Le président de la Rodrigues Government Employees Association (RGEA), Alain Tolbize, est d’avis que la fourniture d’eau est l’un des problèmes majeurs touchant les Rodriguais, en sus du chômage, de la hausse des prix et de la misère. Par ailleurs, le Rodriguais est confronté à une mentalité qu’il faudrait changer . « Les dirigeants politiques ont, depuis l’accession à l’autonomie, toujours prôné la soumission envers les responsables politiques de Maurice, allant parfois jusqu’à accepter des compromis au détriment des Rodriguais », dénotant ainsi qu’ils ont « manqué du courage politique nécessaire pour réclamer ce qui nous revient de droit ». Dans l’interview qui suit, il explique que la décision du gouvernement de demander à Rodrigues de contracter un emprunt pour financer son budget de développement de l’eau « est digne d’un gouvernement colonial envers ses sujets ». « C’est le signe d’un désengagement progressif de l’Etat mauricien envers Rodrigues », s’appesantit-il.
La fourniture d’eau est-elle toujours le problème No 1 à Rodrigues ?
L’eau est parmi les problèmes majeurs, tels que le chômage et la misère, qui perdurent depuis toujours à Rodrigues, et symbolise avant tout le traitement discriminatoire que subit le Rodriguais au sein de la République de Maurice. Depuis l’indépendance de Maurice, Rodrigues s’est toujours retrouvée avec le plus fort taux de chômage et de pauvreté extrême, et fait face à plus de difficultés pour avoir accès à l’eau potable. Après plus de 50 ans d’indépendance, la situation est toujours la même. Il n’y a jamais eu une réelle volonté politique pour régler le problème une fois pour toutes. Le problème d’eau à Rodrigues n’est pas apparu avec l’avènement de l’autonomie, et il ne serait pas juste de jeter tout le blâme sur les dirigeants rodriguais, malgré qu’ils ne soient pas au-dessus de tout reproche.
Certes, ils ont pêché par le fait de n’avoir pas eu le courage politique nécessaire pour revendiquer ce qui nous revient de droit, préférant accepter les miettes qu’on nous jette chaque année et dont tout le monde savait ne serait jamais suffisant pour régler le problème d’eau à Rodrigues de manière durable. Miettes qui ne sont même pas suffisantes pour maintenir en état de fonctionnement les infrastructures existantes, dont certaines datent de l’ère coloniale. Or, l’eau est un droit humain, et il ne faut pas qu’il y ait de discrimination dans l’accès à l’eau entre les citoyens de la République en termes d’accès à ce droit. Quand ils osent enfin réclamer les moyens nécessaires à la hauteur du problème, le gouvernemen, à travers son ministre des Finances, conseille au gouvernement régional de transformer Rodrigues en une compagnie afin que l’île devienne éligible pour négocier un emprunt de Rs 1 milliard avec le Mauritius Investment Corporation (MIC).
Mais dans la même foulée, le même ministre des Finances annonce, dans le même exercice budgétaire, qu’il allouera à travers le budget Rs 9,4 milliards pour la construction du Rivière-des-Anguilles Dam afin de régler le problème d’eau auquel les citoyens du Sud de l’île font face.
Pourquoi ce traitement discriminatoire, comme vous le qualifiez ?
Ce genre de traitement est digne d’un pouvoir colonial. C’est à ce niveau que se situe la vraie raison derrière le problème d’eau qui perdure à Rodrigues. Les différents gouvernements régionaux sont eux aussi à blâmer devant cette situation, mis à part le fait qu’ils ont toujours accepté des miettes sans broncher, préférant courber l’échine que de se mettre debout et réclamer ce qui nous revient en tant que citoyens de la République. Ils ont péché par rapport à la manière dont ils investissent les quelques millions qu’on nous donne chaque année à travers le budget, comme le choix de l’investissement dans le dessalement sans avoir fait une étude sérieuse pour savoir s’il ne se serait pas plus judicieux et soutenable d’investir dans le captage, le traitement et le stockage d’eau de surface en construisant des Dams, barrages, réservoirs, et stations de traitement, ainsi que l’exploitation judicieuse de l’eau souterraine. Le problème de l’eau à Rodrigues perdurera aussi longtemps qu’ il n’y aura pas une vraie volonté politique pour régler le problème et aussi longtemps que cette mentalité politique perdurera.
Les stations de dessalement n’arrivent-elles pas à répondre à la situation ?
Au début, le dessalement était supposé n’être utilisé qu’en période sèche, où il y a un manque de pluies pour pallier au problème d’eau de surface et souterraine. Au fil des années, le dessalement est devenu une politique à lui seul.
Aujourd’hui, on ne jure que par le dessalement à Rodrigues, quitte à abandonner les infrastructures existantes pour le captage et le stockage d’eau de surface et souterraine. Même le PRB est allé dans le même sens dans son dernier rapport en recommandant l’abolition des grades s’occupant des infrastructures de l’eau de surface et souterraine contre la création des grades liés aux stations de dessalement. Tout cela malgré le fat qu’aucune étude sérieuse n’a été entreprise pour savoir si c’est la meilleure option en termes de durabilité. Il est vrai que le dessalement a un avantage comparé à l’eau de surface, car il ne dépend pas de la pluie. Mais tout le monde sait aussi que le dessalement coûte très cher. Certaines études avancent même le chiffre de Rs 90 /m3.
En plus, pour opérer une station de dessalement convenablement, il faut des membres du personnel ,avec les compétences appropriées. Ce qui n’est pas le cas actuellement. On a mis la charrue avant les bœufs, on aurait dû former avec les compétences nécessaires pour l’opération des stations de dessalement avant d’en acquérir. Puis il y a aussi le côté environnemental, le brine doit être proprement disposé. Mais il paraît que tel n’est pas le cas. Depuis la mise sur pied des unités de dessalement à Rodrigues, il y a un peu plus d’une dizaine d’années, quatre stations sont déjà à l’abandon. La plupart de celles en opération sont à moins de 50% de leur capacité et sont régulièrement en panne. Il est tout à fait normal qu’on se pose des questions quand nos dirigeants veulent aller de l’avant avant l’emprunt de Rs 1 milliard à la MIC pour principalement investir dans le dessalement.
Vous menez campagne contre la mise sur pied d’une nouvelle instance pour remplacer la Water Resources Unit. Pourquoi ? I
l faut savoir que notre combat contre ce Special Purpose Vehicle au nom de la Rodrigues Public Utilities Corporation pour s’occuper de l’eau à Rodrigues date de l’annonce de cette décision par l’ancien gouvernement régional. Il faut bien préciser que la décision de créer cette nouvelle entité est principalement motivée le fait qu’il fallait remplir le critère d’éligibilité de Rs 1 milliard à la Mauritius Investment Corporation.
La nouvelle équipe dirigeante, dès son installation après les dernières élections régionales, a fait savoir qu’elle n’est pas mandatée par la population pour prendre cet emprunt et soudainement changer d’avis. Nous combattons l’installation de cette nouvelle entité et l’emprunt à la MIC pour trois raisons.
A commencer par l’aspect démocratique, car les Rodriguais n’ont pas mandaté ce gouvernement régional ni même le précèdent pour emprunter de l’argent pour financer le budget de l’eau. De même, il n’a jamais été mandaté pour user du pouvoir qui lui a été conféré pour établir une entité nouvelle avec des directeurs, dont la plupart nous sont inconnus, pour aller négocier un emprunt de Rs 1 milliard à la MIC en notre nom, mais dont eux-mêmes seront les heureux gestionnaires ! Deuxièmement, il y a l’aspect institutionnel. La Rodrigues Regional Assembly Act fait provision de critères à être considérés par rapport à l’allocation budgétaire devant être accordée à Rodrigues, et l’emprunt pour financer le budget n’en fait pas partie, malgré que la loi prévoit que l’on peut en faire avec la permission du ministre des Finances, mais pas pour le financement des mesures budgétaires.
Si on suit cette même logique, demain, on nous demandera de contracter des emprunts pour financer notre système de santé, notre éducation ou notre système de pension. L’Assemblée régionale est supposée agir au nom du gouvernement central, alors pourquoi demander à l’Assemblée régionale d’emprunter Rs 1 milliard auprès de la MIC pour financer le développement du secteur de l’eau, tout en allouant Rs 9,4 milliards pour ce même secteur dans le Sud de Maurice ? Enfin, dernier point : le fait que l’eau est un droit humain et que l’accès à l’eau ne doit pas être traité de façon discriminatoire au sein de la république. Or, l’installation de cette nouvelle entité signe la mort programmée de la Water Resources Unit. Cette étape est en prélude à la privatisation de l’eau à Rodrigues.
La MIC sera à Rodrigues comme investisseur pour faire de l’argent dans ce secteur. L’or bleu ne sera plus un droit humain accessible à tous indistinctement, mais deviendra une simple commodité à être mise sur le marché au plus offrant. Vu sa rareté, son coût de production et le retour sur investissement, ceux ayant les moyens en achèteront pour arroser leurs pelouses et remplir leur piscine, alors que les autres feront des économies en sacrifiant leur hygiène. Nous allons continuer à combattre cette décision pour ces raisons, mais aussi pour une question de principe. Cette initiative créera un mauvais précédent dans les relations entre Rodrigues et Maurice. Si Rodrigues était indépendante, on aurait compris la décision du gouvernement mauricien pour l’emprunt. Mais si Rodrigues fait partie de la république, alors pourquoi lui demander d’emprunter de la MIC pour financer le développement ? Le gouvernement central doit cesser avec cette mentalité coloniale de voir Rodrigues comme une partie de son territoire où il y a des ressources marines et terrestres à exploiter, sans prendre en compte le fait qu’un peuple y vit depuis des générations. Cette question d’emprunt est digne d’un gouvernement colonial envers ses sujets, le signe d’un désengagement progressif de l’Etat mauricien envers Rodrigues.
Pourquoi dites-vous que la gestion de l’eau ne sera plus aux mains de Rodrigues ? L’eau est gérée par l’Assemblée régionale à travers la Water Resources Unit, mais avec l’investissement du MIC à hauteur de Rs 1 milliard, à travers la Rodrigues Public Utilities Corporation, ce serait le board de cette entité – comprenant des représentants du bureau du Premier ministre, du ministère des Finances, de celui des Utilités publiques et de la Central Water Authority, entre autres – qui auront désormais la responsabilité de gérer le secteur de l’eau à Rodrigues.
Dans ces conditions, l’emprunt devrait être considéré comme une dette coloniale imposée sous contrainte. Pourquoi parlez-vous de braderie des biens de l’Etat? L’eau est une ressource essentielle pour la survie de l’humanité. L’eau, à Rodrigues, a de tout temps été gérée par le service public et distribuée d’une manière plus ou moins équitable. En tant que bien commun, sa gestion doit rester sous le contrôle de l’État afin d’assurer que ce droit humain soit respecté.
Quand on décide de retirer la gestion de l’eau du domaine public et de la mettre entre les mains des directeurs d’une compagnie, qui n’auront pas de compte à nous rendre, cela veut tout simplement dire que toutes les infrastructures existantes dans le secteur de l’eau appartenant aux Rodriguais à travers l’Assemblée régionale seraient transférées sous le contrôle de cette entité nouvellement créée, et sur laquelle nous n’aurons aucun contrôle. C’est pire qu’une braderie, c’est une dilapidation des biens de l’État et du peuple.
Quel est votre avis sur la nouvelle équipe dirigeante à Rodrigues ?
Le peuple a voté pour le changement, et il s’attend que ce ne soit pas juste les têtes dirigeantes qui changent, mais aussi leurs conditions de vie. Ce sont pour la plupart des jeunes qui ont la capacité nécessaire pour faire bouger les choses dans la bonne direction.
Mais pour cela, il faudra être à l’écoute de la population et ne pas agir avec arrogance. Il ne faut pas répéter les mêmes erreurs que la dernière équipe dirigeante. Le temps nous dira si le peuple a fait le bon choix.
Comment cela se passe-t-il au niveau des relations industrielles à Rodrigues ?
Nous avons deux préoccupations majeures. Premièrement, l’ingérence flagrante et régulière de certains commissaires dans la gestion quotidienne de la fonction publique. L’Island Chief Executive et les Departmental Heads doivent assumer leurs responsabilités de Responsible Officers et Accounting Officers en ne permettant pas aux politiciens de s’ingérer dans le Day-To-Day Running de leurs départements. Il faut que cette ingérence cesse pour le maintien de bonnes relations industrielles.
Il y a aussi le fait que, malgré l’autonomie politique, Rodrigues n’a toujours pas eu son autonomie administrative, car la plupart des décisions sont toujours prises à Port-Louis, avec tous les inconvénients, discriminations et préjudices que cela implique. Comme le retard dans le paiement des allocations, ou encore la prescription des Schemes of Service, qui entraîne des retards considérables, avec des préjudices énormes pour des fonctionnaires en attente de promotions…
Tout cela est préjudiciable au bon fonctionnement de la fonction publique. Il faut donner les moyens nécessaires en termes de pouvoirs en règle avec les procédures établies et ainsi permettre à la fonction publique rodriguaise d’exécuter les décisions politiques prises par le conseil exécutif de l’Assemblée Régionale avec efficacité. Aujourd’hui, tel n’est pas le cas, malgré l’autonomie. On fonctionne toujours avec une structure administrative datant de l’époque coloniale et un personnel squelettique dans la plupart des cas.
Pensez-vous que l’autonomie rodriguaise soit achevée ? Cela dépend de quelle autonomie on parle. Si on prend la définition du Robert, qui définit l’autonomie comme étant « le droit de se gouverner par ses propres lois, à l’intérieur d’un État », cela n’a rien à voir avec l’autonomie, héritée il y a bientôt 20 ans. Toutes les grandes décisions politiques ou administratives concernant la vie des Rodriguais sont toujours prises à Port-Louis malgré l’autonomie.
La vraie autonomie consistera donc à donner à Rodrigues les moyens nécessaires pour prendre leur destin en mains. Mais tel n’est pas le cas avec notre soi-disant autonomie, où toutes les grandes responsabilités et pouvoirs sont toujours détenus par Port Louis. Après presque 20 ans d’autonomie, beaucoup de Rodriguais se sont rendus compte des limites de notre autonomie et commencent à se poser la question de savoir si le gouvernement mauricien ne nous a pas dupés avec cette autonomie. Nous voyons aussi un intérêt grandissant pour la question de l’indépendance de Rodrigues, surtout parmi les jeunes. Le gouvernement mauricien doit comprendre que les Rodriguais ont le droit légitime d’aspirer à prendre leur propre destin, et que cette aspiration légitime doit recevoir l’attention nécessaire de la part du gouvernement. Aussi longtemps que cette revendication n’aura pas reçu la considération voulue, cette dernière prendra de plus en plus d’ampleur.
Enn zour Rodrig pou lib. Le destin de tout un peuple n’est pas d’être dirigé par des étrangers éternellement. L’aspiration des Rodriguais à une Rodrigues libre et où il fait bon vivre pour tous les Rodriguais est légitime. Comment les Rodriguais vivent-ils la hausse des prix en ce moment ? La hausse des prix affecte plus durement les Rodriguais que les Mauriciens à cause du coup du fret des marchandises importées de Maurice. Il y a de moins en moins de produits d’utilisations courantes dont les prix sont fixés et contrôlés, et cela permet à des commerçants peu scrupuleux de faire la pluie et le beau temps.
En enlevant les subside sur les produits de première nécessité, et malgré l’allocation de Rs 1 000, le coût de la vie a augmenté considérablement à Rodrigues. Il faut à tout prix que le gouvernement fixe les prix des produits de consommation courante et assure un meilleur contrôle des prix. Les Rodriguais doivent aussi être compensés pour le coût de la vie, qui est beaucoup plus cher à Rodrigues qu’à Maurice, soit à travers des subsides sur le fret, soit à travers une Cost of Living Allowance. Rodrigues a le potentiel de devenir le grenier de Maurice.
Qu’est-ce qui bloque ce processus, d’après vous ?
Le Covid-19 et la guerre en Ukraine ont apporté la confirmation qu’il faut à tout prix que Rodrigues ait les moyens nécessaires pour atteindre l’autosuffisance et la souveraineté alimentaires avant de penser à devenir le grenier de l’île Maurice. L’eau est centrale au bon développement de l’agriculture et de l’élevage à Rodrigues. Je ne crois pas que les Rodriguais achèteront de l’eau pour l’agriculture et l’élevage. Les Rodriguais ont la connaissance et l’expertise nécessaires pour pratiquer l’agriculture, l’élevage et la pêche, mais ils ne reçoivent pas le soutien nécessaire de la part du gouvernement pour pratiquer leur métier convenablement. Beaucoup de facilités sont offertes par le gouvernement aux agriculteurs et aux pêcheurs artisanaux mauriciens, mais celles-ci ne sont pas étendues aux Rodriguais. Si on veut vraiment que Rodrigues atteigne la souveraineté alimentaire et soit moins dépendante de Maurice et des exportations, il faut donner les moyens aux Rodriguais de le faire.
L’exode des Rodriguais est un phénomène ancien. Quelles en sont les raisons ?
Aussi longtemps que le gouvernement ne se décide pas à donner les moyens nécessaires pour implémenter une vraie politique de développement soutenable de l’agriculture, l’élevage et la pêche artisanale, génératrice d’emplois durables, l’exode massif des Rodriguais vers Maurice et l’étranger se poursuivra. Il est urgent et primordial de revoir complètement le système éducatif à Rodrigues afin que les Rodriguais aient les connaissances appropriées pour développer les ressources disponibles de l’île. On ne peut pas continuer à former des jeunes pour des emplois inexistants à Rodrigues. D’où l’obligation de s’exiler pour pouvoir trouver un emploi..
Comment les Rodriguais ont-ils vécu le Covid-19 ?
Ils ont bien suivi les protocoles mis en place par les autorités pour empêcher la propagation du virus. Toutefois, la fermeture des frontières a démontré la vulnérabilité d’une île Rodrigues coupée du monde extérieur.
Le Covid nous a aussi montré le danger de toujours dépendre d’un système de santé basé à Maurice et l’urgence de moderniser notre propre système, avec les moyens nécessaires en termes de personnel, de formations et d’équipements modernes. Et ainsi devenir moins dépendant du système de santé à Maurice. Toutefois, il semble que les autorités n’ont toujours pas pris de décision dans ce sens, parce qu’on se retrouve toujours avec un système de santé qui n’a plus de directeur depuis plus de quatre ans, et on fonctionne toujours avec un seul appareil de scan, qui tombe d’ailleurs régulièrement en panne, pour toute la population. De plus, nous n’avons toujours pas d’oncologue sur une base permanente à Rodrigues, malgré la hausse alarmante des cas de cancer dans l’île. Agalega pourrait bientôt voir atterrir de gros porteurs.
Quel regard portent les Rodriguais sur ce développement ? Il est évident que les « développements » en cours à Agalega ne sont pas le vœu des Agaléens, ni même pour leur bien-être. Les Agaléens ont des revendications sérieuses en matière de terres, de logement, d’éducation et de la santé.
Pourquoi ne pas porter attention à ces revendications légitimes ? Pourquoi choisir une base militaire pour être utilisée par un pays étranger à la place d’un centre de santé et d’un collège moderne pour le bien-être de la population ?
Il devient de plus en plus évident que ce qui se passe à Agalega n’est pas dans l’intérêt des Agaléens, et que tôt ou tard ils seront obligés d’évacuer leurs îles si rien n’est fait pour mettre un frein à cette initiative. Encore un exemple pour confirmer que le gouvernement considère Agalega comme une partie de son territoire où il y a des ressources à être exploitées pour le bien de la métropole, et ce, en faisant abstraction de l’existence d’un peuple qui a des aspirations et des revendications, et mérite au minimum l’attention de l’Etat mauricien.

