Les Directeurs des Poursuites Publiques de 25 pays africains ont participé durant deux jours à l’International Association of Prosecutors’ 4th Regional Conference of Africa and the Indian Ocean et l’East Africa Association of Prosecutors Conference à Mombasa, au Kenya. L’occasion pour eux de passer en revue la situation des crimes transnationaux organisés qui, disent-ils, constituent une menace sérieuse pour l’économie, la sécurité et la stabilité des pays africains. Lors de son intervention, le DPP, Me Satyajit Boolell, Senior Counsel, a souligné « le manque de collaboration efficace et le manque d’expertise » pour lutter contre ce genre de crimes dans les pays africains.
Le thème de cette conférence de deux jours était Effective Mechanisms for Responding to Emerging Crimes and Trans-national Organised Crimes in Africa: Country Experiences and Challenges. Les participants se sont ainsi réunis pour réfléchir aux moyens de renforcer la coopération en vue de prévenir et de lutter contre la criminalité transnationale organisée aux niveaux national, régional et international.
Ils soulignent que les criminels organisés opérant par le biais de systèmes basés sur la technologie, comme la Blockchain et les cryptomonnaies, ont compliqué l’application de l’état de droit et menacent les opérations gouvernementales. « These crimes undermine State authority and sovereignty, threaten national security and the rule of law, and fuel corruption, and destabilize sustainable, economic, social and political development; significantly impacting the livelihoods and quality of life of citizens, particularly the poor, women, and children. It is thus essential for law enforcement agencies and prosecution services to embrace this new reality, in order to effectively combat these complex and serious crimes », a soutenu Noordin Haji, le DPP du Kenya. Cette conférence avait pour but de permettre aux procureurs d’identifier les lacunes et de partager les défis pour poursuivre efficacement les affaires.
Me Boolell a identifié le manque de collaboration efficace et de partage d’informations, mais aussi les contraintes financières et le manque d’expertise et de compétences techniques, comme des inconvénients afin de lutter efficacement contre les crimes émergents en Afrique. Le DPP a également fait ressortir qu’une coopération régionale, continentale et internationale renforcée offrait une plus grande marge de manœuvre aux procureurs pour renforcer la poursuite des crimes organisés comme le terrorisme, le blanchiment d’argent, la traite des êtres humains, la piraterie et le braconnage, entre autres.
« Les procureurs ont besoin de connaissances et de compétences améliorées pour lutter efficacement contre les nouveaux crimes émergents et les crimes organisés transnationaux », a poursuivi le DPP. Alors que la technologie a amélioré la connectivité et les transactions, dit-il, elle a également amélioré les activités criminelles transfrontalières, les criminels transférant en effet leurs activités criminelles d’une juridiction à une autre. « Ces crimes ne se limitent plus à nos frontières. Les gens sont toujours en avance sur les gouvernements, et la recherche est importante pour garder une longueur d’avance sur ces segments de notre population », a-t-il ajouté.
Les autres procureurs des pays africains ont pour leur part appelé à une collaboration renforcée entre les pays africains pour apprivoiser les criminels opérant de l’autre côté des frontières. Ils estiment nécessaire que les procureurs d’Afrique de l’Est, de l’océan Indien et de l’ensemble des pays africains partagent fréquemment des idées, des expériences et des défis pour améliorer leur travail. « Nous devons développer des stratégies et des tactiques pour lutter efficacement contre ces crimes. La technologie a permis aux criminels d’étendre leur réseau d’activités criminelles, comme les cryptomonnaies, et a permis aux criminels d’envoyer plus facilement de l’argent », disent-ils.
Les directeurs des poursuites publiques présents venaient du Burundi, du Kenya, du Rwanda, de l’Ouganda, de Tanzanie, du Mozambique, du Malawi, du Soudan, d’Égypte, du Maroc, de la RDC, de Zanzibar, des Seychelles, de Zambie, du Soudan du Sud, de Namibie, de l’Éthiopie, de Guinée Bissau, du Ghana, du Zimbabwe, du Botswana, de Somalie, d’Afrique du Sud, du Malawi, du Nigeria, d’Arabie saoudite, de Roumanie, des États-Unis, de Grande-Bretagne, du Brésil, du Pakistan et de Serbie.

