Pointe-aux-Canonniers : étude sur le site du naufrage du navire français La Victoire

Une étude de reconnaissance de l’épave du navire français, Le Victoire, à Pointe-aux-Canonniers, a été réalisée par des experts de l’Université de Stanford et de la Mauritius Marine Conservation Society. L’analyse des informations recueillis permettra de déterminer l’état de l’épave et de l’environnement naturel qui l’entoure.

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L’épave du navire français de 220 tonneaux a été découverte par une équipe scientifique de la Mauritius Marine Conservation Society (MMCS) en 1988.

L’étude, entamée du 25 au 27 juillet, a été lancée dans le cadre d’un protocole d’accord entre le département du Continental Shelf, Maritime Zones Administration and Exploration (CSMZAE) et le conseil d’administration de la Leland Stanford Junior University (Stanford University).

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Les participants à l’étude comprenaient des membres du personnel du CSMZAE, du Service hydrographique de Maurice, de la Garde côtière nationale (NCG), du Fonds du patrimoine national (NHF), de la Mauritian Scuba Diving Association (MSDA) et de Reef Conservation.

L’étude, qui s’inscrit dans le cadre du projet sur le Mauritius Underwater Cultural Heritage (MUCH), a pour principaux objectifs de renforcer les capacités en matière de patrimoine culturel subaquatique, d’identifier et de documenter les ressources archéologiques marines dans les zones maritimes de Maurice sur une plateforme et de garantir l’intégrité du patrimoine culturel subaquatique.

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Le projet vise également à étudier les moyens de développer un tourisme durable dans la culturel subaquatique et à sensibiliser le public aux ressources archéologiques marines. Des programmes de formation similaires ont d’ailleurs été menés sur le patrimoine culturel subaquatique en mars 2019 et en novembre 2021.

En outre, l’étude de reconnaissance a impliqué l’utilisation de techniques non intrusives pour entreprendre des exercices de renforcement des capacités en utilisant des techniques géophysiques et des opérations sous-marines pour étudier le patrimoine culturel subaquatique.

Celle-ci a permis de produire un enregistrement structuré des observations de terrain sur et autour du site de l’épave du Victoire. De plus, il a permis aux experts de décrire l’environnement naturel entourant l’épave du Victoire.

À savoir que le site de l’épave se trouve dans des eaux peu profondes et était donc un site idéal pour développer les capacités locales par le biais d’une formation aux méthodes de l’archéologie maritime.

L’étude a complété les programmes de formation précédents menés sous l’égide du projet MUCH et a fourni une expertise technique supplémentaire et une confiance aux parties prenantes concernées pour entreprendre des études d’épaves.

L’étude de reconnaissance a examiné le site de l’épave et ses environs en mesurant l’étendue de l’épave, en identifiant les vestiges physiques visibles et en géo-référençant le site avec précision.

Au cours de cette étude non intrusive, l’équipe a utilisé des techniques de géophysique marine (bathymétrie) et a effectué une documentation sous-marine à l’aide d’un véhicule télécommandé (ROV) et par des opérations de plongée (trilatération tridimensionnelle (3-D) et photogrammétrie).

La cartographie bathymétrique du site de l’épave a ainsi été réalisée le 15 juillet par le service hydrographique de Maurice. Les informations géo-spatiales recueillies au cours de l’étude seront compilées sur un système d’information géographique (SIG).

Ainsi, l’étude de reconnaissance guidera également la conduite d’autres investigations dans la zone désignée.


La Victoire

En 1804, le capitaine Jacques Genève conduit La Victoire pour son dernier voyage de Madagascar à Port Louis. Sa cargaison se compose d’esclaves malgaches, de poudre à canon, de verrerie, de bétail et de riz.

Poursuivi par les navires britanniques, HMS Tremendous, HMS Phaeton et HMS Terpsichore, le navire heurte le récif de la Pointe aux Canonniers et perd son gouvernail. Incapable de naviguer, le navire s’échoue finalement à l’intérieur du récif, près de la batterie d’artillerie de la Pointe aux Canonniers.

L’équipage a débarqué les esclaves et jeté le bétail par-dessus bord pour qu’ils puissent rejoindre le continent. Alors qu’une chaloupe lourdement armée avec des marins britanniques s’approchait du Victoire, le capitaine Genève mit le feu aux deux extrémités du navire. Peu après que tout l’équipage ait atteint le rivage, la poupe du Victoire a explosé, tuant plusieurs marins britanniques.

Initialement, le site a été identifié comme l’épave de la Meduse (1733), mais d’autres études et découvertes archivistiques ont confirmé qu’il s’agissait du Victoire. Des recherches supplémentaires sur le Victoire et son naufrage en 1804 sont en cours aux Archives nationales de Maurice afin de compiler des informations sur le contexte historique du navire et de sa cargaison.

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