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Le concours

— Je trouve que tu es trop tranquille ce matin. Qu’est-ce qui se passe comme ça ?

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— Il se passe rien du tout. Je suis stressée par cette affaire de Covid là, comme tout le monde.

— Non, tu n’es pas comme d’habitude. Quelle contrariété que tu as eue ?

— Moi, non. Tout va bien, je te dis.

— Toi, tu as eu un biz-biz avec ton bonhomme. C’est la seule explication.

— Mais non, je n’ai pas eu de biz-biz avec qui que ce soit.

— C’est pas possible avec la figure que tu fais.

— Ayo, mais arrête de me miner avec tes questions donc !

— Écoute, je te connais par cœur et je sais quand tu n’es pas dans ton assiette. Alors, dis-moi ce qui s’est passé.

— Mais tu es mari minente, toi. Je te dis que je suis ok.

— Sorry bonne femme, mais tu as une figure un peu drôle, drôle, comme si tu étais déconcertée.

— Ayo, tu ne vas pas me lâcher même là ? Bon, si je te raconte…

— Tu vois, je savais bien que tu avais eu quelque chose…

— Attends un coup. Si je te raconte, il faut me promettre que ça va rester juste entre nous.

— Mais enfin, pour qui tu me prends ? Pou enn lagazet chiffon beu ?

— Tu dis ça, mais la dernière fois que je t’ai dit une affaire sur la secrétaire de l’étage d’en haut, avant la fin de la journée, tout le bureau était au courant !

— Je t’ai déjà expliqué que j’ai fait la bêtise de dire ça à ma collègue, c’est comme si j’avais posté un message sur internet. Quand tu causes avec elle, c’est comme si tu causais directement à la radio !

— Et non seulement elle répète tout ce que tu lui dis et elle dit qui l’a dit, mais en plus elle ajoute des bouts qu’elle invente, toi !

— En tout cas, moi, depuis cette affaire-là, j’ai tourné zoreille, je n’ouvre plus ma bouche avec elle. Alors, qu’est-ce qui t’es arrivé ?

— Figure-toi que ce matin j’ai reçu… Attends ! Ça va rester entre nous, hein ?!

— Je te promets que je ne dirai rien à personne, même pas à mon bonhomme.

— Tu gardes ça juste pour toi, hein ! C’est bien compris, sinon, on va me bouffonner.

— Ayo, tu commences à me faire avoir des tracas là… C’est aussi grave que ça ?

— Laisse-moi te raconter. Donc, j’ai reçu un message WhatsApp sur mon portable pour me dire que j’avais été sélectionnée pour participer à un jeu.

— Mais il ne faut jamais répondre à ces messages-là, ce sont des arnaques.

— C’est ce que j’ai pensé tout de suite. Mais j’ai bien regardé,il y avait le logo, le papier en-tête et tout, toi.

— Le logo de quelle compagnie ?

— Celui de ma banque à moi, toi.

— Tu veux dire la grande banque, celle qui vient d’avoir un prix là ?

— Ça même, toi. Donc, j’ai répondu aux questions et figure toi que j‘ai gagné.

— Un seul coup comme ça tu as eu la bonne réponse ? Tu n’as pas trouvé ça un peu louche ?

— Tu sais je ne suis pas aussi bête que ça, hein. Il fallait juste choisir dans quelle tirelire il y avait de l’argent. Un coup de chance j’ai appuyé sur la bonne tirelire et j’ai gagné Rs 10 000.

— Eh ben, félicitations ! C’est carrément un cadeau du Bonhomme Noël. Tu devrais être fière d’avoir gagné. Tu as fini de toucher tes Rs 10 000 ?

— Non. Parce que pour avoir le prix, il fallait envoyer la liste de vingt personnes et mon adresse et mon téléphone…

—… et les détails de ta carte bancaire, je parie ?

— J’ai arrêté avant d’arriver à cette étape du concours.

— Sans prendre les Rs 10 000 que tu avais gagnées ? Mais ta tête n’est pas bonne !

— Laisse-moi t’expliquer sans me couper avec tes commentaires, foutour va !

— Manman, il ne faut pas monter sur tes grands chevaux, comme ça ! Pourquoi tu n’as pas pris ton argent ?

— Je t’ai déjà dit que pour continuer il fallait envoyer les adresses mail de vingt personnes. Et comme j’avais peur d’effacer la page où j’avais gagné les Rs 10 000, j’ai demandé à ma fille de venir m’aider.

— Moi-même j’aurais pu envoyer les vingt noms pour toi. Pourquoi tu ne m’a pas téléphoné ?

— Franchement te dire, je n’ai pas pensé. J’avais déjà fini de calculer comment j’allais dépenser les Rs 10 000 et puis ma fille est arrivée…

— Qu’est-ce qu’elle a fait ?

— Elle a commencé par casser mon nissa, pour parler vulgairement, en disant que c’était une arnaque pour avoir les numéros des cartes bancaires des gens. Je lui montré le logo tout ça et elle m’a dit qu’il n’y avait qu’une chose à faire pour savoir la vérité.

— Quelle chose ?

— Téléphoner à la banque pour demander si elle faisait actuellement une promotion sur WhatsApp. Elle a téléphoné et a réussi à parler a une employée qui a dit que la banque ne faisait pas de promotion ou de concours par téléphone !

— Tu vois, je t’avais bien dit que c’était une arnaque pour avoir tes numéros de cartes pour vider ton compte. Mais comment est-ce que tu as pu croire qu’au lieu de prendre de l’argent une banque allait en distribuer dans un concours par téléphone ! ?

— Tu comprends maintenant pourquoi ça doit rester entre nous ? Sinon on va risser ma corde pendant des semaines et des semaines !

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