L’État de même que le Premier ministre, Pravind Jugnauth, s’intéressent au statut civil de Lindsey Collen au vu de la Demand of Particulars soumise en Cour suprême dans le cadre de la contestation logée par l’activiste de Lalit contre les nouvelles dispositions à l’Immigration Act 2022, notamment celles concernant la Citizenship Act.
Elle s’oppose en effet aux pouvoirs conférés au Premier ministre de dépouiller tout conjoint de sa citoyenneté mauricienne, même si cette personne a droit à ce statut par le mariage et l’enregistrement.
Cette démarche vise à faire annuler ces dispositions pertinentes de la nouvelle loi par la justice. Lors de la dernière séance en Cour suprême, l’État et le Premier ministre avaient soumis une liste de questions et de demandes de vérification de documents ayant trait au statut social de Lindsey Collen, soit ceux axés sur sa naissance, son mariage avec Ram Seegobin ou encore sur sa citoyenneté britannique.
L’État et Pravind Jugnauth demandent également au membre de Lalit de démontrer comment les nouvelles dispositions de la Mauritius Citizenship Act sont « inconsistent » aux provisions du Mauritius Independent Order de 1968 et les lois existantes du pays, notamment la Constitution, la séparation des pouvoirs et les principes de « natural justice ». Lindsey Collen vise en effet une disposition qui modifie la Citizenship Act en vue de permettre au Premier ministre de retirer ce statut aux conjoints ayant la nationalité mauricienne.
Elle estime que la nouvelle loi met des milliers de Mauriciens mariés à des personnes qui ne sont pas nées à Maurice, ainsi évidemment que leurs conjoints, en situation de précarité, tant au regard du droit au séjour que du droit à la citoyenneté. Elle souligne ainsi, quant à l’article 39(4) de la nouvelle loi : « The Minister may, in his absolute discretion and without giving any reason, deprive any person of his citizenship of Mauritius, if he has reliable information and is satisfied that it is in the interest of defense, public safety or public order. »
Tout en soulignant les mots-clés « absolute discretion of any Prime Minister, without giving any reason » et « deprive any person of his citizenship of Mauritius ».
Dans le camp légal de l’activiste politique, on affirme être déçus par la position affichée du Premier ministre et de l’État. L’affaire sera appelée devant la Cour suprême le 12 janvier prochain.