La police enquête sur deux cas d’extorsion rapportés mardi à Port-Louis et Constance. Le premier concerne une comptable (24 ans) qui a déclaré avoir fait la connaissance d’un homme en septembre 2018. Ce dernier a prétendu qu’il vit séparé de son épouse mais réside sous le même toit que cette dernière. Ils ont décidé de vivre en couple depuis février 2021. Peu après, l’épouse de son conjoint l’a rencontré pour lui dire que le suspect n’a jamais demandé le divorce et qu’ils ont deux enfants.
Face à cette situation, la comptable s’est éloignée de cet homme, qui n’aurait pas digéré cette rupture. Dans sa version, la jeune femme avance que son ex lui a alors réclamé Rs 300 000 qu’il dit avoir dépensées sur elle lorsqu’ils étaient ensemble. Au cas contraire, il a menacé de nuire à la réputation de la plaignante au sein de sa famille et dans son travail.
De novembre 2021 à septembre de cette année, elle a effectué des transferts d’argent au suspect en diverses occasions pour un montant total de Rs 370 000. Elle croyait que ce mauvais épisode était derrière elle. Sauf que le 5 octobre, elle a reçu un message sur WhatsApp où l’épouse du suspect, à son tour, lui a demandé de donner Rs 75 000 de plus ; sinon, elle publiera ses photos en compagnie de son époux sur les réseaux sociaux en vue de démontrer qu’elle serait une fille de mauvaise réputation.
Comme la plaignante n’a pas répondu aux messages, le suspect l’a téléphoné pour la menacer. La comptable estime que le couple aurait échafaudé un plan pour lui soutirer de l’argent. La jeune femme avance qu’elle est affectée moralement par cet incident et elle dit craindre pour sa sécurité. Elle a remis à la police les Bank Statements des transferts effectués, aussi bien qu’une copie en papier des messages menaçants.
La Criminal Investigation Division (CID) de Port-Louis Sud a pris cette affaire en main.
Par ailleurs, un laboureur (58 ans) a été victime d’une extorsion pour un cas d’abus sexuel monté de toute pièce. Dans sa plainte, il avance qu’il retournait de son travail sur sa moto le 4 octobre quand arrivé à Camp-Bouillon, un inconnu avec un sabre en main l’a arrêté. Le suspect est monté sur la moto et devait placer son arme sous le cou du quinquagénaire. Il lui a alors lancé, « Kontinie, sinon mo koup to likou ». Arrivé dans un sentier de canne, l’inconnu lui a demandé de s’arrêter. Il a été rejoint par une femme qui s’est déshabillée.
Le laboureur avance que le suspect lui a pris son cellulaire de force et lui a donné l’ordre de toucher cette femme, sinon il recevra des coups de sabre. Entre-temps, le suspect a enregistré la scène sur l’appareil et devait ensuite prendre les clés de moto du laboureur.
Par la suite, l’inconnu lui a lancé, « non mamou, mo pa pou kapav donn ou sa koumsa mem. Ou bizin donn mwa Rs 5 000 sinon mo pou avoy tou ou fami sa bann foto la ». Craignant pour sa réputation, le quinquagénaire s’est rendu chez un proche qui lui a prêté Rs 4 000. Il a donné l’argent au suspect qui lui a rendu les clés de la moto, mais pas le cellulaire.
Et en plusieurs occasions, la femme l’a rencontré et lui a demandé de l’argent pour ne pas exposer leurs photos. Le laboureur lui a remis encore Rs 14 000. Sauf que les photos en question sont en circulation au sein de sa famille. Il avance que le duo lui a soutiré Rs 18 000 au total et son cellulaire valant Rs 4 400.
Dans le sillage de cette affaire, la CID de Flacq a monté une opération à Argy mardi où elle a pu identifier l’homme en question qui est un récidiviste (35 ans). Lorsque les policiers ont tenté de mettre la main sur lui, ce dernier est parvenu à prendre la fuite dans un champ de cannes. Cet habitant de Belle-Mare est activement recherché, de même que la femme.

