Abus sur les enfants – Ali Jookhun (travailleur social) : « On a plein de structures, mais nos enfants sont toujours maltraités ! »

« Pourquoi ça flanche ? » se demande le militant engagé de la condition des enfants, surtout ceux souffrant de handicaps.

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Militant très connu pour son engagement en faveur des enfants, surtout ceux souffrant de handicaps, Ali Jookhun a décidé de monter au créneau. Son propos : « Il ne se passe pas un jour sans qu’il y ait des cas d’abus sur des enfants, soit des cas de maltraitances diverses. Pourtant, il existe une foule de structures d’aide et de soutien, destinées justement à tous ces types de problèmes. Pourquoi et comment est-ce que ça flanche ? Qui sont les responsables ? »

D’entrée de jeu, Ali Jookhun déplore qu’« avec toutes ces structures d’aide et de soutien dont dispose le pays, nous enregistrions pourtant encore des cas de violence, d’abus et de maltraitances diverses » sur nos enfants. Le travailleur social énumère les « trop nombreux cas » d’abus et d’agressions sur les mineurs. « Chaque jour qui passe, les journaux rapportent des cas où des adultes s’en prennent à des enfants, et dans certains de ces cas, on retrouve des enfants en situation de handicap, car ils sont encore plus vulnérables ! »

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Le président de l’Ong U-Link observe : « Oui, certes, le Children’s Bill viendra dynamiser l’ensemble de la réponse. Mais quand nous avons déjà une foule de structures, censées justement veiller à l’épanouissement et au bon développement de nos enfants, et qu’il y en a tout autant qui ont été créées pour protéger ceux qui sont les plus vulnérables dans la société, pourquoi est-ce que ces structures ne répondent pas à la demande ? Pourquoi y a-t-il encore et toujours des enfants, des êtres sans défense, qui sont victimes d’agresseurs, de prédateurs ? Où est-ce que ces structures flanchent ? Est-ce qu’il y a, à leur tête, les « right persons », qui ont des formations et qui sont conscientes des conventions et droits des enfants ? »

Notre interlocuteur continue : « Il existe à ce jour dans le pays sous la National Children’s Council Act de 2003, 21 centres qui sont opérationnels et qui ont des responsables payés par l’État. Ça, c’est un exemple. Il y a encore plusieurs structures, comme la CDU, qui a été “splittée” pour héberger l’Alternate Care Unit, les Youth Centres nationaux, les Children’s Club… Avec toute cette panoplie, on devrait, à l’heure actuelle, ne plus avoir d’enfants qui se retrouvent à la rue, contraints de mendier, comme on l’a vu dans l’actualité ces derniers jours. Ou d’autres qui ont été confiés à des hôpitaux parce que des “shelters” sont surpeuplés. » M. Jookhun est révolté à ce propos : « Comment arriver à une telle situation ? Livrer des enfants, déjà fragilisés en ayant été élevés et évoluant dans un environnement précaire, à eux-mêmes, en les laissant à la garde du personnel soignant qui, eux, ont évidemment bien d’autres soucis sur les bras ? »

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Le travailleur social, engagé dans la lutte pour le respect des droits des enfants, fait remarquer : « Sous l’égide du ministère de l’Éducation également, il existe des structures qui vont dans le même sens que celles se trouvant sous le ministère de l’Égalité des genres et du Bien-être de la famille. Avec tout cela, nous devrions pouvoir assurer aux enfants de notre pays des espaces d’épanouissement sains, des divertissements, des terrains d’apprentissage et des jeux… Bref, des possibilités d’évoluer et de grandir en toute sécurité. Pourtant, des enfants se font agresser, maltraiter, abuser… C’est révoltant ! »

Pour Ali Jookhun, « les institutions, agences nationales et autres espaces ne manquent pas » à Maurice. Il est ainsi d’avis qu’avec le nombre grandissant d’enfants ayant porté plainte pour abus sexuels ces derniers temps, « il y a là aussi des structures pour identifier les enfants qui sont victimes de pédophilie, par exemple ». Il rappelle qu’«au sein de nos écoles et collèges, il existe déjà des espaces, et s’il faut former davantage nos enseignants et personnel non-enseignant à détecter des comportements d’enfants et de jeunes victimes d’abus, il faut le faire ! »

Ali Jookhun remarque aussi : «Maurice dispose d’une foule de comités, sous-comités, certains “high powered”, d’autres modestes… Est-ce que tous ces organismes fonctionnent comme il le faut ? N’est-il pas grand temps de donner un sérieux coup de balai et remettre à niveau tous ces services, car c’est de l’argent du contribuable que sont payés tous ceux qui sont nommés et employés dans ces instances ? Si ce gouvernement “means business”, il faudrait sérieusement prendre quelques mesures ! »

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