Les trois petits cochons… ensemble

DANIELLE PALMYRE

Les trois petits cochons sont sur leur bouée et sont maintenant recouverts de mazout. Ils sont tristes et se demandent de quoi demain sera fait. Ils frissonnent dans le froid de l’hiver.

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Dans la grande étendue noire, seul le silence leur répond …

Les trois petits cochons s’accrochent à leur bouée. Ils ont traversé bien des épreuves depuis que le grand méchant loup a voulu les dévorer un à un, après avoir détruit chacune de leurs maisons.

Les trois petits cochons ne veulent pas désespérer. Ils se tiennent par la main et ce contact les réchauffe. Les trois petits cochons se disent : « On a bien de la chance d’être trois, de ne pas être seul chacun de son côté… Quand on se battait pour vivre chacun dans sa maison, on a failli se faire dévorer par le grand méchant loup… Seul on croit qu’on va plus vite, mais c’est ensemble qu’on va plus loin. »  Cette pensée les réconforte. D’ailleurs n’ont-ils pas senti cette fabuleuse énergie quand ils faisaient les boudins pour calfeutrer leur maison de paille et d’eau !

Les trois petits cochons se disent : « Qu’est-ce qui pourrait nous aider à sortir de cette galère ? » Ils réfléchissent et mettent sur pied un plan d’action. Il y a une crique qui pourrait les abriter pour la nuit. Au matin, à tête reposée, ils pourraient chercher ensemble des solutions.

Pendant qu’ils pagaient pour atteindre cette crique sur leur bouée de fortune, le vent se lève et les vagues les submergent. La bouée se renverse et les trois petits cochons tombent dans la mer noire. Quelle longue chute ! La panique s’empare d’eux. Ils ont le réflexe de se raccrocher l’un à l’autre, et ils coulent ensemble au fond de l’océan. Les trois petits cochons ont peur, très peur, et bientôt ils touchent le fond noir et glacé…

Ils doivent habituer leurs yeux à voir dans la marée noire. Est-ce qu’ils vont  trouver comment remonter ?  Autour d’eux, il n’y a rien … Ils se regardent et, petit à petit, dans le fond noir de la marée noire, ils voient briller trois petites étoiles, une en chacun d’eux. Dans le premier brille l’étoile de la Vision. C’est bien utile pour voir plus clair dans cette obscurité des profondeurs. Dans le deuxième brille l’étoile de l’Espoir. C’est bien utile pour respirer dans cette marée noire ! Dans le troisième brille l’étoile de la Confiance. C’est bien utile pour remonter à la surface quand on a touché le fond.

À la lumière de leurs trois petites étoiles, les yeux des petits cochons commencent à mieux voir dans l’obscurité. C’est alors qu’ils distinguent une longue tresse de cheveux quadricolores qui semble les inviter. Vite ils s’y raccrochent. S’ils la suivent, ils retrouveront l’air libre.

Les trois petits cochons s’entraident pour que chacun d’eux puisse maintenir la Vision pour ne pas s’égarer, prendre une bonne inspiration d’Espoir et se propulser par la Confiance. Ils se relaient et s’encouragent et, après bien des efforts, finissent par remonter à la surface. Éreintés, exténués, ils atteignent la crique.

Les trois petits cochons sont à l’abri maintenant. Ils sont déterminés à ne pas baisser les bras. Ils savent que ça prendra du temps, beaucoup de temps pour reconstruire leur maison de paille et d’eau.

Ils se disent : « Avant, nous avions trois maisons et nous avons failli mourir. Maintenant nous savons que nous n’avons qu’une maison et c’est ensemble que nous devons l’habiter, pour être plus forts devant les marées noires. Nous savons maintenant ce qui nous unit : l’amour de notre maison de paille et d’eau. Elle est notre berceau, notre ancre, notre lien mystique. Elle abrite tous nos rêves d’enfants et tous nos souvenirs. Elle est la promesse de notre avenir. »

Les trois petits cochons ont, maintenant, au fond du cœur une force qui les pousse en avant. Ils ont une Vision qui les guide telle une boussole. Ils ont Confiance les uns dans les autres. Ils ont surtout l’Espoir qui gonfle les voiles de l’impossible.

Les trois petits cochons se disent encore: « Peut-être fallait-il qu’on la perde… notre maison de paille et d’eau… Peut-être fallait-il qu’on coule ensemble au fond de l’océan … Peut-être fallait-il que nos larmes se mêlent pour qu’on se rende compte qu’un même sang coule dans nos veines… Qu’allons-nous décider ? Quelle sera la forme de notre nouvelle maison de paille et d’eau ? Comment allons-nous la construire ensemble? »

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