Air Mauritius : L’AMCCA réclame le paiement de l’intégralité des salaires de base

La réouverture des frontières le 15 juillet représente une lueur d’espoir pour le personnel navigant d’Air Mauritius. Toutefois, dans la conjoncture, l’Air Mauritius Cabin Crew Association (AMCCA) appelle à la vigilance. C’est ce qui ressort d’un courrier en date du 2 juillet. « Ensemble nous pouvons, unis, nous restons », c’est le cri de bataille adressé aux membres de l’AMCCA par le comité exécutif.

- Publicité -

L’essentiel du message de l’AMCCA est un credo : « Notre transporteur national a joué et continuera de jouer un rôle actif en tant que l’un des principaux piliers de l’industrie du tourisme pour soutenir l’économie de notre patrie. » Mais l’AMCCA ne manque pas de pointer du doigt les dirigeants de la compagnie et les administrateurs : « Le syndicat constate avec tristesse que certaines institutions, et surtout notre employeur, sont à la traîne pour être en phase avec la réalité du terrain, que ce soit pour le protocole sanitaire, la prestation de services, les charges de travail supplémentaires sans rémunération… » Ainsi pour défendre l’intérêt de ses membres, l’AMCCA a énuméré une série de mesures pour une amélioration des conditions de vie sanitaire et salariale de ses employés. Elle demande aux administrateurs, entre autres, de garantir l’intégralité du salaire de base de chaque employé d’Air Mauritius.

L’AMCCA met l’accent sur « le soutien inestimable et la contribution des membres du personnel » de la compagnie aérienne nationale en cette période extrêmement difficile. Cependant, le comité exécutif de l’association plante le décor des difficultés qui perdurent : « Des temps plus difficiles arrivent car le Covid-l9 et de nouveaux variants ont soulevé des inquiétudes urgentes. Et le fait que le processus d’administration volontaire ait été reporté. La watershed meeting a été prolongée pour janvier 2022. Cela laisse un sentiment d’incertitude sur les moyens de subsistance et l’avenir de chacun des membres de la famille MK avec sa charge de stress permanent », indique l’AMCCA.

- Publicité -

Des mesures en faveur des employés

Dans ce contexte délétère, l’AMCCA ne compte pas rester les bras croisés. Le syndicat du personnel navigant a donc pris une série de décisions pour protéger et défendre les droits de leurs membres : (1) que le GWAS soit payé à tous les membres d’équipage éligibles depuis octobre 2021 ; (2) qu’un paiement rétroactif pour tous les membres qui ont été victimes de discrimination négative soit octroyé. (Pour rappel, le gouvernement avait déjà approuvé 9 milliards de roupies en faveur de MK pour couvrir les coûts estimés de l’entreprise, ce qui couvrait aussi tous les frais de personnel, donc le salaire de base de chaque employé) ; (3) que les administrateurs garantissent l’intégralité du salaire de base des employés de MK.

- Advertisement -

En effet, le maintien des conditions de travail à temps partiel pour seulement une certaine catégorie de travailleurs, jusqu’en janvier 2022, jugé injuste et inacceptable par le syndicat, l’augmentation du nombre de vols programmés à partir du 15 juillet, les indemnités non payées, la réduction des coûts sur les opérations, et la vente des avions, font que des économies importantes ont été réalisées et une progression de revenus attendue.

Par ailleurs, le syndicat propose qu’un dossier soit transmis au CCM pour le rétablissement de la convention collective. Si aucune solution possible n’est trouvée au CCM, l’affaire sera renvoyée devant l’Employment Rights Tribunal. Des conseils juridiques ont déjà été sollicités à ce sujet.

Enfin, l’AMCCA annonce qu’elle compte préparer la réunion du watershed meeting en janvier 2022 et a déjà informé le Registrar des Associations du renvoi de l’AGM 2021-2022 à une date ultérieure en raison des restrictions imposées aux rassemblements publics.

La sécurité des “frontliners”

Dans cette conjoncture difficile, le syndicat du personnel navigant avance que l’ouverture des frontières représente une partie importante de la solution pour tendre vers une nouvelle normalité, et rappelle l’importance pour les frontliners et leurs familles d’être en sécurité. Selon le comité exécutif, il a agi assidûment, et avec détermination, pour apporter des changements indispensables au protocole sanitaire du personnel navigant sur leur lieu de travail qui n’était jusque-là pas adapté à la « new normal ».

L’AMCCA explique à ses membres que la bataille est loin d’être gagnée car en matière de Covid, la situation ne cesse d’évoluer. À ce sujet, l’AMCCA regrette et constate que l’équipe dirigeante « est complètement dépassée par les réalités du terrain ». Selon l’association, l’employeur est aveuglé par la priorité accordée aux considérations commerciales par rapport à la santé et la sécurité des membres d’équipage. Sans compter l’opacité autour de laquelle les opérations sont exécutées et l’absence de documentation appropriée partagée avec les employés sur SharePoint. Enfin, plus grave encore, estime-t-elle, le non-respect des accords, que ce soit sur la convention collective ou sur les contrats personnels de travail, « est imputé aux dirigeants ».

EN CONTINU
éditions numériques