Les pêcheurs de concombre de mer aux Seychelles sont invités à soumettre leurs propositions pour faire partie du « exploratory harvesting » de l’espèce, et ce dans le cadre de la Joint Management Area (JMA) gérée par les Seychelles et Maurice.
La JMA est le mécanisme de juridiction conjoint entre les Seychelles et Maurice sur une zone de fonds marin et de son sous-sol dans la région du plateau des Mascareignes. Elle exclut l’eau et les organismes vivants au-dessus du plateau. Chrissant Barbe, Focal point de la JMA des Seychelles au département de l’économie bleue, explique que « pour le moment, nous ne savons pas combien de concombres de mer il y a dans cette zone, où ils se trouvent exactement et s’il y en a effectivement dans cette zone ».
Il ajoute que cette opportunité permettra, par conséquent, aux pêcheurs d’aller voir s’ils sont présents et de bénéficier de sa récolte. Toutefois, « this is an exploratory harvest, meaning that it will be at the risk of the fishers, who will have to go out and search for the sea cucumbers themselves, where they may come back empty handed or with a fortune », prévient-il.
Le Request for Proposal est déjà ouvert et les personnes intéressées ont jusqu’au 21 février pour soumettre leurs documents aux autorités seychelloises. Les documents soumis doivent comprendre des pièces d’identité, des documents commerciaux ou d’entreprise, une licence et un permis de pêche, ainsi que la proposition et la méthodologie pour les activités de pêche aux concombres de mer.
Le traité relatif à la zone de gestion conjointe a été signé en 2012 et les deux nations insulaires ont obtenu les droits de gérer les fonds marins couvrant plus de 400 000 kilomètres carrés dans l’océan Indien. Le processus a impliqué la préparation d’une soumission conjointe sur le plateau continental à la Commission on the Limits of the Continental Shelf, dans le cadre d’un processus convenu au niveau international établi par la Convention des Nations unies sur le droit de la mer de 1982. « C’est une zone qui a été peu explorée jusqu’à présent et nous avons donc décidé que les deux pays participeraient à ce programme, dans l’espoir d’en apprendre davantage sur les ressources que recèle cette zone », poursuit Chrissant Barbe.
La récolte des concombres de mer a commencé au début des années 1980 et la pêche a connu un développement rapide. En 1999, il y avait déjà des signes d’épuisement des stocks, notamment des volumes plus faibles d’espèces de grande valeur et des pêcheurs devant voyager plus loin et plonger plus profondément pour maintenir les taux de capture, et des préoccupations ont été soulevées quant à la pérennité de la pêche.
La Seychelles Fishing Authority (SFA) a mis en œuvre certaines mesures de gestion en 1999 en réponse à l’épuisement local de certaines espèces. Actuellement, il existe 25 licences pour la récolte et 4 licences pour la transformation des concombres de mer. Une étude récente a montré que certaines espèces de concombres de mer semblent résister à une forte pression de pêche, tandis que d’autres montrent des signes évidents de surexploitation. En conséquence, la SFA a imposé une interdiction sur une espèce et des quotas sur les autres pour la saison actuelle qui se terminera en juin.

