Economie : les exportations face au spectre d’un autre confinement…

L’un des secteurs grandement touchés par la pandémie de COVID-19 est celui de l’exportation. Les chiffres le confirment en effet. Les exportations ont chuté de 81% en avril dernier à la suite du confinement décrété à Maurice. Si un rebondissement a été noté depuis le mois de mai, la visibilité demeure toutefois très faible à cause du spectre d’une deuxième vague.

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Pilier économique et source essentielle de revenus au pays à hauteur de quelque Rs 42,5 milliards, les entreprises tournées vers l’exportation ont poursuivi leurs opérations durant la période de confinement, au mois de mars. « Ce secteur a opéré dans une situation difficile », concède le ministre de l’Activité économique, Sunil Bholah, qui faisait le point, lundi matin à Port-Louis, sur la situation du secteur manufacturier et les industries tournées vers l’exportation post-COVID-19. « Les difficultés ont été énormes pour les entreprises. Une interruption, notée dans le flux de leurs commandes, est liée principalement à l’importation des matières premières », explique le ministre.

Face à une situation sans précédent, une chute vertigineuse de 81% dans les exportations a été notée uniquement en avril de cette année. Le deuxième coup sur ces entreprises relève de la rupture dans la chaîne de commandes vu que les grands marchés de Maurice, tels l’Europe, les États-Unis et l’Afrique du Sud, n’ont pas été épargnés. « Les opérateurs ont aussi fait face aux problèmes de logistique car des commandes étaient déjà prêtes à être exportées, mais les vols y manquaient », dit-il. Les services portuaires ont aussi été chamboulés. Débutant à nouveau les opérations post-COVID-19, il dit rester prudent car les entreprises doivent toujours « s’ajuster ».

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Quant à la reprise constante des activités à compter de juin dernier, il avance que les clients conservent leur confiance dans les exportateurs mauriciens et, de ce fait, continuent de passer des commandes. « Les opérateurs sont confiants que nous surmonterons les difficultés. Nous n’avons aucun client qui a abandonné le marché mauricien », estime le ministre.

Et celui-ci d’ajouter que la COVID-19 a permis aux entreprises d’innover pour faire face à la nouvelle normalité. Malgré l’incertitude du moment, Sunil Bholah avance que l’optimisme est affiché mais la prudence reste de mise. « Il ne faut pas oublier que la COVID-19 continue à faire des ravages dans le monde », dit-il. Sunil Bholah se réjouit qu’il n’y ait pas de fermeture d’usine dans ce secteur. Les autres piliers économiques, dont le tourisme, ajoute-t-il, sont quasiment à genou.

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Une légère amélioration devait être notée au mois de mai avec une baisse que de 59% sur le plan des exportations. « Avec la confiance des clients et des fournisseurs dans l’industrie mauricienne, elle a rebondi », fait-il ressortir. Pour pouvoir assurer leurs activités, certaines entreprises ont dû se tourner vers la fabrication de masques, de Personal Protective Equipment (PPE), de Face Shields et de désinfectant. Grâce à ces activités, il avance qu’un « petit marché » a été trouvé car les PPE ont été exportés vers l’Afrique du Sud et la Réunion. Ces équipements ont aussi été vendus à Maurice.

Le secteur manufacturier existe depuis maintenant 50 ans. Des lois ont été votées dans les années 70 en vue de développer ce secteur et accroître la richesse à Maurice. « Nous sommes toujours un marché source d’exportations », dit-il.

Le secteur du textile et l’habillement représente 53% des exportations totales. Le deuxième sous-secteur, qui attire d’importantes commandes, est le poisson et ses dérivés. Les exportations totales de ce secteur est de 23% suivi de la joaillerie, qui est de 10% ; et en dernier lieu, les équipements médicaux sont le quatrième secteur principal. Elles sont 43 500 personnes employées dans les entreprises manufacturières tournées vers l’exportation. De ce total, 20 000 sont des expatriés. Les revenus s’élèvent à Rs 42,5 milliards directs. Sunil Bholah avance que ce secteur a développé sa résilience et s’est développé avec le temps.

À ce sujet, il cite le textile, qui a intégré d’autres processus pour une intégration verticale. Selon lui, les opérateurs fabriquent des produits de renommée internationale. « Cela démontre la confiance que les clients étrangers ont dans le secteur du textile et de l’habillement », dit-il. Les quatre sous-secteurs représentent 64% de nos exportations totales devenant ainsi un pilier de notre économie.

Par ailleurs, une étude intitulée « Industrial Policy Strategic Plan 2020-2025 » par l’UNCTAD continue. L’étude qui a débuté avant la période COVID-19 et devra paraître en octobre.

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