YVAN MARTIAL
Pour le Centre Culturel d’Expression Française
Aujourd’hui, 31 janvier 2022, 50e anniversaire du décès de Marcel Cabon.
Cinquante ans que l’Enfant de Brunepaille, le chantre de Kélibé-Kéliba, de Selma, nous a quittés pour musarder immortellement avec chérubins, séraphins et autres Élyséens, avec Lucien Lebret, son mentor, avec Léoville L’Homme, Lélio Michel et Robert-Edward Hart, tous trois ses précurseurs comme Prince de nos Poètes.
Heureux celles et ceux que ce rappel ne laisse pas indifférents. Plus heureux encore celles et ceux pensant qu’un devoir de mémoire nous impose de célébrer plus concrètement la gratitude pas seulement culturelle que nous devons à ce Mauricien d’exception.

À son exemple, nous ne pouvons, ici, nous contenter d’être des spectateurs passifs,
sachant que Gloire ne roulant pas, fût-elle celle de l’auteur de Namasté, amasse forcément mousse et oubli, ignorance et forcément indifférence. Que ferons-nous aujourd’hui et demain, dans les semaines à venir, pour que l’Enfant de Brunepaille inspire les enfants mauriciens de 2022, ceux de la génération Covid-19, autant que le Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry ?
Malheur à nous, nous voulant disciples de ce Mentor, si nous rejetons lâchement sur autrui notre devoir de mémoire d’entretenir vivace le souvenir pas seulement poétique de celui que nous voulons Immortel. Malheur à nous si les enfants que nous chérissons nous reprochent demain de n’avoir pas pris la peine de leur expliquer qui est cette figure de proue de notre littérature. Le souvenir des êtres qui nous sont chers vit seulement dans la vigueur de l’hommage personnel, quotidien, renouvelé, que nous voulons leur rendre mais publiquement. Bien faire ici ne suffit pas : faut-il, encore le faire savoir !
Réveillons-nous… Sortons de notre torpeur… Les jours Covid-19, qui sont présentement les
nôtres, ne favorisent pas de fraternelles réunions, rassemblant les amis de Marcel Cabon que nous connaissons et chérissons, permettant de nostalgiques mais réconfortants échanges d’opinion et d’appréciation de son riche et fécond héritage, précieux fruit de son inoubliable passage sur la Terre des Hommes. Il nous appartient de transformer cette contrainte en de vivantes opportunités, en misant davantage sur le support instantané et universel que nous procurent les réseaux sociaux qui nous sont les plus familiers, pages Facebook et autres pages Web.
Faisons chacun l’effort de faire, au moins de ce mois de février 2022, un temps sacré pour redonner en notre esprit un nouveau départ, une nouvelle existence, au souvenir vivifiant de la Geste de Marcel Cabon sur le sol mauricien. Prenons l’engagement de relire au moins une de ses œuvres… Efforçons-nous de mettre par écrit les enseignements que nous en retirons, le savoir-vivre intelligemment qui s’en dégage. Partageons-les sur les réseaux sociaux qui nous sont familiers. Intensifions le sentiment de communion nous liant avec
d’autres disciples de ce Grand Frère…
Le Centre Culturel d’Expression française, dont il fut une des chevilles ouvrières pendant les années 1960, notre première décennie d’activités culturelles, sa dernière, hélas, avant sa disparition tellement prématurée, fera l’impossible, malgré nos moyens fort limités, pour répondre aux interrogations et pas seulement des générations montantes, avides de mieux connaître ce Géant de notre Littérature, pour mieux l’apprécier et le vénérer comme il se doit.

Qui sait ? De nos humbles efforts pourrait surgir un autre Marcel Cabon… Une autre lumière fulgurante dans le ciel mauricien… Un autre meneur d’Hommes à son image…
