La population avait cru en une fourniture d’eau 24/7 comme l’avait promis le gouvernement. Il n’en a, une nouvelle fois, rien été en 2021. La révolte des habitants de Bambous-Virieux n’augure rien de bon pour 2022 et est révélatrice du ras-le-bol qui prévaut dans les quatre coins de l’île.
L’année 2021 n’a pas été de tout repos pour les abonnés de la Central Water Authority (CWA) résidant dans les Plaines-Wilhems. La tension monte dans certaines villes à l’instar de Beau-Bassin/Rose-Hill et Vacoas/Phoenix où l’eau serait très inégalement répartie. Dans les villes-sœurs, beaucoup s’interrogent sur ce qu’il est advenu des sommes colossales investies dans les travaux de remplacement des tuyaux vétustes qui étaient censés rendre meilleur l’approvisionnement. En atteste, le calvaire auquel sont confrontés actuellement les habitants de Roches-Brunes, Camp-Le-Vieux et Plaisance où l’eau n’a pas coulé dans les robinets depuis trois jours.
La situation est encore plus préoccupante dans le centre de Rose-Hill. Ce qui a fini par exacerber les habitants qui, compte tenu de l’état lamentable des rues et de l’insécurité qui règne le soir, se demandent s’il ne s’agit pas d’un « règlement de comptes ».
L’eau n’est disponible qu’une fois tous les quatre jours depuis cinq mois. Une situation à laquelle sont confrontés des habitants de Camp-Fouquereaux. La rareté de l’eau perdure et ce, en dépit des ressources potentielles en eau dans cette région. Les habitants des rues Saint-Antoine, Galea et Réservoir sont ceux qui sont les plus affectés. Leurs maisons sont situées autour de la zone délimitant Camp-Fouquereaux, Castel, Hermitage, Highlands et Wooton. Entre abondance et rareté. C’est tout le paradoxe de la situation. « J’habite la rue Galea et l’eau coule uniquement entre trois et quatre heures quotidiennement chez moi. C’est injuste car un ami qui habite à une cinquantaine de mètres de ma maison rue Parisot reçoit de l’eau 24/7 », s’insurge un riverain.
L’approvisionnement en eau se raréfie de manière alarmante dans l’ouest du pays. Et pourtant, en vue de réduire les coupures d’eau, la CWA et le ministère de tutelle avaient orchestré des projets destinés à installer des filtres à pression sur trois sites abritant des stations de traitement, dans la chasse de Yémen.
À Case-Noyale, dans les cités EDC et CHA, les problèmes d’eau sont monnaie courante mais la situation qui prévaut depuis octobre est insoutenable. Il y a, certes, eu une légère amélioration dans la distribution du précieux liquide en août et septembre, mais encore une fois, ce n’était que de la poudre aux yeux. Non seulement les choses se sont détériorées, mais les camions-citernes jouent les abonnés absents. Accrochés à l’agriculture, beaucoup d’habitants ne savent pas à quel saint se vouer pour subvenir à leurs besoins.
Au Morne, un autre village de l’Ouest de l’île, les abonnés de la CWA ne sont pas mieux desservis car l’eau fait défaut depuis plus de trois ans malgré les belles promesses d’une amélioration de la part des députés de la circonscription. Ces derniers se targuent souvent sur les réseaux sociaux d’intervenir auprès de la CWA pour que les habitants puissent être desservis par des camions-citernes !
Dans l’Est de l’île, ce sont les petits villages qui pâtissent le plus de la pénurie du précieux liquide. Comme à Shanti Nagar, un havre de paix situé entre les villages de Belle-Mare et Quatre-Cocos, et où les riverains ont eu beau implore la CWA d’ouvrir un peu plus les vannes durant la fête Divali, ou actuellement pour les fêtes de fin d’année, mais en vain. Ce détail, auquel s’ajoutent la chaleur accablante de l’été et le danger du variant Delta, y est pour beaucoup dans la montée des tensions dans le village.

