La Confédération des Travailleurs des Secteurs Public et Privé (CTSP) demande un protocole unique pour tous les employés du pays, traitant des catastrophes naturelles, et ce, dans le contexte du changement climatique. Lors d’une rencontre avec la presse hier à Rose-Hill, la secrétaire générale de la confédération syndicale, Jane Ragoo, estime en effet que « la loi n’est pas claire à propos du calcul des rémunérations des travailleurs en période de pluies torrentielles. »
« Bon nombre de travailleurs ont pris contact avec moi pour me faire savoir qu’ils avaient été contraints de rester à la maison durant les récentes grosses pluies. Le comble est que les patrons de certaines entreprises ont demandé à ces travailleurs de rembourser leurs absences lorsqu’ils ont repris leur travail », dénonce-t-elle.
« D’autres travailleurs ont été contraints de rester sur leur lieu de travail, car ils n’avaient pas le droit de sortir. Ils ont donc dû faire des heures supplémentaires, et la loi n’est pas claire non plus à propos de la formule devant être appliquée dans ce genre de cas. En fait, elle ne prévoit rien à ce niveau », poursuit-elle.
Jane Ragoo souligne que la loi fait seulement provision des avertissements de cyclone de classes III et IV. « Soodesh Callichurn (le ministre du Travail, NdlR) doit accorder une attention particulière à ce dossier. À la CTSP, nous pensons que ces règlements ne doivent pas concerner que les cyclones et les pluies torrentielles, mais aussi les grands incendies, les tsunamis, etc. Il faut une loi traitant des catastrophes naturelles pour les travailleurs des secteurs public et privé. On ne peut pas avoir de discriminations », s’insurge-t-elle.
« Avec le changement climatique, les catastrophes naturelles deviennent imprévisibles, comme c’est le cas en Turquie. C’est pour cela qu’il est urgent que le gouvernement vienne de l’avant avec un nouveau protocole », rajoute-t-elle en s’appuyant sur le fait que les syndicats doivent être partie prenante des discussions.
Le président de la CTSP, Reaz Chuttoo, a pour sa part expliqué que de nombreuses compagnies remettent en question des accords collectifs en ce qu’il s’agit de la structure salariale. « Dans tous les accords collectifs de la CTSP, il existe une Wage Structure qui évolue avec un incroyable système. Aujourd’hui, bon nombre de compagnies viennent de l’avant avec un Salary Range. Cette nouvelle stratégie permet à ces entreprises d’employer des travailleurs étrangers en payant seulement le salaire minimum », indique-t-il.
Il rappelle que : « la section 26 de la loi, qui a été votée en 2019, stipule que work of equal value should equally be remunerated. Aujourd’hui, des employeurs sans scrupule viennent avec des stratégies visant à surexploiter les travailleurs étrangers », dénonce-t-il.
Le président de la CTSP en profite pour rappeler que le National Remuneration Board (NRB) est appelé à proposer des révisions salariales dans différents secteurs. Aussi Reaz Chuttoo demande au ministre du Travail, Soodesh Callichurn, d’adresser une correspondance au NRB pour que cet exercice puisse démarrer le plus vite possible.
Au sujet de la situation chez Air Mauritius, il explique qu’environ 19 compagnies viennent d’être créées. « Jusqu’à maintenant, il n’y a pas eu de négociations avec les travailleurs quant à leurs conditions de travail. Et nous apprenons qu’à partir de lundi, il y aura des contrats pour les travailleurs de chacune de ces 19 compagnies. Un Steering Committee a été mis sur pied à cet effet. Nous demandons donc aux travailleurs d’Airmate et d’Air Mauritius de ne signer aucun contrat sans accord du syndicat », avance Reaz Chuttoo.

