Bhavana Ramchelawon, 28 ans, ayant fréquenté un collège à Forest-Side, vice-présidente du Britannia Village Council, a plusieurs cordes à son arc. Elle a travaillé comme Public Relations Officer de 2016 a 2019 à The Gold Award Holders’ Association-Mauritius, s’est dévouée pour la Duke of Edinburgh’s Award et a fait partie du Rotary Club de Souillac. Elle est actuellement engagée dans un projet de jardinage biologique pour 12 semaines, organisé par Omnicane, sous la supervision d’Éric Mangar, agronome et responsable du Mouvement pour l’autosuffisance alimentaire.
« J’ai été approchée par Omnicane pour soutenir et encourager les participants à ce projet, surtout les femmes. Je n’ai pas hésité un seul instant », explique Bhavana qui avait fait ses débuts dans le social à travers la First Aid où elle avait bénéficié d’une formation en secourisme et appris à donner les premiers soins en cas d’accident. « J’ai appris à avoir les bons gestes qui permettent d’avoir les bons réflexes face à un ami, un membre de la famille ou toute autre personne en cas de souci de santé. » Je réponds présente lorsque je suis sollicitée pour faire avancer une bonne cause. J’aime le contact qui permet une meilleure intégration au sein d’un groupe », dit-elle.
Ce qui retient son attention le plus, c’est l’intérêt accru pour le jardinage biologique. Elle est d’avis que le Covid-19 a suscité une prise de conscience chez les gens de la nécessité d’une alimentation saine et des risques d’une pénurie alimentaire face à la flambée des prix. « Aujourd’hui, où l’on va, on voit dans presque tous les coins ou dans les arrière-cours un potager familial. Au-delà des raisons financières, des familles ont commencé à développer l’amour de la terre. Il y a définitivement un retour en force de l’agriculture de proximité », fait-elle comprendre.
Bavanah Ramchelawon encourage les jeunes à s’intéresser à l’agriculture. « Zot bizin pa ezite pou sali zot la min », insiste-t-elle. La pandémie de Covid-19 qui a poussé le gouvernement à prendre des mesures exceptionnelles pour limiter la propagation du virus, les restrictions de mouvement, la fermeture de la plupart des lieux accueillant du public ainsi que de l’ensemble des frontières amènent la jeune femme à penser ainsi.
S’il y a une chose qui choque Bhavana, c’est la prolifération de la drogue. « J’ai observé que la consommation de drogue a considérablement augmenté. C’était beaucoup plus facile d’avoir de la drogue sur le marché que de trouver des produits de première nécessité. Le marché de la drogue n’est pas touché par la pénurie, il n’y a pas de difficulté d’approvisionnement. Les jeunes sont particulièrement touchés. En tant que travailleuse sociale, je reçois presque quotidiennement des informations, Je crois comprendre que même des enfants de neuf à dix ans consomment de la drogue dans certains quartiers. »
Pour elle, la situation est très inquiétante. Car au-delà de la dépendance, l’excès de consommation de drogue entraîne de graves conséquences sur la santé des jeunes. Bhavana Ramchelawon est ainsi sensible à la campagne de sensibilisation que mène le Youth Empowerment Programme Against Drug dans la région de Rivière-des-Anguilles.
Autre préoccupation de la jeune femme, c’est la montée du communautarisme à Maurice ces derniers temps, Au lieu de découvrir, d’approfondir notre connaissance de l’histoire, de discuter et de corriger les erreurs et les dérives, certains politiciens, selon elle, essaient de semer la division pour mieux régner. « Il y a des attaques constantes de part et d’autre sur les communautés à Maurice, Comment se fait-il que pour élire une personne, on doive prendre en considération sa religion, sa caste ? » se demande-t-elle. Elle en sait quelque chose pour avoir été candidate lors des élections villageoises. « C’est un système qui dure et que personne n’a osé changer. Tous les gouvernements l’ont utilisé pour protéger les leurs. »
Pour Bhavana, c’est un plaisir de rencontrer les gens de différentes cultures, religions et catégories sociales tous les jours, hindous, catholiques, musulmans, tamoul, Sino-Mauriciens ou autres. Elle pense que la jeune génération peut donner une orientation à la politique du pays. À cause des tensions de moins en moins latentes, certains jeunes ne veulent pas s’investir en politique. « Je sais que cela prendra du temps, mais il est urgent que les jeunes apportent leur contribution un changement de mentalité », dira-t-elle.

