Après les épisodes dramatiques au centre relais L’Oiseau du Paradis, où deux enfants en bas âge ont été hospitalisés, dont l’un dans un état critique, c’est le statut de ces structures qui suscite le débat. Le National Children’s Council (NCC), opérant sous le ministère de l’Égalité des Genres, du Bien-être de la Famille et du Développement de l’Enfant, envisage de procéder à la privatisation des Shelters. Une démarche que conteste l’Union of Employees of the NCC.
Dans une correspondance transmise à la ministre de l’Égalité des Genres, Kalpana Koonjoo-Shah, Atma Shanto, négociateur de ce syndicat, déplore la décision unilatérale du NCC de privatiser les différents centres placés sous sa responsabilité. « Le syndicat est enregistré et reconnu par l’employeur. Toutefois, il a été écarté lors des discussions portant sur la privatisation des Shelters. C’est une décision unilatérale qui ne prend pas en considération la voix des employés », déplore-t-il.
Dans ce contexte, la privatisation pourrait affecter les droits des travailleurs et leurs conditions de travail. « Pour cette raison, nous réclamons l’arrêt immédiat des procédures de privatisation. De plus, cet aspect n’était pas mentionné dans le programme gouvernemental », réclame le syndicaliste.
Atma Shanto rappelle également que suivant l’admission d’un nourrisson du centre L’Oiseau du Paradis aux soins intensifs, la ministre Koonjoo-Shah avait affirmé à l’Assemblée nationale qu’un Fact Finding Committee serait mis sur pied, pour faire la lumière sur cette affaire. « Elle a déclaré que ce comité d’enquête serait présidé par le Permanent Secretary de son ministère. Or, ce n’est pas une personne indépendante, étant donné que le Shelter est géré par le NCC, qui opère sous ce même ministère. Cela pourrait relever du conflit d’intérêts », fait-il comprendre.
Par ailleurs, le syndicaliste a également dénoncé les descentes policières au centre L’Oiseau du Paradis. Un exercice qui aurait traumatisé les employés aussi bien que les enfants présents. De plus, la police semblait plus intéressée à savoir qui avait divulgué le contenu de l’Occurrence Book que d’enquêter sur les conditions dans lesquelles le nourrisson s’est retrouvé aux soins intensifs.
Rappelons que cette affaire a éclaté le 22 octobre dernier quand l’activiste Bruneau Laurette avait publié sur sa page Facebook une copie de l’Occurrence Book du centre, où le nourrisson avait été placé.
De sexe féminin, elle avait été abandonnée à l’hôpital par sa mère. La Child Development Unit l’a alors prise en charge. Le 19 octobre, un préposé de L’Oiseau du Paradis a constaté que le nourrisson souffrait de diarrhée. Son état a continué à se dégrader et, dans la matinée du 22 octobre, la petite fille a été transportée à l’hôpital, où il a été placé aux soins intensifs.
Le 27 octobre dernier, le leader de l’opposition, Xavier-Luc Duval, avait adressé sa Private Notice Question à la ministre Koonjoo-Shah à ce sujet. Elle avait annoncé le Fact Finding Committee susmentionné. Entre-temps, le manager du Shelter a soumis sa démission, après avoir été suspendu. Hier, la police a également interpellé la mère de l’enfant pour abandon.

