Industrie cannière : Des ex-employés de Medine attendent leurs lopins de terre

Une soixantaine d’ex-employés de Medine Sugar Milling Company (MSMC), bénéficiaires du Blue Print après la fermeture de cette usine, ont écrit à Dhiren Ponnusamy, le Group Chief Executive Officer (CEO) de Medine, pour lui faire part qu’ils ne vont pas attendre six mois pour une cérémonie officielle avant la remise de leurs titres de propriété. « Nous voulons que nos titres de propriété nous soient remis sans aucune cérémonie officielle. Plusieurs de nos ex-collègues sont morts et plusieurs attendent pour recevoir leur part avant d’aller travailler à l’étranger », font-ils comprendre.

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Au cours d’une réunion le 20 avec les ex-employés, la direction de Médine leur a fait savoir que le 10 février tous les documents concernant les titres de propriété seraient déjà prêts pour être envoyés aux instances concernées les besoins d’enregistrement. Et que le 8 mars prochain les contrats seront alloués.

« Si la date annoncée le 20 janvier par la direction de Medine n’est pas respectée, les anciens employés vont se réunir d’urgence pour prendre une décision. Cela fera quatre ans que l’usine sucrière de Medine a fermé ses portes et le 2 décembre 2022, le permis de morcellement a été obtenu. Nou espere ki Medine pou respekte so langazman ek so parol ki li ti promet dan reinion », déclare Serge Jauffret, négociateur de l’Artisans and Allied Workers of Cane Industry.

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Il rappelle qu’en juillet 2020, des ex-employés de Medine Sugar Milling Company avaient voté à main levée au Village Hall de Bambous pour organiser une marche pacifique devant le quartier général de Medine à Port-Louis, accompagnés des membres de leurs familles. Cette démarche faisait suite à une réunion qui avait été organisée par Serge Jauffret.

En dépit de la fermeture de Medine, les ex-employés attendaient leurs lopins de terre respectif  en vertu du Blueprint de 1997 qui stipule que « les ex-employés percevront chacun des indemnités et un lopin de terre de six à huit perches, dépendant de leur temps de service ».

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« Après la date du 14 février, nous n’allons pas rester les bras croisés et attendre. Les ex-employés vont se mobiliser. Je ne souhaite pas en arriver là. J’espère que le bon sens va prévaloir », ajoute Serge Jauffret.

La sucrerie avait fermé ses portes le 15 avril 2019 et 98 employés ont été affectés par cette fermeture. Un site de 25 arpents avait été identifié à Cascavelle, soit à proximité du village Xavier.

« Nous avons consacré une bonne partie de notre vie à cet établissement sucrier, nous devons nous battre encore aujourd’hui pour avoir ce que nous méritons. Dommage ! Cinq parmi nous sont déjà morts. Ils n’ont pas eu la chance de profiter de leur dur labeur. Zordi nou ankor pe lite pou gagn saki nou merite, bien domaz. Je souhaite que les procédures soient complétées d’ici à mars 2023 comme promis par la direction de Medine », déclare Permal, un ex-employé de Medine qui a lui aussi fait partie des ex-employés de Medine.

D’après la Mauritius Cane Industry Authority (MCIA) Act, c’est le ministère de l’Agro-industrie qui approuve une demande de fermeture après avoir examiné les aspects techniques, logistiques, humains et financiers. La demande pour la fermeture de l’usine a été soumise en septembre 2018.

Quant à la date pour la remise des titres de propriété, Satish Parmessur, le Chief Executive Officer de la MCIA, se dit confiant que les procédures seront complétées d’ici à mars. « Nous avons déjà pris toutes les dispositions. En tant que CEO, je dois mettre le ministère de l’Agro-industrie au courant de l’avancement du dossier de Medine qui a accusé un certain retard à cause du Covid-19 en 2020 », fait-il ressortir en ajoutant que la date de la cérémonie officielle de la remise de titres de propriété ne relève pas de lui. « Je vais tout simplement remettre le dossier au ministère de tutelle pour qu’il prenne une décision », dit-il.

 

Mario Dimba : « Des hauts et des bas »

Mario Dimba, qui avait fait ses débuts à 18 ans comme apprenti à Medine, et Clara Charmante témoignent de leurs attentes. « J’étais un touche-à-tout. Je ne refusais jamais lorsqu’un ouvrier me demandait de lui rendre un service. J’ai travaillé sous la direction de plusieurs Factory Managers », dira ce père de deux enfants, une fille et un garçon, et qui a travaillé pendant 44 ans au sein de cet établissement sucrier.

« Il y a eu des hauts et des bas, bien sûr. J’ai assisté à la fermeture de l’usine. Cela m’attriste lorsque je pense à tous ces moments que nous avons passés entre collègues. Mais on n’a pas le choix. Mo espere nou gagn nou terin opli vit ek san difikilte », souhaite-t-il.

Clara Charmante a travaillé pendant dix ans comme Messenger sur l’établissement sucrier. Elle a été admise à l’hôpital de Candos la semaine dernière lorsque Le-Mauricien l’a interrogée car elle souffrait de plusieurs complications.

« Mo’nn fatige ar tann dir ki Medine pou donn nou nou terin. » Son frère, Liroy Fidèle, qui travaillait à Médine est tombé malade et est décédé en octobre dernier. « Li pa finn gagn letan profit so terin ki Medine ti pou donn li. Tablisman Medine finn bien pran letan pou donn nou terin », déplore-t-elle.

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