Événementiel – Jimmy Veerapin (Culture Events) : « 2023 sera une année de grands défis !»

Contre toute attente, 2022 « a été une année très positive pour nous », se réjouit le directeur de Culture Events, Jimmy Veerapin. « Plusieurs artistes, et non des moindres, comme Mélanie Peres, et le combo Anonym, surtout, voient leurs horizons se diversifier et s’enrichir de nouveaux contacts. Cette ouverture, cette exposition vers de nouvelles audiences et marchés, est tout à fait à l’avantage de nos artistes. Et Culture Events se fait un devoir d’accompagner et d’encadrer ses artistes. Nous ne sommes pas que des tourneurs de spectacles, comme d’autres le font. »

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« Ce qui ne veut pas dire que nous avons fait des profits !, nuance d’emblée Jimmy Veerapin. Bien au contraire. Durant le premier confinement, nous avons été contraint de licencier notre staff. Avant le Covid-19, nous étions une entreprise, avec un bureau et un personnel, des factures et des frais. Quand est venue la pandémie, que toutes les activités ont été stoppées, et qu’il y avait un nouvel ordre à définir, nous avons dû composer avec… » Pendant plusieurs mois, poursuit le directeur de l’entreprise, « nounn tonbe, leve, sey trouv bann alternativ ». Mais avec l’aide de quelques artistes très impliqués et visionnaires, dit-il, l’entreprise a lancé quelques créations. « Mais ce n’était pas suffisant pour amortir les coûts ni financer des projets. »

Dans le sillage de la levée des restrictions, Jimmy Veerapin et son “inner circle” ont multiplié leurs efforts. « Pa ti ena lot swa ki diversifye ek ouver nuvo sime. » Et Culture Events le prouve par le biais de ceux et celles qu’il représente, à l’instar de Mélanie Peres, le groupe Anonym, les rockers qui habillent régulièrement les Underground Rock Festival (URF)…

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Jimmy Veerapin a une devise : « Nous sommes passionnés d’art et de ce qui en fait son essence. Si dans ce secteur, nous n’ouvrons pas les portes de ceux qui ont du talent et qui méritent de persévérer et percer, à quoi bon ? Autant alors nous loger à la même enseigne que nombre d’entrepreneurs qui agissent dans ce domaine, principalement et uniquement même, pour se faire des sous. Sans plus. Mais ce n’est pas notre vision à nous. » Les deux années passées sous le Covid-19 « ont lourdement impacté le secteur de l’événementiel », concède Jimmy Veerapin.

« Mais cette situation n’est pas unique. De par le monde entier, l’événementiel a été tout aussi durement affecté avec cette pandémie et l’arrêt des activités pour cause de confinements. » Le challenge, maintenant, estime le jeune professionnel, est de “pick up the pieces”, ainsi que de « se remettre en selle et se jeter dans l’arène avec de nouveaux défis ». Mais, surtout, en gardant en tête les leçons apprises du Covid-19. « Il ne faut pas occulter désormais ce type de configuration, et apprendre à conjuguer avec. »

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2022 a vu l’élection de Jimmy Veerapin au board de la MASA dans la catégorie “éditeur de musique”. Culture Events, qu’il a lancé depuis un peu plus d’une décennie (en 2011 en fait), se passe de présentations. Le label est synonyme de qualité et de fiabilité, élabore Jimmy Veerapin. « Les artistes qui sollicitent nos prestations sont “happy” et satisfaits, non seulement par rapport à la qualité des services offerts, mais aussi et surtout pour tout ce que nous représentons autour. »

Il explicite : « Prenons l’Underground Rock Festival. C’est loin d’être uniquement un “gig” qui revient ponctuellement et qui offre un espace scénique aux artistes locaux et de la région, ou même de l’étranger, qui pratiquent ce registre de musique. »

Concerts, mais aussi Masterclasses !

En effet, autour de l’URF, qui est devenu un événement régulier, ce dernier comprend également une série d’autres activités qui se greffent autour, ajoute le directeur de Culture Events. « De fait, nous avons des Masterclasses avec des artistes locaux et internationaux rodés et de réputation mondiale. Ça représente un plus énorme pour nos jeunes artistes d’ici, qui ont soif de ce type de frottements. C’est une avenue qui s’ouvre pour eux et qui les aide à mieux consolider leur groupe, leur parcours et leur carrière. »

Il cite des formations comme Apostrophe et Skeptikal, « qui sont des valeurs sûres de la scène rock mauricienne ». Cependant, « et c’est triste de dire cela, bon nombre de Mauriciens engagés dans le business gèrent des boîtes et d’autres espaces destinés à des concerts, mais qui ne donnent pas un coup de pouce à ceux qui font du rock mauricien ». Ce qui, selon lui, est « très dommage ». Ajoutant : voir « beaucoup de jeunes qui baissent les bras et cassent leurs groupes ».

À la place, propose Jimmy Veerapin, « chez Culture Events, nous prônons une approche plus inclusive, avec la possibilité d’avoir des échanges avec des groupes » de la région et d’ailleurs. « Mais aussi des techniciens et des professionnels du métier. Ça leur permet d’avoir une plus grande exposition. Et avec les plateformes en lignes, les sites de téléchargement, tout ça, il y a plein d’aide qu’on peut offrir. C’est ce qui fait notre plus. »

Et cette philosophie, souligne notre interlocuteur, « n’est pas applicable qu’au rock, mais à tous les registres musicaux et d’autres disciplines artistiques que nous représentons ». Il poursuit : « Pour nous, il est très important d’accompagner et d’encadrer l’artiste dans son cheminement, l’aider à grandir et à voler, à un certain moment, de ses propres ailes. C’est là que pour moi, c’est mission accomplie ! »

Ainsi, explique Jimmy Veerapin, « dans les prestations que nous offrons, et sur lesquelles nous travaillons, il y a apprendre à gérer un groupe, ses dépenses, comment travailler sur les individualités afin de ne pas se retrouver avec des morceaux et pas de projets… » Le jeune entrepreneur concède que nombre d’artistes baissent rapidement les bras quand ils ne trouvent pas de scènes pour jouer, de festivals où se produire, que ce soit localement, dans la région, ou à l’étranger. « C’est là que Culture Events entre en jeu. »

Il cite à cet effet Anonym qui, cette année, a partagé l’affiche à Paris avec nul autre que… Christophe Maé, une grosse pointure de la chanson française ! « C’était une expérience remarquable, explique Jimmy Veerapin. Autant le groupe que nous aussi, chez Culture Events, avons été conquis par cette aventure. » Mélanie Peres, qui a vu la publication de Tigann l’an dernier, continue le directeur, « a été très agréablement surprise par les reprises de sa comédie musicale au Caudan Arts Center », et qui était « un moment extrêmement émouvant ».

2023, souhaite Jimmy Veerapin, « nous aidera dans un démarrage nouveau » (voir plus loin). « L’important est de s’engager avec des projets solides et viables. Et surtout, d’y mettre le cœur ! »

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