Tirs croisés – Violence basée sur le genre : Ces lacunes qui perdurent…

Le Plan d’action et de stratégie nationale sur l’élimination de la violence basée sur le genre a fait l’objet de discussions au plus haut niveau de l’Etat la semaine dernière. Et le Premier ministre a renouvelé l’engagement du gouvernement dans la lutte contre ce fléau. Quels changements apporter et sur quelles actions se focaliser pour des solutions vraiment efficaces ?

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Bruneau Woomed, coach et citoyen engagé dans la lutte contre la violence domestique, dit espérer qu’il ne s’agit pas uniquement d’effets d’annonce « mais qu’on verra des progrès ». Pour lui, les actions laissent à désirer en ce qui concerne le soutien aux victimes. « Il y a un travail à faire au niveau de la reconstruction des victimes. On a des structures pour les aider physiquement mais pas en termes psychologiques et de l’accompagnement personnel », constate-t-il. Il souligne de plus l’importance d’un accompagnement pour les bourreaux. Il considère que la réhabilitation est un “must” « pour ceux qui sont récupérables, pour apprendre à gérer sa colère, ses émotions ».

Ex-victime et cofondatrice de la plateforme Stop Violans Kont Fam, Catherine Prosper espère que les travaux du gouvernement porteront sur un travail concret « avec un plan d’action qui va vraiment refléter les besoins qui sont vraiment nécessaires dans cette lutte ». Elle attire l’attention sur « de grosses lacunes », estimant qu’il est temps « de lancer un appel au judiciaire pour que la loi soit appliquée strictement et non pas donner aux agresseurs de multiples chances de s’en sortir et attendre qu’ils récidivent et que la victime parfois perde la vie ».

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Elle insiste sur un plan de logement. « Beaucoup de femmes me disent qu’elles n’arrivent pas à quitter le toit parce que louer une maison coûte au minimum Rs 8 000 par mois. Le gouvernement ne peut se contenter de dire aux femmes de sortir d’une relation, de “voice out” alors qu’il n’y a aucune structure derrière. Il faut des options. »

Si Ramola Ramtohul, chargée de cours en sociologie et études sur le genre à l’université de Maurice, trouve le plan d’action très détaillé, son seul souci, « est la mise en œuvre ». Elle se demande si « nous serons à même de réaliser toutes ces mesures qui ont été listées et dont on a effectivement besoin ». Elle espère que « cela fera une différence et apportera des changements par rapport à ce qui a été le cas dans le passé ». Elle note que le niveau de compréhension de la question de gender est encore relativement faible à Maurice.
Pour une lutte efficace contre la violence basée sur le genre, dit-elle, l’accent doit être mis sur l’éducation dès le plus jeune âge. « Les femmes et les hommes doivent être conscients de leurs droits. » Elle recommande un module sur le genre dans le programme scolaire. Par ailleurs, elle est d’avis « qu’il faut voir pourquoi il y a des goulots d’étranglement dans certaines institutions et ce qu’il faut faire pour les enlever ».

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BRUNEAU WOOMED (COACH) :

« Les victimes ont besoin de se reconstruire »

La réalisation du Plan d’action et de la stratégie nationale sur l’élimination de la violence basée sur le genre a été au centre des discussions cette semaine lors du quatrième High-Level Committee présidé par le PM. Celui-ci a réitéré l’engagement du gouvernement dans la lutte contre ce fléau. Que vous inspirent ces travaux au niveau des autorités ?
C’est un pas très positif car les discussions ont lieu au plus haut niveau des autorités alors que précédemment les travaux étaient pilotés par un ministère. J’ai le sentiment, et j’espère que c’est le cas, que l’envergure du problème a été prise en compte, que le gouvernement a réalisé qu’il faut réagir au plus haut niveau et qu’il ne s’agit pas seulement de l’affaire du ministère de l’Égalité des genres.

Quelles sont vos attentes par rapport à cette volonté affichée du gouvernement d’« éliminer » toute forme de violence envers les femmes et les hommes ?
Il faut être réaliste. On ne pourra pas éliminer ce problème de violence. Mes attentes, c’est qu’on prenne à bras-le-corps le problème tel qu’il existe et qu’on s’inspire de ce qui se fait ailleurs pour mettre des structures. Le sentiment que j’ai, c’est qu’on ne se rend pas compte à quel point c’est un problème grave. J’ai l’impression qu’on le minimise en se disant que tant qu’il y aura des hommes et des femmes, ce sera pareil. J’ai le sentiment que cela n’a pas été appréhendé à sa juste dimension jusqu’à l’heure. J’espère donc que petit à petit on va mettre en place des réponses pour atténuer le problème.

L’espoir est-il permis quant à des changements conséquents ?
Je l’espère et j’espère que ce ne sera pas seulement des effets d’annonce mais qu’on verra des progrès. Je donne le bénéfice du doute aux autorités.

La ministre de l’Égalité des genres et du Bien-être de la famille a souligné que beaucoup a été fait au regard de la sensibilisation à ce problème. Outre la sensibilisation, qu’est-ce qui importe d’être fait pour lutter efficacement contre le problème aujourd’hui ?
Pour moi, le problème se situe à au moins quatre niveaux. Dans le passé, on n’a regardé qu’un ou deux aspects. La première chose, c’est la société en général et le regard de la société, la manière dont on a été élevé. La société évolue. Autrefois, il y a peut-être plus d’une 20 ans, une femme se faisait tabasser et on lui disait “ce sont les affaires privées du couple”. Il faut reconnaître que cela a évolué. Il y a une notion d’éducation et de sensibilisation. Même si notre société demeure patriarcale, une telle chose n’est plus acceptable.
Deuxièmement, au niveau des infrastructures en place, je pense qu’il y a eu des évolutions. Dans le passé, on racontait comment une femme qui allait porter plainte à la police se faisait presque sermonner. Certains même prévenaient le mari. Il y a eu un effort en ce sens. Troisièmement, le support aux victimes – il y a aussi des hommes, même si bien moins nombreux, qui ont besoin de se reconstruire. C’est là où l’on n’a pas fait assez. Il y a beaucoup de ces victimes qui ont de bons postes, qui ont peut-être fait des études supérieures et qui, quelque part, n’arrivent pas à expliquer comment elles se sont laissé embrigader dans une histoire toxique où elles se font tabasser et qu’elles ont tellement honte de cette situation qu’elles n’en parlent à personne. Personne n’est au courant de ce qui se passe.
Je dirais que c’est un facteur qui fait que ces victimes ont besoin d’un accompagnement, de thérapie, de coaching pour leur permettre de comprendre ce qui est arrivé et ce qu’il y a dans leur propre personnalité et comportement qui peut attirer ce genre de relation. C’est connu qu’il y a un lien entre la victime et le bourreau. Je ne dis pas que la victime est responsable mais quelque part elle est prédisposée à être victime. Il y a donc un travail à faire au niveau de la reconstruction de cette victime. C’est un troisième niveau de travail qui n’est pas très présent encore. On a des structures pour aider les victimes physiquement, mais là on parle beaucoup plus de l’aspect psychologique, de l’accompagnement personnel.
Le dernier niveau est l’accompagnement pour les bourreaux. On en a parlé depuis longtemps. Dans d’autres pays, par exemple en France et à La Réunion, quand quelqu’un a commis un acte de violence et passe en cour, il peut choisir, au lieu d’aller en prison, de passer en réhabilitation pour apprendre à gérer sa colère, ses émotions. Je dirais que c’est un “must”, surtout pour ceux qui sont récupérables. Concernant le niveau de violence, certains sont malheureusement presque irrécupérables, mais je pense qu’il y a une partie qu’on peut aider et qui pourra faire attention dans une relation future.
Donc, je recommanderais un travail au niveau de la société, un travail au niveau de la structure, un travail au niveau des victimes et des bourreaux. Je n’ai pas en détail ce que le gouvernement préconise mais pour moi, ces quatre axes sont importants. Je suis quelqu’un de positif, je suis positif à ce qui se fait mais je verrai aussi ce qui manque.

Il est un fait que les lois ne suffisent pas aujourd’hui à endiguer ce fléau. Comment améliorer les choses, légalement parlant, malgré tout ?
Ce qui se fait ailleurs. Aux États-Unis par exemple, quand les autorités interviennent, il y a plusieurs niveaux d’évaluation. Des personnes formées devraient pouvoir évaluer quel est le risque que le bourreau ne lâche pas et continue. Cela demandera peut-être une évaluation psychologique. Ce qui est connu, c’est que justement, quand les victimes quittent leur bourreau, elles sont plus à risque et c’est là qu’il y a souvent des assassinats. Quand le bourreau sent qu’il perd tout, l’emprise, etc., il sent qu’il n’a plus rien à perdre.
Beaucoup de cas de féminicide auraient pu être évités si on avait établi un profil psychologique du bourreau. Les autorités prennent la victime et les enfants pour les envoyer dans un endroit anonyme. La personne peut reconstruire sa vie. Même dans ces grands pays, il y a toujours des féminicides quand la victime minimise le danger en pensant être en contrôle.

Le mot de la fin…
L’espoir qu’on prendra conscience de la complexité de ce problème et qu’on initiera des actions.


CATHERINE PROSPER (EX-VICTIME) :

« Il y a de grosses lacunes »

La mise en œuvre du Plan d’action et de la stratégie nationale sur l’élimination de la violence basée sur le genre a été au centre des discussions cette semaine lors du quatrième High-Level Committee présidé par le PM. Celui-ci a réitéré l’engagement du gouvernement dans la lutte contre ce fléau. Que vous inspirent ces travaux au niveau des autorités ?
Ce que je peux dire, c’est que ces travaux étaient longuement attendus. Le High Powered Committee a été mis sur pied en décembre 2019 après qu’il y a eu une vague de féminicides à Maurice qui avaient choqué tous les Mauriciens. Je ne dirais pas que le retour de ces travaux aujourd’hui est un soulagement, mais on espère que cela va porter sur un travail concret avec un plan d’action qui va refléter les besoins qui sont réellement nécessaires dans cette lutte.
C’est quelque chose que nous accueillons à bras ouverts même si c’est après deux ans. On doit se rappeler qu’il y a eu deux confinements entre-temps. Ces travaux sont “most welcome” car il est plus que temps d’agir afin de prévenir. Qu’on n’attende pas une autre vague de victimes.

Plus concrètement, quelles sont vos attentes ?
Il y a de grosses lacunes. Par exemple, une victime, quand elle est dans une situation de violence, le plus souvent c’est elle qui doit quitter le toit pour aller dans un “shelter”. Elle prend son enfant avec elle et son quotidien est chamboulé alors que ce n’est pas elle qui est l’auteure de la violence. Il faut de la volonté pour changer tout cela. On a déjà des lois. Il est temps de lancer un appel au judiciaire pour que la loi soit appliquée strictement, et non pas donner aux agresseurs de multiples chances de s’en sortir et attendre qu’ils récidivent et que la victime parfois perde la vie.
Outre le “shelter”, il faut autre chose car la victime, pendant un certain temps, n’est pas apte à travailler, que ce soit physiquement ou émotionnellement. Je sais de quoi je parle car moi-même j’étais dans cette situation. Aller au travail alors que la veille ou le matin on a subi des violences… Il faut dans la loi qu’on prévoie quelques jours “off” pour que la victime se remette. Et un accompagnement psychologique pendant ces jours “off”. Si la victime ne travaille pas – beaucoup de conjoints ne sont pas d’accord que leur femme a une vie professionnelle – il faut une solution car elle n’a pas les moyens de louer une maison.
Il faut un plan de logement et leur donner des ressources. On ne parle pas ici d’assistanat. Beaucoup de femmes me disent qu’elles n’arrivent pas à quitter le toit parce que louer une maison coûte au minimum Rs 8 000 par mois. Elles se voient contraintes de rester avec leur bourreau. Il faut donc des plans de logement et des programmes liés à la vie pratique. Non pas uniquement des lois alors que la femme se voit obligée de retourner dans le foyer. Ce dont ces victimes ont besoin, c’est la dignité, un logement si elles quittent. Le gouvernement ne peut se contenter de dire aux femmes de sortir d’une relation, de “voice out” alors qu’il n’y a aucune structure derrière. Il faut des options.

Il est un fait que les lois ne suffisent pas aujourd’hui à endiguer ce fléau. Comment améliorer les choses légalement parlant malgré tout ?
La plateforme Stop Violans Kont Fam a pris des avis légaux. La plupart des avocats nous ont fait voir qu’à Maurice, nous avons des lois très bien régies par rapport à la violence basée sur le genre. Le problème, c’est leur mise en œuvre. Quand un magistrat donne une chance ou propose la médiation à la place d’une sanction, il y a problème car ce coup de poing qui est parti et qui empire avec le temps, la médiation ne pourra l’effacer. Le devoir de la justice est d’appliquer la loi
Ensuite, si le couple veut se réconcilier, il est libre. Exemple : une victime porte plainte au poste de Police. Quand l’affaire doit passer en cour, il y a une pratique qui veut que la police lui demande si elle veut aller de l’avant. C’est quelque chose qu’il ne faut pas faire. Il faut laisser la justice faire son travail. C’est pourquoi on dit que la loi n’est pas assez sévère, car bien souvent les agresseurs repartent avec une simple amende. Ce qui est inimaginable ! Tant que l’agresseur n’a pas tué, il ressort avec une amende. Va-t-on attendre que les cas d’agression finissent en meurtre pour alors demander la perpétuité ?
En 2019, la Platform Stop Violans Kont Fam était venue avec le slogan “To bate to ferme”. Il est temps vraiment de mettre en pratique cela. Ce n’est plus possible qu’il y ait juste des amendes, des Protection Orders, lesquels, on le sait, ne sont que des papiers… Combien de victimes n’ont-elles pas subi la violence malgré tout ? Depuis 2019, ce slogan est toujours valable et c’est triste car cela veut dire que les choses n’ont pas changé.

En conclusion…

Les Ong dont les “shelters” font un travail formidable. Ce sont ces personnes qui accueillent ces victimes quand elles n’ont nulle part ailleurs où aller. À côté, l’Etat ne peut compter que sur les Ong pour régler ce problème. L’État a son rôle à jouer car ces Ong ne pourront donner une allocation aux victimes ou mettre les structures légales en place. Tant que l’Etat ne fera pas son devoir, le travail sera incomplet.
Les postes de police doivent être “gender friendly”. Quand une victime vient rapporter un cas de violence, il doit y avoir des policiers formés pour gérer cela. Il faut aussi un endroit où la victime pourra se faire entendre et non pas à la vue de tous car c’est quelque chose d’intime. La victime peut être découragée juste parce qu’elle doit raconter sa vie privée dans un endroit public devant tout le monde.


RAMOLA RAMTOHUL (SOCIOLOGUE) :

« Que le plan d’action soit appliqué sans trop de délai ! »

La mise en œuvre du Plan d’action et de la stratégie nationale sur l’élimination de la violence basée sur le genre a été au centre des discussions cette semaine lors du quatrième High-Level Committee présidé par le PM. Celui-ci a réitéré l’engagement du gouvernement dans la lutte contre ce fléau. Que vous inspirent ces travaux au plus haut niveau de l’Etat ?
Quand on regarde le document, on constate qu’il est vraiment complet. Il y a beaucoup de mesures et de mécanismes qui y figurent. Et c’est ce dont Maurice a besoin. À ce niveau, je trouve que c’est un bon plan d’action très détaillé. Mon seul souci concerne sa mise en œuvre. Serons-nous à même de réaliser toutes ces mesures qui ont été listées et dont on a effectivement besoin ?
Nous devons nous assurer que nous avons les ressources nécessaires et la capacité de les réaliser. Je suppose que le gouvernement y travaille. Ce qu’on observe d’habitude, c’est que nous avons de bonnes lois, mais le problème réside dans leur application. Mais le fait que cela a été pris au plus au niveau de l’Etat indique un engagement. Espérons que cela fera une différence et apportera des changements car cela est arrivé à un niveau supérieur par rapport à ce qui était le cas dans le passé.

Quelles sont vos attentes par rapport à cette volonté affichée du gouvernement d’éliminer toute forme de violence envers les femmes et les hommes ?
J’attends que le plan d’action soit appliqué sans trop de délai. À partir de mes recherches, je peux dire que le niveau de compréhension de la question du genre est encore relativement faible à Maurice. Les gens ont tendance à croire que la question se rapporte à des problèmes concernant les femmes, ce qui est incorrect. La question du genre concerne tant bien les femmes que les hommes et les LGBT. Il y a une incompréhension et une fausse idée quand on parle de genre. Quelles sont les implications des inégalités de genre ? Que ce soit sur la société, sur l’économie, il y a un coût. Si c’est lié à la violence basée sur le genre, c’est plus large que cela. Il y a les adultes mais il y a aussi les enfants. Si ces derniers sont initiés aux rôles du genre dès un jeune âge, ils deviendront des adultes sensibles à la question. La probabilité d’avoir des problèmes liés au genre sera moindre.
Nous devons les former très jeunes. Les autorités ont commencé à enlever les stéréotypes liés au genre à l’école, dans les manuels scolaires mais je recommanderais un module sur le genre dans le “curriculum”. Les enfants apprendraient qu’un garçon peut envisager n’importe quelle carrière de même qu’une fille. Si les parents ne sont pas sensibles à la question, les petits auront tendance à reproduire les mêmes stéréotypes de sexe.

En vue de rompre cette chaîne de stéréotypes, l’éducation est importante. Même pour les adultes, la sensibilisation a été faite mais il faut voir à quel point les campagnes ont été efficaces. Est-ce qu’on doit y ajouter des choses ou apporter des changements ? L’apport du secteur privé peut être sollicité pour sensibiliser les employés au travail. Peut-être pourrait-on envisager une plus vaste campagne englobant l’Etat et le secteur privé sur la question. Il faut aborder la question de comment le problème de “gender roles” affecte les emplois, le pays, etc.

Même aujourd’hui, il y a encore beaucoup de femmes qui ne sont pas au courant de leurs droits. C’est aussi un des facteurs contribuant à la violence basée sur le genre. Il faut s’assurer que les femmes et les hommes sont au courant de leurs droits. Les traditions font que les gens se comportent d’une certaine manière. Certaines femmes ne sont pas conscientes qu’elles peuvent dire non. C’est un problème à Maurice. Et les gens n’en parlent pas ouvertement.

Il est un fait que les lois ne suffisent pas aujourd’hui à endiguer ce fléau. Comment améliorer les choses, légalement parlant, malgré tout ?
Il y a un article de la loi qui excuse la violence venant de l’homme quand la femme est impliquée dans un acte d’adultère. Les autorités sont au courant de cette loi très archaïque. Il y a aussi le problème de viol conjugal qui doit être reconnu par la loi comme un délit. C’est d’ailleurs une des recommandations de la stratégie nationale.

Les autorités travaillent sur le Gender Equality Bill. Nous devons donc attendre et voir le contenu de ce projet de loi. Il convient de souligner que dans le rapport du PRB, sous la section “Retirement”, il est mentionné que les femmes fonctionnaires sont autorisées à prendre leur retraite “on marriage grounds”. Cette clause est spécifique aux femmes fonctionnaires. Cela suppose que c’est la femme qui va prendre sa retraite ou quitter son

emploi. Pour faire quoi ? Pour être femme au ménage.
En tant que sociologue, je trouve que cela ne donne pas le choix au couple. Qu’en est-il si l’homme veut prendre sa retraite avant la femme ? Si nous sommes dans une société où il y a égalité, pourquoi alors y a-t-il ce genre de discrimination ? Je ne dis pas que ce n’est pas bien que la femme prenne sa retraite avant, mais la question devrait être neutre. Si la femme touche plus que son mari…
Il faut laisser le choix au couple. Cela ne fait que confirmer que même si les lois, etc. sont là, au fond, il y a encore des préjugés et la mentalité patriarcale est encore là. Ce sont des choses qu’on doit changer. Cela doit être “gender neutral”. Peut-être cela ferait-il plus sens si c’était sur la base de “parental ground”. Même là, il y a des couples qui sont en union libre et qui ne sont pas mariés alors qu’on utilise le mot “marital”. Il y a donc des catégories de citoyens qui ne s’y retrouvent pas.

En conclusion…
Pour une lutte efficace contre la violence basée sur le genre, l’accent doit être mis sur l’éducation dès le plus jeune âge. Les femmes et les hommes doivent être conscients de leurs droits. Aussi, il faut voir pourquoi il y a des goulots d’étranglement dans certaines institutions et ce qu’il faut faire pour les enlever.

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