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La question

Mais qui conseille Pravind Jugnauth en matière de communication audiovisuelle ? Je sais, la question a été souvent posée et n’a obtenu aucune réponse, mais la situation continue à se dégrader. Pour Pravind Jugnauth. Pr

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enons la dernière affaire en date, celle de MT. Il aura pris quelques jours pour réagir aux accusations/allégations très graves faites à son encontre par son ancien complice dans Lakwizinn. Mais en fait, tout en démentant les accusations, Pravind Jugnauth a été obligé de reconnaître certains faits. Au départ, il nie l’existence d’une conversation avec l’ex-CEO, mais quand ce dernier commence à parler de date et de durée de conversation, il est obligé d’admettre, du bout des lèvres, l’existence de cet appel.

De la même manière, dans un premier temps, il nie avoir autorisé une third party à faire une inspection à la station de Baie-du-Jacotet. Mais quand on commence à parler de log book, d’images de télésurveillance, il admet trois choses d’un seul coup. Oui, il y a eu survey, il a été effectué par des « experts indiens » et il fallait l’autoriser, « sinon ki mo ti pou al dir Narendra Modi ? » Un comportement de petit frère ne voulant pas décevoir son aîné peut être valable dans un contexte familial, mais certainement pas dans le cadre d’une relation entre Premiers ministres d’États souverains. Quant au rapport écrit sur le survey, dans un premier temps, le PM nie son existence, puis apparaît dans les couloirs du PMO une feuille dactylographiée sans en-tête confirmant les dires du PM. Sauf que le signataire devait faire état d’un autre rapport – le vrai ? – écrit dans les règles sur le bon papier, avec en-tête, confirmant les dires de l’ex-CEO que le PM avait démentis. Au lieu de démentir et de réduire SS au silence, toutes les interventions du PM n’ont fait que conforter ses accusations et augmenter sa crédibilité.

Au lieu d’entamer une « carême kozé » – tout au moins sur ce sujet-là – et tout en affirmant que l’enquête de la police allait révéler la vérité, Pravind Jugnauth a continué à parler de l’affaire et son ex-ami. Parfois, en termes vulgaires comme le « li kontan met dan trou » en parlant de golf. Des ministres ont également tenté de venir à sa rescousse pour justifier l’injustifiable. Celui de l’informatique s’est couvert de ridicule en déclarant qu’on ne pouvait pas mettre trop de données sur un ordinateur sous peine de le faire éclater. Les internautes l’ont tellement tourné en bourrique qu’il a fini par aller donner une déposition à la police pour dire qu’il pensait que sa vie était menacée. Il faut que quelqu’un lui dise que si on ne peut pas faire éclater un ordinateur avec trop de données, de même, le ridicule ne tue pas. Même les ministres pas tout à fait compétents. Et puis, parmi les défenseurs de Pravind Jugnauth, il y a eu celui qui est déjà entré dans l’histoire en affirmant qu’il faut casser des omelettes pour faire… des œufs. Avec ses informations non vérifiées, il est entré dans une histoire de défi qu’il a relevé avant de déclarer forfait, le terrain du duel ne lui convenant pas. Et avant, il y avait eu la guerrière autoproclamée, celle qui, dès les premières dénonciations, voulut se faire passer pour une auditrice citant le Mahabharata pour clouer au pilori l’ex-ami de Pravind Jugnauth. Comme les déclarations révisées au fur et à mesure du PM, les grossières tentatives de ses ministres de détourner l’attention n’ont fait que le ridiculiser davantage.

On aurait pensé qu’après un mois de déconvenues, le PM allait enfin se taire en attendant les résultats de la fameuse enquête de la police. Mais non. Son conseiller lui a concocté une adresse du PM à la nation, mercredi dernier. Annoncée pendant toute le journée sur les chaînes de la MBC et les réseaux sociaux, on s’était dit que Pravind Jugnauth avait obtenu les preuves qui allaient contraindre Sherry Singh au silence, puis en arrestation dans un de ces cachots où l’on enferme ceux qui osent traiter les maires de gopias. Et puis, pendant un peu plus de cinq minutes, Pravind Jugnauth a répété ce qu’il dit depuis le début de l’affaire : les allégations/accusations sont fausses et l’enquête de la police fera éclater la vérité. Est-ce que la reprise de ce refrain qu’il chante depuis un mois nécessitait une « adresse à la nation ? » en mobilisant toutes les chaînes de la MBC ? Encore une fois, Pravind Jugnauth s’est ridiculisé en allant à la télévision, mercredi soir.

D’où la question posée au début de ce billet d’humeur !

Jean-Claude Antoine

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