Rezistans ek Alternativ (ReA) dénonce la prise de position du ministère de l’Environnement concernant la construction d’une plateforme religieuse au Jardin botanique de Curepipe. Ashok Subron, le porte-parole, se demande ainsi depuis quand ce ministère est responsable des affaires religieuses dans le pays en ajoutant que le communiqué comprend des informations erronées.
La polémique autour de la construction d’une plateforme pour des activités religieuses au Jardin botanique de Curepipe a poussé le ministère de l’Environnement à réagir. Dans un communiqué émis le 17 janvier, le ministère est venu préciser que les travaux en cours visent à « sécuriser et consolider une plateforme existante », et qu’il n’y a eu aucun dégât causé à l’environnement. Toutefois, cette prise de position est contestée par ReA, qui n’a pas tardé à réagir à ce sujet.
Ashok Subron interpelle ainsi le ministre de l’Environnement, Kavy Ramano, sur plusieurs aspects de ce communiqué. Notamment sur ce fait qu’il est précisé que lesdits travaux ont lieu à la demande de la municipalité de Curepipe.
« Depuis quand le ministère de l’Environnement, de la Gestion des déchets et du Changement climatique est-il responsable des affaires religieuses du pays ? Est-ce que le ministère est devenu un sous-contracteur de la municipalité ? Construire une plateforme religieuse dans un jardin botanique et public fait-il partie de ses responsabilités ? » se demande Ashok Subron.
Il va plus loin, indiquant que ce communiqué est « truffé de mensonges ». Particulièrement sur le fait qu’on parle de « sécuriser et consolider une plateforme existante », alors que tel n’est pas le cas. « Nous mettons au défi le ministre de venir publier une photo ou vidéo démontrant qu’il s’agit de la plateforme existante et en contact direct avec la rivière traversant le jardin. En réalité, cette plateforme se trouve bien plus loin. » Il présente ainsi des photos montrant les deux structures.
Parlant de cette plateforme existante, Ashok Subron est d’avis qu’il s’agissait d’une bonne initiative, étant donné que cela a permis de limiter l’érosion sur la berge de la rivière. En même temps, elle était utilisée pour diverses activités, entre autres religieuses.
Par ailleurs, ReA se demande comment le ministère de l’Environnement peut venir préciser que les travaux en cours au Jardin botanique de Curepipe prendront fin à la fin du mois de février, alors qu’on n’a jamais annoncé publiquement le début des travaux. « On ne dit pas non plus s’il y a eu une demande pour une EIA licence et si on a demandé leur avis aux Curepipiens ou aux Mauriciens en général avant d’entreprendre une telle construction », ajoute-t-il.
Pour ce qui est de l’absence de dégâts causés à l’environnement, Ashok Subron invite les citoyens à aller faire leur propre constat de visu et d’en tirer leurs propres conclusions. Concernant le fait que le Jardin botanique de Curepipe a toujours été ouvert aux différentes processions religieuses depuis longtemps, ReA souligne qu’il s’agit d’événements ponctuels, ne nécessitant pas une structure « permanente et bétonnée, dédiée exclusivement aux activités religieuses ».
De même, l’affirmation du ministère de l’Environnement à l’effet que la plateforme sera accessible au public pour des activités comme le yoga, la méditation ou les exercices physiques, Ashok Subron se montre sceptique. De telles activités n’ont jamais nécessité une structure en béton, fait-il ressortir. Il se demande également si la plateforme sera également accessible pour les pique-niques.
ReA est donc d’avis que les vrais travaux d’intérêts et de sécurité publics « sont malheureusement négligés » au Jardin botanique de Curepipe. Il cite en exemple un petit pont, utilisé par ceux pratiquant la marche, et dont les structures sont pourries, représentant ainsi un danger potentiel.

