Une cinquantaine de travailleurs sociaux des quatre coins de l’île participent à un atelier de travail de deux jours à l’hôtel Gold Crest, à Quatre-Bornes. Ils sont encadrés par des techniciens du National Drugs Secretariat (NDS), unité de la Santé placée sous le Prime Minister’s Office, ainsi que des officiels de la Santé. Ces consultations visent à dégager un plan de travail pour contrer la propagation et les répercussions du fléau de la drogue dans le pays. C’est ce qu’indique Sewraz Corceeal, coordonnateur du dossier de la toxicomanie au NDS.
« L’idée, c’est qu’à partir de ces sessions de travail, nous dégageons les grands axes de la Community Welfare Taskforce, qui est une des recommandations du rapport de la commission d’enquête sur la drogue, présidée par l’ancien juge de la Cour suprême Paul Lam Shang Leen », indique-t-il. A l’ouverture de l’atelier de travail, Kailesh Jagutpal, ministre de la Santé, a salué le travail abattu par les ONG et les forces vives, actives sur le terrain et proches de la population. « Fer enn manier ki nou bann zanfan eparnie ! » déclare-t-il en ajoutant que « le travail que vous faites est extrêmement important. »
« Ce n’est pas une chose facile que d’expliquer aux uns et aux autres pour quelles raisons c’est dangereux de toucher aux drogues et substances addictives. Je reconnais les efforts que vous mettez et l’engagement dont vous témoignez en faisant ce travail très important. Li fasil dir ladrog pa bon. Pa pran ladrog. Me seki pli importan, se explik bann dimounn kifer li napa bon. E sa, se zot, bann fors vive e bann ONG ki kone fer sa bien », poursuit-il.
Kailesh Jagutpal a exprimé le souhait que cet atelier de travail permettra aux officiers des ministères concernés ainsi que des techniciens du NDS de bénéficier de l’immense savoir-faire et des connaissances acquis sur le terrain en mettant l’accent sur le projet de Community Welfare Taskforce, « un échange de bonnes pratiques et de connaissances au bénéfice du pays et de la population. »
Citant une récente étude menée par les services du gouvernement, le ministre a fait état de chiffres alarmants et inquiétants au sujet de la consommation des drogues synthétiques. Réalisé auprès de Mauriciens âgés de 18 ans à monter, cet exercice démontre que 90% des sondés ont admis avoir touché au cannabis (gandia). De ce nombre, 50% ont avoué qu’ils étaient âges entre 11 et 17 ans lors de leur première expérience en toxicomanie.
« C’est très inquiétant ! Quand on se met à prendre des produits comme le gandia à un aussi jeune âge, vous imaginez les répercussions sur la personne par la suite ? L’évolution dans sa prise d’autres substances ? » ajoute Kailesh Jagutpal.
« Encore plus grave, 75% des consommateurs de drogues synthétiques sont âgés entre 18 et 39 ans. Mais c’est à cet âge qu’on est inscrit à l’université pour des études, qu’on suit des formations en vue d’une profession, qu’on fonde une famille… Prendre des drogues, à cet âge-là, c’est mettre en péril ses chances », fait-il ressortir.
Le ministre de la Santé a précisé que cette étude concerne spécifiquement les drogues de synthèse. C’est sans compter les Usagers de Drogues Injectables (UDI), qui est constitue autre problématique importante. Dissimulat à peine ses inquiétudes, il avouera que l’étude en question a révélé que 87% des consommateurs de drogues synthétiques sont des hommes et 13%, des femmes. « Enn madam, se deza tro buku ! Madam, se zot mem sant selil familial, pwin de gravite enn foye…” reconnaît-il.