaissance des propos de son président, Philippe Hao Thyn Voon, lors d’une récente interview. « Cette affaire suit son cours désormais et je ne peux revoir la peine du nageur tant que l’affaire n’est pas entendue ». Entendez par là que, tant que l’Ombudsperson for Sports n’aura pas donné son ruling, le COM ne bougera pas le petit doigt pour un sportif qui vaut 15 médailles d’or, dont quatre aux Jeux des Iles de l’océan Indien de 2019 à Maurice !

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En d’autres mots, Bradley Vincent, le plus prolifi que des nageurs que Maurice ait connu, est foutu ! Qu’importe ce qu’il dit et l’éventualité d’une action auprès du Tribunal arbitral du sport à Lausanne en Suisse. Cela, dans l’espoir de laver son honneur et ensuite participer, cette année, aux 11es Jeux des Iles à Madagascar et ensuite l’année prochaine aux Jeux olympiques, à Paris en France. Bradley Vincent devra donc repasser ou — comme le veulent ardemment certains au COM — faire prématurément une croix sur sa carrière à 31 ans pour des raisons obscures. Certes, il pourrait prendre part aux Championnats du monde de juillet à Fukuoka au Japon. Mais la triste vérité est qu’il n’ira pas plus loin que cela, lui l’athlète de haut niveau qu’il a dignement incarné au cours des dix dernières années.

La situation que vit Bradley Vincent depuis plusieurs mois est stressante. Et pour ceux qui l’ont croisé récemment, le nageur semble ne pas s’en remettre de ce sale coup dans le dos. D’autant que l’attente risque d’être très longue. Une éternité même sommes-nous tentés de dire, sous la correction de tous ceux qui sont passés par le bureau de l’Ombudsperson for Sports. Sans compter ensuite, un passage obligé via le Tribunal arbitral du sport ! Combien sont-ils d’ailleurs ces sportifs et autres clubs qui se sont plaints, à juste raison d’ailleurs, devant ces instances, mais sans pour autant obtenir satisfaction. Demandez aux dirigeants de New Grove Swimming Club ou encore à ceux du Port-Louis Association Swimming Club et ils vous diront ce qu’ils pensent ! Même que ce dernier club contestait la légalité des élections 2017 de la Fédération mauricienne de natation. Un nouveau comité a été élu, quatre ans plus tard, sans pour autant que ce club n’ait obtenu entière satisfaction !

Il est clair, dans ces conditions, que Bradley Vincent ne verra pas de sitôt l’aube des 11es Jeux des Iles. Et ça, nombreux sont ceux au COM qui le savent mieux que nous. Seul un peu de bon sens pourra sauver le nageur des eaux troubles dans lesquelles il s’est engloutit depuis des mois, malheureusement. Du bon sens, oui exactement ! D’abord, faut-il connaître les vraies raisons derrière une suspension aussi sévère que démesurée. Même si Philippe Hao Thyn Voon a voulu se la jouer “bon samaritain” en avançant que la sanction aurait dû être de cinq ans ! Ben voyons, monsieur le président ! Est-ce donc cela votre définition du bon sens ou encore ce que vous pensez de la sportivité ? Est-ce les valeurs que prônent l’olympisme ?

Bradley Vincent n’a pas eu un “fair treatment” dans cette affaire. Du moins sur la première charge comparée aux trois autres nageurs qui étaient aussi absents à la cérémonie de lever du drapeau à Birmingham. Et ça, tout le monde le sait, sauf le COM ! Idem pour les propos qui lui sont reprochés par Aline Li Chuen Cheong, membre de ce même COM et ancienne de la Fédération mauricienne de natation. A-t-il eu toutes les chances pour se défendre ? A-t-il pu au moins compter sur la version de ceux présents au moment des faits et sans que ces derniers ne soient exposés à des représailles ? Ce qui est certain, c’est que le COM a fait preuve d’excès de zèle dans cette affaire. Et c’est malheureux de voir à quel point un sportif ayant contribué à faire honneur à sa patrie est aujourd’hui traîné dans la boue par des pseudos dirigeants n’arrivant même pas à sa cheville !

Philippe Hao Thyn Voon qui parlait aussi de « revoir la sanction », fi n 2022, met désormais en avant l’action en justice qu’avait entrepris Bradley Vincent, comme pour démontrer que c’est ce dernier qui a compliqué la situation ! Alors que le nageur voulait tout simplement que la sanction ne soit pas appliquée afi n qu’il puisse continuer à s’exprimer à tous les niveaux ! Le président de cet organisme évoque aussi les recommandations de sanctions sévères par un comité disciplinaire. En somme, que le COM n’est pas responsable ! Aussi, Philippe Hao Thyn Voon sait mieux que nous que l’issue de cette affaire, par le biais des institutions comparées à des “bouledogues sans dents”, ressemble plus à un cul-de-sac qu’à autre chose ! Cela, en tenant compte du temps qu’elles prendront pour délibérer.

Or, si les dirigeants du COM avaient fait part d’un semblant d’humanité et de reconnaissance envers Bradley Vincent, cette affaire aurait dû être discutée entre gentlemen. Et non par ces voies menant à ce qui ressemble étrangement à un règlement de comptes. Et qu’on ne vienne surtout pas évoquer ces raisons bidons, d’appliquer les statuts du COM. Car alors, il faudra que Philippe Hao Thyn Voon nous explique pourquoi Aline Li Chuen Cheong est toujours membre du COM après avoir pourtant démissionné de sa fédération. Que son assemblée assume aussi ses responsabilités en appliquant ses propres règlements ! Au moins là, on pourra dire que le COM aura fait preuve de transparence et d’impartialité.

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