Transport en commun : Le métro séduit les Curepipiens

Après l’inauguration de l’axe Phoenix/Curepipe dimanche dernier, les résidents de la Ville Lumière ne se sont pas fait prier pour adopter ce nouveau mode de transport. Prendre le métro se transforme rapidement en une habitude pour certains. Les départs se faisant chaque dix minutes permettent une meilleure gestion du flux de passagers, évitant ainsi les longues queues et les bousculades. Embarquons pour PortLouis, à une heure de pointe, sans avoir à se préoccuper à se faufiler à travers les embouteillages !

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7h30 mercredi matin. Cela fait trois jours que les Curepipiens ont l’occasion d’aborder le Metro-Express pour leurs activités quotidiennes. Contrairement à ce qu’on aurait cru, il n’y a pas foule, ni queue et encore moins de bousculade sur la plateforme de Metro Express Ltd (MEL). Il faut dire qu’il y a beaucoup plus d’animation en dessous, à la gare Jan Palach. Trois agents de sécurité se tiennent le long de la plateforme pour empêcher les membres du public de marcher sur les rails. Les préposés de MEL, en veste et pantalon/ jupe bleu marine, d’un air très distingué, font le va-et-vient le long de la plateforme. Certains aident les passagers à se procurer leurs tickets aux différents distributeurs automatiques.

7h40, le tram arrive. Les personnes en attente s’engouffrent dans le véhicule. Parmi eux, se trouvent pêle-mele des étudiants, des salariés se rendant sur leurs lieux de travail. Pas de profil en costard cravate, mallette à la main, comme à l’étranger. Pour l’heure, il semble que c’est Monsieur ou Madame Tout-le-Monde, qui prend le métro.

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7h50. Le tram suivant est pile à l’heure. Les passagers sont déjà prêts. Le tram ne tarde pas à se remplir. Il ne reste que quelques places assises. Deux stations plus loin, on accueille déjà les premiers passagers debout. Le tram se remplit de plus en plus.

À 7h57, nous traversons déjà le centre de Vacoas. L’ambiance est plutôt calme. Certains passagers jouent sur leurs portables, d’autres regardent des vidéos. D’autres encore surfent sur les réseaux sociaux. Il faut dire que ceux qui embarquent à partir de là doivent se préparer à poursuivre le trajet en mode porte-manteay. Comprenez par là: debout!

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Pendant ce temps, les messages de MEL tournent en boucle tout le long du trajet : port du masque obligatoire, interdiction de manger, boire et fumer, avoir le ticket à portée de main pour l’inspection… À la station de Trianon, un grand nombre de passagers montent à bord. Le tram est quasi-rempli. À Quatre-Bornes, deux ou trois passagers descendent et une dizaine d’autres montent. Mais on est toujours à l’aise. Pas de passagers coincés l’un contre l’autre, format sardinn dan bwat!

Mi-parcours en 25 minutes

8h15. Arrêt à la Central Station de Rose-Hill. On a déjà fait la moitié du trajet. La différence avec le voyage par autobus sur route le long du même trajet se fait déjà sentir. Un bon nombre de passagers débarquent à la gare. D’autres montent. 15 minutes plus tard, c’est déjà le Skyline de la capitale se profile déjà au loin. Le Metro-Express aborde déjà la station de Saint-Louis. Le métro aborde tranquillement la dernière partie de son parcours vers Port-Louis. Pendant ce temps, sur l’autoroute à côté et sur l’auto-pont, ce sont les embouteillages habituels. De longues files de voitures attendent de pouvoir entrer dans le centre de la capitale, tandis que le métro amorce sa descente vers le terminal Victoria.

8h40. Fin du parcours. Les passagers quittent rapidement le tram pour prendre l’escalier roulant menant à la passerelle et rallier la gare victoria, via l’Urban Terminal. Contrairement à ce qui avait été annoncé tout au long du trajet, il n’y a pas eu d’inspecteur pour vérifier le ticket. Ni dans le tram, ni à la station.

Le trajet entre Curepipe et Port-Louis aura duré 40 minutes. Comme promis par MEL. Un soulagement pour de nombreux passagers. À l’exemple de Veena, maîtresse d’école, qui a pris le métro pour se rendre au travail. « D’habitude, si on prend le bus à cette heure de pointe, il faut compter au moins une heure et demie pour arriver à Port-Louis. Rien que pour rallier Phoenix, cela prend au moins 45 minutes, en dépit du fait que ce soit un service express. Là, en 40 minutes je suis arrivée à destination », fait-elle comprendre en affichant un air de satisfaction des plus légitimes pour son nouveau choix.

Dans de telles conditions, ajoute-t-elle, la journée débute dans de bonnes conditions. « Je me sens plus Fit pour le travail. Même s’il m’arrive de rater le métro, je n’ai pas à m’en faire, car il y en a un autre qui arrive après 10 minutes. Par contre, si je rate l’express non-stop de 7h30, c’est fini pour moi. Je risque d’arriver à l’école en retard », ajoute-t-elle.

De nombreux étudiants ont également pris le tram ce mercredi matin. Aditi et Neha sont deux étudiantes du Dr Maurice Curé State College. Elles vont passer leurs examens et ont préféré ce moyen de transport pour être sûres d’arriver à l’heure. « Comme le métro est maintenant à Curepipe, nous avons préféré ce moyen, car cela nous permet d’arriver plus vite », concèdent-elles. Pour le moment disent les étudiantes, elles peuvent voyager gratuitement à bord du métro avec leur carte d’étudiante de la National Land Transport Authority.

Jean, employé de banque, a lui aussi pris le nouveau mode de transport curepipien pour se rendre au boulot. Pour lui, c’est un grand soulagement, car cela lui permet de faire des économies. « Auparavant, je prenais la voiture, car le bus, ce n’était pas évident. Mais avec la hausse du prix de l’essence, c’était devenu très compliqué de rouler en voiture. Le métro est pour moi une bénédiction », confie ce dernier, ajoutant qu’il peut même se permettre une halte au centre commercial de Phoenix en rentrant l’après-midi. Le trajet Curepipe/Port-Louis coûte Rs 55.

 

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