Plus d’un millier d’enregistrements vidéo et de Posts Facebook versés dans le dossier à charge
Le magistrat Rishi Hardowar siégeant au tribunal de Port-Mathurin n’a pas souhaité utiliser sa discrétion pour accorder la liberté provisoire à Jean Dominique Farla. Celui-ci a avoué être l’auteur de plus d’un millier d’enregistrements vidéo à caractère pédopornographie réalisés à Rodrigues. Des clips tournés à l’insu de femmes et enfants durant plusieurs mois et vendus à l’étranger. Arrêté depuis le mois de juin, Jean Dominique Farla, un ex-employé de la MBC âgé de 25 ans, réclamait la liberté conditionnelle.
De ces milliers de clips, les enquêteurs de la police n’ont pu identifier qu’une douzaine de mineures, dont des jumelles de neuf ans, victimes de pédophilie. Cette enquête se révèle être complexe et la collaboration d’Interpol a été sollicitée car des cartes SIM de l’étranger ont été utilisées pour faire du chantage aux victimes et commercialiser les vidéos.
Appelé à la barre, lors des débats sur la motion de remise en liberté provisoire devant le tribunal de Port-Mathurin, l’inspecteur Potage a confié que l’enquête a révélé que le suspect utilisait cinq cartes SIM à l’international fournies par ses amis vivant à l’étranger. «Il utiliserait des matériaux indécents pour faire chanter ses victimes. Les victimes identifiées sont des jumelles de neuf ans et d’autres filles encore mineures à l’époque. 1 000 vidéos et six autres victimes ont été identifiées. Interrogé, le suspect avait admis son implication dans le matériel pédopornographique concernant les sœurs jumelles. L’unité de police informatique examine d’autres vidéos et un rapport est attendu», a-t-il expliqué le limier de la police.
Il a ajouté que des numéros étrangers ont été également communiqués à Interpol pour enquête en vue de confirmer l’identité des personnes qui les ont enregistrés. L’inspecteur Potage ajoute que enquêteurs travaillent également avec Facebook en ce qui concerne les faux profils.
Pour ce témoin, si l’habitant de Citronnelle est remis en liberté, il pourrait corrompre des témoins et manipuler les preuves, vu que le suspect maîtrise parfaitement l’informatique. « C’est vrai que le suspect a confirmé être un détenteur de licence en communication et non pas en télécommunications, mais selon notre enquête, il a suffisamment de compétences pour créer de faux profils sur Facebook et utiliser différentes cartes SIM étrangères sur WhatsApp », a-t-il poursuivi en faisant état des risques à la sécurité du suspect.
Jean Dominique Farla avait été appréhendé dans une enquête pour vol le 26 juillet dernier. L’équipe de l’IT Unit de la police, ayant examiné le téléphone, avait découvert plusieurs images pornographiques, y compris des vidéos pédopornographiques. Passant aux aveux, le suspect a admis être le producteur de ces enregistrements en compagnie d’autres suspects. Selon sa version, ils partageaient ces vidéos sur Internet. Certaines personnes figurant dans les vidéos ont été identifiées et pas moins de 12 cas d’abus sexuels ont été signalés contre le suspect.

