– Lancement à la Northlands Primary School de Triolet d’une campagne nationale en vue de la Journée du don de sang du 14 juin
– Javed Bolah (secrétaire) : « Que 3% de la population active de 40 à 55 ans donnent leur sang régulièrement n’est pas assez ! »
Ce 26 mai, la Blood Donors’ Association (BDA) procède au lancement d’une
campagne de longue haleine, auprès des plus jeunes, soit dans les écoles primaires. « Nous croyons qu’en inculquant la culture du don de sang, et en sensibilisant les Mauriciens dès leur plus jeune âge, nous nous retrouverons, dans cinq à dix ans, avec une génération de jeunes qui auront compris l’importance de ce geste, qui sauve non pas une vie, mais toute une famille ! », déclare le secrétaire de l’ONG, Javed Bolah.
En effet, c’est à la Northlands Primary School de Triolet que l’unique ONG locale impliquée dans la sensibilisation pour le don de sang a donné le coup d’envoi d’une série d’activités dans le cadre de la Journée mondiale du don de sang, observée le 14 juin prochain. « Plusieurs autres écoles primaires du pays seront également “roped in” dans les prochaines semaines », soutient le secrétaire de la BDA.
« Les mesures sanitaires en vigueur font que, pour la troisième année consécutive, la BDA ne peut organiser la traditionnelle Mega Blood Donation », poursuit-il. « Nous avons donc élaboré un plan d’action complet, avec nos diverses branches à travers le pays, pour qu’il y ait une véritable réverbération aux quatre coins de l’île. »
Mais l’élément le plus important dans la présente campagne, souligne Javed Bolah, « c’est ce projet qui nous tient beaucoup à cœur, et qui concerne la préparation de la relève ». Le secrétaire de la BDA explicite : « notre banque de donneurs réguliers consiste en 3% de la population active et saine du pays, soit 30 000 Mauriciens. Il s’agit de la plupart d’adultes âgés de 40 à 55 ans, des hommes principalement, qui donnent leur sang deux fois par an. Mais ce nombre est terriblement en deçà de nos besoins réels ! »
Il continue : « Par jour, nous avons besoin, en moyenne, de 150 pintes de sang pour pourvoir aux besoins et imprévus. Il y a les interventions chirurgicales planifiées, d’une part, et de l’autre des imprévus, des accidents, des blessés graves, des malades qui ont un urgent besoin de sang… Il y a les dialysés, les malades de cancers, ceux souffrant de thalassémie, qui ont besoin de sang chaque jour ! »
Or, soutient Javed Bolah, « à Maurice, en 2022, nous peinons encore beaucoup à collecter suffisamment de sang pour que la banque du sang puisse fonctionner de manière optimale ». Lors de diverses collectes, dit-il, « on se retrouve avec à peine de quoi subvenir aux besoins et attentes pour… deux ou trois jours ». Ce qu’il juge « extrêmement alarmant ».
« Pire, le vieillissement de la population se répercute inévitablement sur les donneurs. Et ce qui nous inquiète, c’est qu’il semble ne pas avoir de relève dans les 5 à 10 prochaines années. Avec la tranche des 40 à 55 ans qui vieillissent, quand ces donneurs atteindront leurs 65 ans, ils ne seront plus en mesure de faire don de leur sang. Mais qu’en est-il des 18 à 39 ans ? Où sont-ils ? »
Cette fourchette d’âge, précise Javed Bolah, ne semble pas être suffisamment sensibilisée à l’importance du don de sang. « D’où cette présente campagne auprès des plus jeunes, et donc dans des écoles primaires. » Pour la BDA, « si on réussit à conscientiser nos enfants qu’en donnant leur sang, ils sauvent non pas une vie, mais une famille, il y a fort à parier qu’avec de telles valeurs, ces jeunes cultiveront et répandront ces bonnes pratiques ».
« Déjà, au niveau des manuels scolaires, le MIE a accepté d’inclure le don de sang dans le curriculum. Certes, ce n’est pas tout un chapitre, mais l’idée est déjà plantée là. Et avec la collaboration des parents et des enseignants, nous allons œuvrer à ce que ces enfants d’aujourd’hui deviennent des Mauriciens matures et responsables quand ils atteindront leurs 18 ans ! » indique-t-il.
« Dans un récent passé, avant la crise du Covid-19, la BDA avait lancé le Pledge 15 », soutient Javed Bolah. « Quelques ados sont déjà bien conscients de leur apport. Par exemple, une étudiante a donné trois fois son sang en deux ans. C’est formidable ! Imaginez maintenant si une majorité de jeunes suivent le mouvement ! »
L’actuel secrétaire de la BDA refuse le pessimisme. « Certes, c’est Now or Never. Si dans les prochains cinq ans, nous n’avons pas pu motiver une bonne relève, nous allons nous retrouver dans une sacrée situation compliquée. Mais nous sommes confiants que nos jeunes ne sont pas indifférents, et qu’ils sont élevés par des parents qui ne manquent pas de solidarité et de générosité. Avec ces valeurs en tête, cultivées au quotidien, nous allons pouvoir avancer dans cette lutte… »

