Certains changent de nom pour se réparer et donner un nouveau départ à leur vie, d’autres comme Angélique le gardent et en donnent une autre signification. Ce faisant, ils ne changent pas seulement leur histoire mais ils contribuent à celle de l’humanité.
Dans un recueil de poèmes intitulé « Avec l’orage qui m’accompagne » dont la sortie est prévue ce 24 novembre, la veille de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, Angélique de La Hogue montre le chemin de la résilience après une agression. On suit dans ce recueil son parcours qui nous montre comment, au fil de son histoire, son âme s’est élevée au-dessus de son histoire pour revenir parmi nous et contribuer à la révolution. Angélique ne se donne pas des airs d’ange paisible. Elle bouscule les a priori et les qu’en-dira-t-on, elle utilise sa plume pour libérer la parole autour de sujets tabous… arriverons-nous à respecter chacun·e et ce qu’il ou elle a vécu·e dans nos gestes et dans nos paroles ?
Lorsqu’une âme est chassée de son corps dès les premières années de vie, le chemin est long avant que celle-ci ne retrouve son corps. L’âme d’Angélique en habitant pleinement son corps malgré la froideur de l’hiver, la violence de son histoire personnelle et familiale s’impose à nous. Aujourd’hui, par l’entremise de la publication de ce recueil, elle vient redonner de la chaleur à son histoire mais aussi à des générations glacées par le froid de l’inceste et par les viols tus depuis les temps de l’esclavage.
Rares sont les initiatives qui réparent de l’intérieur et transpercent les différentes couches pour créer de la vie, comme un bulbe d’oignon qui germe et donne naissance à une nouvelle plante. Le recueil d’Angélique nous transperce, tout comme il transperce notre société où le tabou, où le scandale prime sur le bien-être des victimes et la justice qui peut leur être faite.
Pour ceux d’entre nous qui auront les yeux percés à la lecture de ce recueil et qui, pour sécher nos larmes, chercheront à s’identifier à l’autrice, ne cherchez pas plus loin que chez nous. Aucune investigation ne sera plus riche que celle que nous mènerons sur notre propre histoire et celle de nos ancêtres. Nulle réparation ne sera plus valable que celle que nous entamerons pour notre bien-être et celui de l’humanité.
Angélique nous rappelle qu’il est vain de chercher son âme en dehors de son corps. Elle y habite et grâce à sa chaleur, grâce à la parole et grâce à nos actions, nous pourrons ensemble chasser le froid invisible qui se glisse dans nos maisons. Ce faisant, changer le cours de l’histoire. Sachons, comme Angélique, au fil de nos actes et de nos paroles, chercher la réparation et toujours avoir le souci du respect pour celles dont la vie a été touchée par ces violences.
Pour en savoir plus sur le livre « Avec l’orage qui m’accompagne » d’Angélique de La Hogue, suivre tifi_loraz sur instagram, Tifi-loraz a parlé sur Facebook, et regarder le teaser sur YouTube https://youtu.be/G2HgNE49eDs
* Emilie Carosin est chercheuse en sciences psychologiques et de l’éducation à l’Université de Mons, membre du Kolektif Drwa Zanfan Morisien et a participé à des campagnes de sensibilisation pour le respect des droits humains, des droits de la femme et de l’enfant à l’Ile Maurice.
