Collèges privés : la Fédération des managers souhaite un nouveau MoU avec l’État

Bashir Taleb : « Nous voulons un partenariat où nous sommes traités avec dignité »

La Federation of Unions of Managers of Private Secondary Schools lance un appel au dialogue au sujet de la nouvelle formule de Grant aux collèges privés. Une série de correspondances adressées à la Private Secondary Education Authority (PSEA) et au ministère de l’Éducation depuis l’année dernière n’ont donné aucun résultat. La fédération déplore que les dernières directives de la PSEA concernant le paiement des Grants représentent une mainmise de l’État sur les collèges privés. Elle souhaite un nouveau Memorandum of Understanding avec des attributions précises.

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La circulaire du 15 octobre, où la PSEA informe les managers des collèges privés qu’ils doivent obtenir son autorisation avant de mettre à exécution tout projet est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Déjà que le paiement du Grant était en retard et ne se faisait pas de manière régulière, les collèges privés se voyaient dorénavant suspendus aux décisions de la PSEA pour la mise en oeuvre de tout projet éducatif.

Bashir Taleb, le porte-parole, déclare que : «nous voulons d’un partenariat où l’on est traité avec dignité et non pas à coup de lettres circulaires. Nous voulons que la formule de Grant soit revue, afin de nous permettre de gérer notre projet éducatif selon notre spécificité et en lien avec la politique nationale.»

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Il émet également le souhait que l’État « n’abuse pas de son statut de régulateur pour s’offrir des avantages en tant qu’opérateur ». Dans cette perspective, il cite le transfert latéral interdit aux collèges privés, mais permis aux collèges d’État. Il ajoute que chaque action devrait être bénéfique à tous les partenaires.

« L’éducation n’est pas un secteur où les opérateurs peuvent se permettre de fermer pour protester contre les conditions. Nous considérons l’intérêt de nos enfants avant tout. C’est peut-être là, notre faiblesse et l’État le sait très bien », dit-il. Ce qui l’amène à dire qu’il faut éviter la fermeture afin de ne pas pénaliser les élèves.

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Armand Tadebois, manager du Collège du Saint Joseph, est revenu sur l’ancienne formule de Grant, où il y avait un Technical Working Committee comprenant des fonctionnaires et des représentants des collèges privés. Chaque trois ans, les inspecteurs procédaient à un exercice d’évaluation des infrastructures en vue de déterminer le montant du Grant.
« Au moins il y avait un dialogue. Ce n’était pas comme maintenant, à coup de circulaires », dit-il en s’appuyant sur la transparence, rappelant que tous les comptes sont audités avec des visites régulières du National Audit Bureau. « Il n’y a jamais eu de plainte de la part du NAB », affirme-t-il.

Ramdass Ellayah, manager du Collège Bhujoharry, a rappelé le rôle des collèges privés. Il a souligné que ces collèges ont un contrat avec l’État car celui-ci n’avait pas suffisamment de places pour accommoder tous les enfants dans ses collèges. « À l’époque, il y avait des gens de bonne volonté avec qui on pouvait discuter », fait-il ressortir. Il déplore que depuis le remplacement de la PSSA par la PSEA, les managers et le staff des collèges privés ne sont plus représentés sur le board.

Jimmy Harmon, directeur Adjoint du Service Diocésain de l’Éducation Catholique (SeDEC) a également rappelé la contribution des 17 collèges catholiques dans ce domaine. Il a dénoncé des coupures « arbitraires » dans le budget des collèges et invité à les rétablir. « Aujourd’hui, on coupe même le thé, le café ou les food projects pour les élèves », regrette-t-il.

Il fait comprendre que les collèges ont aussi des projets sociaux et il faut aussi prendre en considération le profil des étudiants qui fréquentent ces collèges.

Au sujet de la transparence, il a rappelé que l’administration des collèges doivent, chaque année remplir des documents d’une quarantaine de pages pour l’enregistrement à la PSEA et doivent avoir un bilan financier certifié par un expert comptable. «Si l’on vient dire par la suite qu’il n’y a pas de transparence, ils sont les premiers à blâmer »dit-il.

La fédération qui regroupe l’Union of Private « A » Secondary Schools, la Roman Catholic Secondary Schools Union, l’Association of Confessional Secondary Schools et la Managers of Private Schools Union souhaite qu’une solution soit trouvée pour le bien de tous les enfants qui fréquentent ces collèges. Elle plaide pour l’ouverture d’une ligne de communication avec le ministère de l’Éducation et la PSEA.

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