Les nouveaux règlements imposés par la Private Secondary Education Authority (PSEA) pour le recrutement des enseignants dans le secondaire provoquent de nombreux inconvénients dans des collèges actuellement. D’une part, il faut dorénavant détenir un Postgraduate Diploma in Education (PGCE) pour être éligible à enseigner. D’autre part, la Teaching Licence est octroyée pour deux ans et n’est plus valable au moindre changement dans les règlements.
L’année scolaire 2023 débute sur une mauvaise note pour certains enseignants. Recrutés sous contrat l’année dernière, ils devaient être confirmés à leur poste cette année. Or, pendant les vacances, en novembre 2022, le conseil des ministres a validé des amendements à l’Education Regulations 1957. Ceux-ci mentionnent, entre autres, qu’il faut obligatoirement détenir un PGCE pour pouvoir enseigner. Ce qui fait qu’ils se retrouvent au chômage et du coup, les collèges concernés se retrouvent également sans enseignants.
Arvind Bhojun, président de l’Union of Private Secondary Education Employees (UPSEE), dénonce cette manière de procéder de la PSEA. « On a pris une décision au Cabinet qui est entrée en vigueur dès le 21 décembre 2022. Or, il y avait déjà des Degree Holders qui travaillaient dans les collèges et qui devaient être confirmés. C’est injuste à leur égard. La décision aurait dû concerner uniquement les nouveaux recrutements », déclare-t-il.
De plus, ajoute le dirigeant de l’UPSEE, il faut savoir que des cours de PGCE, dans leur ensemble, proposés par le MIE concernent les enseignants déjà en poste. Comment donc, un jeune, frais émoulu de ses études à l’université, va-t-il entreprendre des études menant au PGCE, s’il veut embrasser une carrière d’enseignant ?
« On aurait dû donner le temps au MIE d’organiser ses cours avant d’appliquer une telle décision. De même, les places sont limitées pour ces cours de PGCE et il n’y en a pas pour toutes les matières non plus. Par ailleurs, un cours de PGCE dure deux ans à temps partiel. Il fallait donc donner le temps pour cela », ajoute le syndicaliste.
L’ironie, dans toute l’histoire, fait ressortir Arvind Bhojun, c’est que le PGCE n’est pas imposé pour le recrutement des Supply Teachers. Cette situation a pris de court certains administrateurs des collèges qui avaient déjà recruté des Degree Holders ou qui comptaient sur ceux qu’ils avaient déjà recrutés l’année dernière, pour être confirmés à leur poste. « À ce jour, il manque cinq ou six enseignants dans chaque collège privé à cause d’une telle décision. Rodrigues est également concernée. Est-ce que cela a été fait dans l’intérêt des enfants ? », rajoute-t-on.
Le plus grave, souligne le président de l’UPSEE, c’est que tous ces enseignants sont déjà détenteurs d’une Teaching Licence de la PSEA. Mais là également, l’autorité a mis en avant de nouveaux règlements. Dorénavant, même dans le cas d’un Degree Holder qui a eu la possibilité de réussir son PGCE, faire carrière comme enseignant dans le long terme n’est plus une garantie. Pour la bonne et simple raison que la PSEA a décidé de revoir aussi les conditions de la Teaching Licence.
Celle-ci n’est valable que pour une période de deux ans, alors qu’auparavant, il n’avait pas de durée déterminée. La seule condition attachée était que la Teaching Licence devait être modifiée si le détenteur décroche un nouveau diplôme. Sur la nouvelle Teaching Licence temporaire, ce règlement a disparu pour laisser la place à un autre. On peut ainsi y lire : « In case of any amendment or change in regulations/policies regarding qualifications requirements for the teaching of any of the abovementioned subjects, this certificate shall no longer be valid. »
Ce qui instaure un sentiment d’insécurité chez les jeunes enseignants, d’autant que ce ne sont pas les nouveaux règlements qui manquent au niveau de la PSEA depuis quelque temps. Avec une telle disposition, il semble que cette instance a voulu assurer ses arrières, suivant le tollé soulevé à propos des jeunes enseignants qui ne peuvent plus exercer, en dépit du fait qu’ils détiennent une Teaching Licence, car la PSEA estime maintenant, que les diplômes ne sont pas appropriés.
Plusieurs cas de litige sur ce point sont actuellement devant des instances comme l’Equal Opportunities Commission (EOC) ou la Commission de Conciliation et de Médiation (CCM). Il nous revient que dans certains cas, les plaignants ont eu gain de cause, mais la décision du conseil des ministres validant la démarche de la PSEA est venue renverser la situation.
En novembre dernier, le conseil des ministres avait donné son accord aux critères d’éligibilité de la PSEA pour l’enseignement des différentes matières au programme du secondaire, alors que ce règlement était déjà appliqué depuis… cinq ans !
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Dans les collèges d’État : Affectations qui font sourciller…
Après la grogne concernant l’exercice de promotion des Deputy Rectors, ce sont les affectations qui suscitent des interrogations. Etant donné que 60% des promus sont des femmes, l’on se retrouve, dit-on dans le milieu, avec des collèges de garçons qui ont deux femmes à la tête. Soit rectrice, et vice-rectrice. Or, cette situation pourrait causer quelques petits soucis d’ordre pratique, estime-t-on.
L’on se demande ainsi s’il n’aurait pas été mieux de placer un duo homme-femme dans ces collèges. « On a déjà pris beaucoup de temps pour procéder aux nominations, on aurait pu prendre le temps nécessaire pour bien calculer les affectations également », ironise-t-on.
44 Educators et une Senior Educator viennent d’être promus au grade de Deputy Rector dans le secondaire d’État. Parmi, 27 sont des femmes.
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Le SeDEC pour un moratoire
Le Service diocésain de l’éducation catholique (SeDEC) déplore également les nouveaux règlements de la PSEA, particulièrement l’obligation de détenir un PGCE pour être éligible à l’enseignement. Clive Anseline, le responsable de communication, souligne l’autorité catholique aurait souhaité une période moratoire avant l’application de ce nouveau règlement.
« Nous nous retrouvons dans une situation où plusieurs postes ne peuvent être remplis, car la PSEA exige un PGCE. Or, cela prend au moins deux ans à un enseignant pour obtenir son PGCE, c’est pour cela que nous aurions souhaité un moratoire », déclare-t-il.
De même, dit-on dans le milieu, il serait plus approprié de permettre à un jeune de découvrir le métier d’enseignant, avec ses défis notamment, avant qu’il ne s’engage pour un PGCE. Car au cas où il n’arrive pas à s’adapter, il aura perdu deux années d’études pour rien.

