Le Premier ministre, Pravind Jugnauth sera en mission officielle aux États-Unis à la mi-décembre. En effet, il participera à la nouvelle édition de l’ US-Africa Leaders Summit, organisé à l’initiative du président américain, Joe Biden du 13 au 15 décembre dans la capitale fédérale, Washington D.C.
Ce déplacement devra également permettre au Premier ministre d’avoir une série de rencontres de haut niveau sur le plan bilatéral en vue d’approfondir les relations avec les États-Unis et également avec les autres pays d’Afrique.
Un communiqué émis par l’ambassade des États-Unis au sujet de ce sommet États-Unis/Afrique et en prévision d’un Briefing de presse, animé par le chargé d’Affaires, Satrajit Sardar, annoncé pour aujourd’hui, note que « the goal of the U.S.-Africa Leaders Summit is to demonstrate the United States’ enduring commitment to Africa, to underscore the importance of U The.S.-Afrcia relations, and to highlight increased cooperation on shared global priorities. »
Cette invitation du président Biden au Premier ministre se situe dans un contexte géo-politique où l’importance stratégique de l’océan indien gagne en momentum. Les États-Unis et ses alliés occidentaux aussi bien que l’Inde multiplient des initiatives pour contrer les velléités de présence de la Chaine dans le bassin de l’océan Indien. En plus de cela, la décision conjointe entre Port-Louis et Londres de rouvrir des négociations en vue de régler le différend sur la souveraineté des Chagos dans le respect du Droit International ouvre de nouvelles perspectives en termes de contact et de dialogue entre Maurice et les États-Unis sur les Chagos.
Jusqu’ici, Washington a toujours fait sienne la position que pour le dossier des Chagos, il faudra passer par Londres. À ce stade, très peu d’indications ont transpiré quant à tout changement d’attitude de la part des Américains à ce chapitre. De par la décision confirmée du gouvernement de Pravind Jugnauth quant au maintien de la présence américaine sur la base de Diego Garcia mais contre des conditions à être négociées bilatéralement, dont un bail, d’éventuelles discussions américano-mauriciennes ont toute leur pertinence.
Toutefois, du côté de l’Hôtel du Gouvernement, l’on se garde de faire des commentaires publics au préalable ou en marge de la mission officielle aux États-Unis. « Pour l’instant, sur ce dossier, nous préférons prôner la Quiet Diplomacy au lieu des exercices de Muscle Flexing. Nous allons prendre connaissance de l’attitude des différentes parties et nous en aviserons en temps et lieu », laisse-t-on entendre en privé.
Entre-temps, l’ambassadeur désigné des États-Unis auprès de Maurice et des Seychelles, Henry Jardine, a prononcé une allocution lors de son audition de nomination devant la commission des relations internationales du Sénat américain mardi.
Dans ses remarques au Sénat américain, M. Jardine a souligné que la stabilité politique de Maurice a été obtenue grâce à un engagement envers la démocratie, l’établissement d’une économie forte et l’acceptation de la diversité ethnique. « La République de Maurice a montré à la communauté mondiale qu’elle est un modèle, tant sur le plan politique qu’économique, pour l’Afrique, la région de l’océan Indien et au-delà », a-t-il déclaré.
S’exprimant sur les Seychelles, M. Jardine a salué les élections libres et équitables tenues en 2020 et ce qu’il a décrit comme « l’engagement féroce des Seychellois en faveur de la démocratie. Pour la première fois depuis son accession à l’indépendance il y a 46 ans les Seychellois ont accordé le pouvoir à un parti de l’opposition ».
Il a en outre noté que les États-Unis soutiennent les efforts des Seychelles pour consolider leur transition démocratique, soutenir la paix régionale et lutter contre le changement climatique.
Après l’audience, le Sénat américain devra délibérer avant d’entériner cette nomination diplomatique de l’administration américaine.

