Le 14 novembre se déroule à travers le monde la plus vaste campagne de sensibilisation au diabète. En amont à cette journée, le Dr Iswaraj Ramracheya, diabétologue et endocrinologue, tire la sonnette d’alarme sur la prévalence de la maladie à Maurice. « Une personne sur deux à Maurice meurt d’une cause cardiaque ou diabétique, avec le diabète comme cause primaire », rappelle-t-il ainsi, ajoutant que le taux d’amputations a lentement augmenté au fil des ans pour atteindre 900 en 2020, dont 90% liées au diabète.
« Dans cette petite île, le diabète est le tueur No 1. Et cela reflète à quel point la gestion du diabète reste inadéquate. » Le médecin fait en effet ressortir que bien que l’insuline soit disponible dans le public, les variétés et les types sont limités. « Dans le secteur privé, en raison des prix élevés, l’accessibilité est limitée et pas à la portée de tous. » Il plaide de fait pour une meilleure gestion du diabète au sein du système de santé en vue de garantir le bon type d’insuline et une éducation renforcée quant à l’impact fatal de la maladie.
Luxmi Danharry, coordinatrice du département médical et psychosocial à T1 Diams, Ong accompagnant les diabétiques de type 1, évoque pour sa part le problème psychologique de certains patients, qui demeure un défi à relever. « Le regard des autres est difficile à porter », explique-t-elle, et particulièrement pour les plus jeunes. « Les enfants qui sont diagnostiqués à un très jeune âge luttent pour trouver leur place à l’école et, plus tard, au collège, à l’université, au travail… » C’est là où intervient T1Diams. « On donne les outils aux familles pour les aider à faire face à de telles situations. » Luxmi Danharry dit souhaiter la présence d’infirmières dans les établissements scolaires pour aider les enfants à faire leurs injections d’insuline et pour vérifier quels sont les autres soucis de santé qu’ils ont, « car souvent, les mères doivent arrêter de travailler pour aller faire les injections ».
Yovanee Veerapen nutritionniste et diététicienne, apporte, elle, des conseils pratiques en ce qu’il s’agit de l’alimentation du diabétique. Elle recommande ainsi de privilégier les aliments riches en fibres pour mieux gérer le taux de glucose, et invite à éviter les produits ultra-transformés. « Quand on parle de manger sainement, il ne s’agit pas forcément d’acheter des produits coûteux. On peut privilégier les produits locaux, comme les brèdes. » S’agissant des enfants ayant des problèmes à s’alimenter, « la diététicienne doit effectuer un travail avec les parents et l’enfant pour développer le goût de ce dernier », croit-elle. Elle fait voir qu’un repas diabétique n’est pas drastiquement différent. « C’est un régime alimentaire qui s’applique à tous ! »
DR ISWARAJ RAMRACHEYA (Diabétologue) :
« Le diabète est le tueur No 1 »
Le thème de la Journée mondiale du diabète cette année est « L’Accès aux soins ». On souligne que 100 ans après la découverte de l’insuline, des milliers d’enfants à travers le monde n’ont toujours pas accès à cette médication et aux soins pour traiter leur diabète. Est-ce le cas à Maurice ?
La Journée mondiale du diabète est la plus grande campagne de sensibilisation au diabète dans le monde, où des millions de personnes se réunissent pour sensibiliser sur le diabète et sur ce que signifie de vivre avec le diabète. L’insuline a été découverte en 1921. Avant cette découverte, les personnes atteintes de diabète ne vivaient pas longtemps. Ils survivraient quelques mois ou quelques années supplémentaires en suivant un régime très sévère composé d’aucun glucide et de très peu de calories. Beaucoup sont morts à cause de la famine elle-même.
Les médecins ne pouvaient rien faire pour eux. L’insuline a donc changé la donne. Cela a donné de l’espoir et les gens ont vécu beaucoup plus longtemps. Ce n’est qu’en janvier 1922 que Leonard Thompson, un garçon de 14 ans mourant du diabète au Canada, est devenu la première personne à recevoir une injection d’insuline. En 24 heures, sa glycémie dangereusement élevée est tombée à des niveaux presque normaux.
Un siècle plus tard, l’accès à l’insuline et son coût restent un défi dans de nombreuses régions du monde, y compris à Maurice. Bien que l’insuline soit disponible et accessible dans le public, les variétés et les types sont limités. Dans le secteur privé, en raison des prix élevés, l’accessibilité est limitée, et pas à la portée de tous ceux qui en ont besoin.
Il existe un manque de politiques sur la sélection, l’approvisionnement, la tarification et le remboursement de l’insuline. Par exemple, les dépenses liées au diabète et à d’autres maladies chroniques sont principalement couvertes par les assurances dans les pays à revenu élevé. Malheureusement, les patients à Maurice doivent payer de leur poche. La gestion du diabète au sein du système de santé doit également être revue pour garantir la disponibilité du bon type d’insuline.
Maurice est un des pays où il y a la plus forte prévalence du diabète. Quel est le défi principal qui demeure aujourd’hui en ce qu’il s’agit de la lutte contre cette maladie ?
En effet, Maurice est parmi les premières nations au monde en termes de prévalence du diabète. Les ravages que cette maladie cause sont évidents. Plus de 50% (une personne sur deux meurt à Maurice) meurent d’une cause cardiaque ou diabétique, et parmi ceux qui meurent d’une cause cardiaque, le diabète est l’étiologie primaire sous-jacente dans la grande majorité.
Le taux d’amputations totales a lentement augmenté au fil des ans, avec un peu moins de 900 amputations en 2020. Parmi celles-ci, environ 90% sont liées au diabète. La même tendance s’observe pour la dialyse et le traitement au laser de la rétinopathie diabétique. Alors, vous réalisez que dans cette petite île, le diabète est le tueur No 1. Et cela reflète à quel point la gestion du diabète reste inadéquate.
L’éducation et la sensibilisation à l’impact mortel du diabète doivent donc être renforcées. Les gens doivent comprendre et apprendre les implications d’un contrôle sous-optimal du diabète, et les professionnels de la santé doivent revoir leur pratique clinique. L’inertie clinique, c’est-à-dire l’incapacité à initier ou à intensifier le traitement au moment opportun chez les patients pour atteindre l’objectif souhaité, reste un défi.
Le diabète est géré par de nombreuses personnes ayant une formation et une expérience limitées en matière de diabète, et il y a un manque de reconnaissance pour envisager de référer à un diabétologue pour optimiser les soins médicaux. Il existe une pénurie ou un manque de médicaments plus récents qui, dans des essais cliniques ainsi que dans des études en vie réelle, ont montré qu’ils réduisaient le risque de décès cardiovasculaire et/ou d’hospitalisation pour insuffisance cardiaque, tout en diminuant l’HbA1c (un marqueur du contrôle du diabète, NdlR) sans augmenter l’hypoglycémie . Ces médicaments se sont également avérés rénoprotecteurs (réduit le risque de déclin des fonctions rénales, NdlR) et aident à la perte de poids.
Nous savons que l’obésité est un problème croissant à Maurice et que le taux de diabète augmente en conséquence. L’intervention sur le mode de vie joue un rôle majeur dans la gestion du diabète. La restauration rapide bon marché, principalement riche en glucides, qui est l’aliment de base de la plupart des Mauriciens, favorise la hausse de l’obésité, du diabète et du mauvais contrôle du diabète. Enfin, il reste beaucoup de mythes concernant l’alimentation et les médicaments qui contribuent à un mauvais contrôle du diabète.
Y a-t-il une prise de conscience chez les Mauriciens ces dernières années ? Font-ils plus attention à leur santé ?
Indéniablement oui, mais il reste encore beaucoup à faire. Les nouvelles générations sont plus soucieuses de leur santé, ont un accès facile aux informations via Internet et sont plus désireuses de demander de l’aide médicale. Ils transmettent également ces informations à leurs parents et les aident à optimiser leurs soins médicaux. De plus en plus de gens parlent de jeûne intermittent, de réduction des glucides, de manger plus de fruits, de la nécessité de réduire leur poids et de demander une aide médicale à un stade précoce.
Selon l’International Diabetes Federation en 2021, Maurice a une prévalence actuelle de 22,6%, et on peut féliciter le gouvernement pour ses interventions. Mais si vous regardez les chiffres mondiaux, le taux augmente d’année en année, et la prédiction est que Maurice aura un taux de prévalence de 25% d’ici 2030 et augmentera encore plus après une nouvelle décennie.
L’enquête Mauritius NCD 2015 décrit clairement l’augmentation progressive du diabète depuis 1987. Ainsi, le dernier chiffre n’est que le calme avant la tempête. De fait, pour une nation où l’urbanisation est rapide, la disponibilité de la restauration rapide est courante, l’obésité en augmentation et les facteurs génétiques si répandus, l’augmentation de la prévalence du diabète de type 2 est un désastre en attente.
En conclusion ?
Le traitement du diabète nécessite la réalisation d’objectifs individualisés pour réduire la morbidité à long terme et les décès prématurés. La responsabilité en incombe à la fois aux patients et aux professionnels de la santé. La mise à disposition d’un milieu de soins de santé pour fournir des soins centrés sur le patient afin de fournir d’excellents soins avec des résultats cliniques positifs et une réduction des complications liées au diabète serait un rêve devenu réalité.
LUXMI DANHARRY (T1Diams) :
« Le regard des autres difficile à porter »
Le thème de la Journée mondiale du diabète cette année est « L’accès aux soins ». On souligne que 100 ans après la découverte de l’insuline, des milliers d’enfants à travers le monde n’ont toujours pas accès aux traitements pour leur diabète. Est-ce le cas pour Maurice ?
La Fédération internationale du diabète a choisi ce thème pour trois ans, avec l’accent cette année sur l’éducation thérapeutique. Pour avoir accès à la santé, il faut un bon contrôle et une éducation de base sur la manière d’utiliser le matériel du diabétique et les médicaments.
À Maurice, l’accès aux soins n’est pas vraiment un problème, car les soins sont gratuits dans les hôpitaux. Même si un patient n’a pas les moyens de voir un médecin du privé, il peut se rendre à l’hôpital. Les traitements sont disponibles. Les diabétiques de type 1 sont pris en charge dans les hôpitaux.
Rappelez-nous la différence entre le diabète de type 1 et celui de type 2…
Le diabète de type 1 touche davantage les enfants, les adolescents et jeunes adultes, même si cela peut toucher également des adultes de plus de 35 ans. Concernant le type 1, le pancréas ne produit plus d’insuline. L’enfant se retrouve avec une hyperglycémie, et il peut se retrouver dans le coma. Les patients ont besoin d’injections quotidiennes d’insuline pour survivre.
Quant au diabète de type 2, il s’agit d’une résistance à l’insuline qui n’est pas sécrétée comme il faut. À la source, il y a le facteur héréditaire, la manière dont la personne mange, le surpoids ou le facteur environnemental. Alors que le diabète de type 1 est une maladie auto-immune qui se caractérise par l’absence totale de production d’insuline.
Comment une personne découvre-t-elle qu’elle souffre du diabète de type 1 ?
Il y a des symptômes qui apparaissent, comme un besoin plus fréquent d’uriner et en abondance. L’enfant commence par ailleurs à maigrir, à se sentir faible, fatigué. Il y a aussi d’autres symptômes, comme le mal de ventre et la nausée. Lors du test de glycémie, on peut déterminer s’il est diabétique.
Combien de patients souffrent du diabète de type 1 à Maurice ?
Il doit y avoir entre 900 et 1 200 personnes atteintes du diabète de type 1 à Maurice.
Quel est le défi principal qui demeure aujourd’hui en ce qu’il s’agit de la lutte contre le diabète de type 1 ?
Il y a le regard des autres, qui est difficile à porter quand le patient doit faire les injections d’insuline en public. Il n’y a pas une bonne compréhension du diabète de type 1 et de type 2. Les enfants qui sont diagnostiqués à un très jeune âge luttent pour trouver leur place à l’école, et plus tard au collège, à l’université, au travail… C’est pourquoi l’Ong T1Diams est là pour les soutenir et les encadrer. On donne les outils aux familles pour les aider à faire face à de telles situations.
Il faut accepter le regard des autres, les nombreuses questions qu’ils posent parce qu’ils n’ont pas été informés correctement sur ce qu’est cette maladie. Il n’y a donc pas uniquement l’aspect médical (insuline, soins, etc.), mais aussi l’aspect psychologique, qui est très important. Par exemple, dans le cas d’un enfant diagnostiqué à 2 ans, il y aura plusieurs défis à relever au fur et à mesure qu’il grandit.
Quels sont les obstacles que vous constatez au niveau de la lutte contre le diabète de type 1 ?
Chez les adolescents, nous rencontrons pas mal d’obstacles pour qu’ils suivent leurs traitements correctement. Il y a la difficulté d’accepter qu’ils sont diabétiques. À cet âge, en effet, ils ont des amis et aiment socialiser. Il y a donc des moments où ils ne veulent pas suivre leur traitement comme il faut, se demandant pourquoi eux et pas les autres. C’est là où l’association vient pour faire un travail avec eux pour qu’ils comprennent leur situation.
D’autre part, nous voulions avoir des infirmières communautaires dans les établissements scolaires pour aider les enfants à faire leurs injections d’insuline et pour vérifier quels sont les autres soucis de santé qu’ils ont. Malheureusement, cette demande n’a pu aboutir. Souvent, les mères doivent arrêter de travailler pour aller faire les injections – soit 5 à 6 par jour à chaque repas – à l’école.
Outre l’aspect santé, social et psychologique, il y a aussi la contrainte au niveau financier. Si les traitements sont gratuits, les repas adaptés aux diabétiques, eux, ne le sont pas. Il faut en effet des repas équilibrés et adaptés aux familles. Il faut des fruits, des légumes, des produits laitiers, des protéines, du riz et du pain bruns. Tout cela a un coût.
De l’autre côté, quel progrès y a-t-il eu ?
Chez T1 Diams, on compte 365 membres. Il y a des diabétiques de type 1 âgés entre 14 mois et 78 ans. Grâce à notre travail thérapeutique et biopsychosocial avec les enfants, ces derniers parviennent à mieux comprendre le diabète de type 1 et pourquoi ils doivent faire les injections pour avancer dans leur vie.
Nous faisons beaucoup de communication pour aider la population à avoir une meilleure compréhension du diabète de type 1. Le tabou autour de la maladie existe toujours, mais de manière bien moindre qu’il y a 15 ans de cela. Chez T1 Diams, nous offrons une prise en charge personnalisée en termes médical, suivi psychosocial et éducation thérapeutique. Pour nous, l’éducation thérapeutique est primordiale. C’est ce qui donne les outils à la famille et aux enfants. Il faut savoir comment faire le test de glycémie, comment faire les injections correctement… On offre aussi un service à domicile. On va dans les écoles pour expliquer ce qu’est le diabète de type 1.
On sensibilise d’autre part les entreprises afin qu’elles donnent la chance à des jeunes patients diplômés de trouver un travail, car parfois, les entreprises hésitent à recruter des personnes qui pourraient être en hypoglycémie. On est là pour accompagner ces personnes et qu’elles puissent avoir au maximum une vie normale.
Un message à transmettre ?
Aux patients, il faut suivre leur traitement correctement, même si on sait que c’est difficile. Il ne faut pas baisser les bras.
YOVANEE VEERAPEN (diététicienne) :
« Privilégier les aliments riches en fibres »
Le diabète est caractérisé par un fort taux de glucose dans le sang. Quel régime alimentaire les patients peuvent-ils adopter pour réguler ce taux ?
Il est recommandé aux diabétiques de consommer des aliments riches en fibre, car c’est ce qui aidera à mieux gérer le taux de glucose. En effet, quand on mange des aliments riches en fibres, la vitesse d’absorption est ralentie. Ces aliments sont bien plus rassasiants. De fait, on n’a pas besoin de manger beaucoup. Ce sont des produits avec un index glycémique bas.
Quelques autres exemples d’aliments à privilégier par les diabétiques ?
Légumes, riz brun, pain multigrains, produits céréaliers complets, noix, amande, noix de cajou et autres féculents locaux, comme le fruit à pain et le manioc, qui sont très intéressants, mais que les gens ont tendance à oublier.
Recommande-t-on un même type de régime alimentaire pour le diabète de type 1 et pour celui de type 2 ?
Pour le type 1, c’est différent, car il faut ajuster la dose d’insuline par rapport à ce que la personne a mangé. Néanmoins, ce qui est recommandé pour les deux, c’est d’éviter les produits ultra-transformés. Autant que possible, on privilégie les aliments riches en nutriments et on décourage les produits faibles en nutriments, comme les sodas et les chips en sachet, qui ne contiennent pas de vitamines ou de minéraux. Le goût est là, on apprécie, mais ils ne sont pas nourrissants.
Avec la crise économique, ce n’est pas toujours facile de se procurer ces aliments, comme le riz brun ou le pain complet. Quels sont les autres moyens moins coûteux pour manger sainement ?
Quand on parle de manger sainement, il ne s’agit pas forcément d’acheter des produits coûteux. Prenons le riz brun. Si une personne trouve que c’est trop cher et qu’elle ne peut que se procurer du riz blanc, ce n’est pas un souci. Elle peut le consommer avec beaucoup de légumes.
Idem pour les légumes. Il n’y a pas lieu d’acheter des légumes qui coûtent cher. Il faut essayer de privilégier les produits locaux, comme les brèdes. La papaye verte peut être utilisée comme un légume. Parfois, on peut en avoir gratuitement dans sa cour. La brède mouroum est un autre exemple. On en trouve facilement à travers l’île. Les brèdes chouchou poussent facilement dans le centre de l’île. Il suffit de réfléchir un peu et de privilégier les produits locaux. Il y a aussi les grains secs, qui sont relativement accessibles.
De l’autre côté, y a-t-il des aliments à écarter ou à bannir pour les diabétiques?
Je ne dirais pas bannir. Toutefois, il y a des aliments à consommer avec modération ou rarement, à l’instar de tous les produits ultra-transformés, comme les sodas, les gâteaux, les snacks…
Les diabétiques peuvent en consommer, mais ils doivent faire attention à la qualité, la quantité et à la fréquence de la consommation. Si on prépare un gâteau à la maison, la qualité est meilleure. Mais à éviter les petits biscuits et gâteaux ultra-transformés.
Des produits phares ou « miracles » dans la lutte contre le diabète ?
« Miracle » pas forcément, mais des produits phares, oui, comme les flocons d’avoine (Oat Meal). Cela a été prouvé scientifiquement. On peut le préparer avec du lait le matin en y rajoutant des amandes ou des graines de lin, pour rendre le petit-déjeuner plus intéressant. Le flocon d’avoine, riche en fibres, aide à caler l’estomac plus longtemps et régularise la vitesse avec laquelle le taux de glucose est sécrété dans le sang. Indirectement donc, cela aide à mieux réguler le taux de sucre dans le sang.
Quelle alimentation pour l’enfant diabétique qui n’apprécie pas les légumes et les fruits ?
La diététicienne doit effectuer un travail avec les parents dans ces cas-là pour trouver un plan personnalisé pour l’enfant. On ne peut imposer des aliments à un enfant. Il faut que celui-ci comprenne ce qu’est le diabète de type 1 et comment gérer sa consommation. C’est vraiment des plans individuels, car les enfants ont des goûts très différents.
N’empêche, en général, quelles astuces quand un enfant n’aime pas les fruits et les légumes ?
Il n’y a rien d’autre qui puisse remplacer les fruits et légumes. On peut voir quels sont les légumes que l’enfant n’aime pas. Il y a un travail qu’on peut faire avec l’enfant pour développer son goût, comme découper les fruits différemment, découper les légumes en différentes formes pour un effet de stimulation visuelle. Souvent, quand les enfants n’aiment pas les légumes, ils ne connaissent pas encore leur goût. Lorsqu’ils arrivent à accepter d’essayer, ils en mangent.
Le jus de fruit peut-il remplacer les fruits ?
Non. Un fruit entier reste un fruit entier, alors que le jus est liquide. C’est différent. Il faut comprendre l’importance de manger du solide, car le fait de mâcher a un effet sur le système digestif et sur la quantité que la personne va manger. Remplacer les fruits par du jus n’est pas la solution. Il est préférable de consommer du jus frais que du jus en boîte.
Consommer beaucoup d’eau est tout aussi important ?
Oui, 1,5 litre par jour pour garder l’intestin bien hydraté. Sinon, il sera difficile pour l’organisme d’absorber les vitamines, etc.
Le petit-déjeuner doit-il être plus copieux que le dîner ?
Définitivement. C’est important de bien manger le matin pour manger plus léger le soir. Si on ne mange pas bien le matin, on aura faim le soir. La journée, on dépense beaucoup, alors que le soir, non. Donc, il est préférable de bien manger le matin.
En conclusion ?
Un repas diabétique n’est pas drastiquement différent. C’est un régime alimentaire qui s’applique à tous. Manger, c’est un plaisir et ça doit rester un plaisir. Il suffit d’être bien encadré et de comprendre ce qu’est la maladie et ce qu’est le sucre.

