La transplantation rénale est de nouveau pratiquée à Maurice. La première intervention a été pratiquée le 19 octobre par le Dr Rajasekhar Perumalla, de l’Inde. Deux autres interventions similaires ont été effectuées par le même chirurgien peu après. Les trois transplantations ont été des succès. Un consultant étranger a été recruté pour aider le ministère de la Santé à mettre en place le service approprié et former le personnel mauricien en matière de don et de transplantation rénale. C’est ce qu’a indiqué le ministre de la Santé Kailesh Jagutpal.
Pour le moment, une unité de transplantation a été mise sur pied à l’hôpital Victoria, avec un personnel spécialement formé à cet effet. Une deuxième sera opérationnelle à l’hôpital Jawaharlal Nehru, à Rose-Belle dans quelque temps. Parallèlement, les donneurs potentiels peuvent faire le suivi nécessaire dans les cinq hôpitaux régionaux.
Il faut savoir que le Tissue Donation, Removal and Transplant Board, a élaboré quatre Regulations concernant le don et la transplantation d’organes comme suit : The Human Tissue (Removal, Preservation and Transplant) Regulations 2022; The Human Tissue (Removal, Preservation and Transplant) (Prescribed Forms) Regulations 2022; The Human Tissue (Removal, Preservation and Transplant) (Amendment of Schedule) Regulations 2022 et The Human Tissue (Removal, Preservation and Transplant) (Approved Health Institutions) Regulations 2022.
Plusieurs Schedules seront rattachés à ces règlements, afin de permettre notamment, le don d’organe sur une personne décédée ou par un mineur vivant. Il y aura également des dispositions pour tout refus à permettre le prélèvement d’un organe sur un proche décédé, ou en cas de changement d’avis, après avoir donné son autorisation.
Afin d’assurer que les interventions et les suivis se fassent dans les meilleures conditions, le ministère de la Santé s’est attaché les services du Pr Nizam Mamode, spécialiste en transplantation d’organe, du Guy’s and St Thomas’ NHS Foundation Trust, pour une période de six mois. Ce dernier a déjà aidé d’autres pays comme la Serbie et l’Arménie à mettre sur pied des programmes de transplantation rénale.
L’une de ses responsabilités à Maurice sera de conseiller sur la mise en place d’un service pour le prélèvement de reins sur des personnes décédées et pour la transplantation, selon les normes internationales.
Pour la concrétisation de ce projet, plusieurs réunions ont eu lieu entre l’unité de néphrologie, le laboratoire central de l’hôpital Victoria et les Guy’s and St Thomas Immunology and Hispathology Laboratories. Le but étant de développer le diagnostic nécessaire pour le prélèvement sur des donneurs décédés et d’assurer le transfert de connaissances auprès du personnel du ministère. C’est dans ce contexte qu’une équipe comprenant des chirurgiens, des infirmiers du bloc opératoire, des laborantins et des histopathologistes a été constituée.
Par ailleurs, une équipe de Guy’s and St Thomas Hospital de Londres est à Maurice depuis le 19, pour des transplantations rénales. Le Dr Benedict, médecin spécialiste, animera également un atelier sur la question.
Patrick Assirvaden a interpellé le ministre Jagutpal, sur les conditions qui prévalaient à l’hôpital Nehru, lorsque les transplantations rénales y étaient pratiquées par le passé, ainsi que sur les cas de rejets. Le ministre a déclaré que c’est pour cette raison que le Pr Mamode a été recruté, afin d’aider à la mise sur pied de service approprié. Il guidera également le ministère sur les tests appropriés afin de gérer les risques de rejet, dès le départ.
Buisson Léopold (OPR) avait voulu savoir si le ministre a déjà mis en place une liste de donneurs. Kailesh Jagutpal a indiqué que les Regulations doivent d’abord être Gazetted. En attendant, les parties concernées doivent se familiariser avec la loi sur la transplantation d’organe elle-même.
À une autre interpellation de Subashni Luchmun-Roy, le ministre a fait comprendre que le Dr Rajasekhar Perumalla a pratiqué trois transplantations rénales par laparoscopie qui ont été des succès. Cette technologie permet également d’éviter de longues cicatrices. La dernière intervention de ce genre à être réalisée dans les hôpitaux publics remonte à 2017 car les spécialistes sont partis à la retraite. Depuis, 40 patients ont été envoyés à l’étranger pour des transplantations rénales. Le coût s’élève à Rs 80 000 par patient.