— Alors, il paraît qu’il y a un mari embouteillage devant chez vous ?

— Un embouteillage ? Pas du tout. Depuis que les travaux du métro sont finis, la situation est revenue à la normale devant chez nous. La rue est tranquille comme avant.

— Ayo, je ne voulais pas parler de devant chez vous, ta maison, mais devant chez vous : ton parti.

— Qu’est-ce qui arrive avec mon parti ? Tu ne vois pas comment il fait trembler le gouvernement au Parlement. Tu as vu comment Bhagwan les a traités cette semaine. C’est ça le MMM !

— C’est pas de ça que je voulais te parler, moi. Mais du grand retour à lakaz mama.

— Qu’est-ce que tu es en train de radoter ? Quel retour lakaz mama encore ?

— Arrête de faire ton innocente, donc. Ne me dis pas que tu n’écoutes pas les radios et tu ne lis plus les journaux aster la ?

— Ayo ils sont tous remplis des scandales du gouvernement, toi. Un par jour au moins.

— C’est pas de ça que je veux te parler moi.

— Arrête de casser contour et viens droit avec moi. De quoi tu veux parler, foutour va ! ?

— Du grand retour au MMM de ceux qui l’avaient quitté pour aller former d’autres partis politiques.

— Ah, c’est de ça que tu es en train de parler. Ecoute, c’est bien simple : il y a des militants qui se sont laissés manipuler, entraîner et ont quitté le parti. Ils ont vite compris qu’ils ont fait une grossière erreur, l’ont reconnue et veulent revenir à lazkaz mama, comme tu dis. Où est le problème ?

— Après tout ce qu’ils ont pu dire sur le parti et le leader ? N’oublie pas qu’ils sont partis pour montrer au MMM comment faire la politique autrement.

— Le fait qu’ils reviennent prouve que c’est au MMM qu’on fait la bonne la vraie politique, pas ailleurs ! Ce sont des enfants égarés qui reviennent à la maison. Au MMM, on est généreux et on sait pardonner.

— Si c’est comme ça, et s’il demande pardon, Collendavelloo pourrait aussi revenir au MMM, alors ?

— — Écoute, là tu es en train de causer un mari n’importe ! Moi, je te parle de militants sincères qui ont fait une grosse erreur. Pas de vermines qui ont essayé de finir le parti.

— Mais tous ceux qui ont quitté le MMM ont dénoncé le leader et les instances et ont essayé de détruire le parti mauve.

— il y a les militants sincères qui se sont laissé entraîner et il y a les frustrés qui ont essayé, par tous les moyens, de détruire le parti. Comme on dit, il ne faut pas confondre torchons et serviettes.

— Les revenants vont apprécier de se faire traiter de serviettes ! Mais dis-moi un coup, les militants qui sont restés au parti, les fidèles, ils vont accepter que les enfants égarés reviennent lakaz mama et reprennent leurs places, comme si de rien n’était ?

— Ah, non ça ne va pas se passer comme ça ? Tu sais, contrairement aux autres partis, le MMM n’est pas un bazar où on rentre et on sort quand on veut. Chez nous, il y a des principes et des procédures démocratiques à respecter.

— Mais on m’a dit que le leader et les instances dirigeantes avaient déjà souhaité la bienvenue à certains revenants.

— Voilà où tu te trompes encore : le MMM n’est pas un parti où c’est le leader qui décide tout le temps, comme au PTr au MSM ou au PMSD. Toutes les décisions doivent être ratifiées par les instances du parti.

— Tous les partis politiques disent ça, mais on sait que, en fin de compte, c’est le leader et les membres du BNP qui décident.

— Je te répète : pas au MMM. D’ailleurs, c’est à cause de ça même que le cas d’un candidat au retour est pending.

— On dirait que toi aussi tu casses des contours, maintenant ! De quelle affaire tu veux parler.

— On m’a dit qu’il y a un candidat au retour qui a pensé qu’il pouvait dresser ses papiers en allant voir le boss et certains membres du BP. Il pensait que comme ça son retour allait passer comme une lettre a la poste.

— Il y a eu un problème ?

— Lui était tellement sûr que tout allait se passer sans problèmes qu’il a annoncé sa démission du parti qu’il avait créé en quittant le MMM.

— Et alors, qu’est-ce qui s’est passé ?

— Quand la proposition de son retour est arrivée au bureau politique, des membres ont dit qu’il fallait suivre la procédure et envoyer le cas devant le comité central. Le BP a été obligé de le faire.

— Ayo, toi ! Et le candidat au retour qui avait déjà annoncé sa démission de son autre parti !

— Oui, toi, il avait envoyé une lettre dans la presse et les radios pour annoncer et expliquer sa démission.

— Ça même qui s’appelle vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué !

— Cette affaire te prouve que j’avais raison sur toute la ligne.

— Tu avais raison sur quoi, déjà ?

— Qu’au MMM quand on a démissionné du MMM, même si on a la bénédiction du leader, on ne retourne pas au parti comme on rentre dans un bazar !