Le bilan chiffré de la Chambre d’agriculture après les fortes averses ayant frappé l’île du 23 au 27 janvier indique que les pluies abondantes ont été plutôt bénéfiques pour le secteur cannier. Elle ajoute ainsi que certains producteurs parlent même de « soulagement ».
« Les sols étaient déjà sous fort stress hydrique en raison d’une pluviométrie déficitaire depuis fin novembre dernier, cumulé à l’interdiction d’irrigation sous les Central Water Authority (Dry Season) Regulations 2022, bien que dans certaines régions, l’eau disponible à partir des points de pompage dans la rivière allait à la mer, et était donc perdue. Il est à espérer que ces averses puissent compenser en partie le retard de pousse dû au stress hydrique de fin 2022, la canne étant en ce moment en pleine croissance », souligne le communiqué de a Chambre d’agriculture, rappelant toutefois que la vigilance reste de mise dans les régions à haut risque d’inondations, où la stagnation de l’eau pourrait entraîner des répercussions négatives sur la pousse de la canne par un pourrissement des racines.
Toutefois, en raison du stress hydrique déjà présent sur les parcelles, l’absorption rapide des pluies s’est faite sans trop d’accumulations. La replantation de la canne a pu prendre, pour certains planteurs, un léger retard en raison d’un sol trop humide pour faire rouler les machines dans les champs. Les planteurs concernés attendent que les conditions climatiques et l’état du sol s’améliorent.
Au niveau du secteur non-sucre beaucoup des planteurs membres de la Chambre d’agriculture, forts de leur expérience, n’avaient pas encore entrepris leurs plantations au moment des grosses averses. De ce fait, ils ont été faiblement affectés. Par contre, la préparation du sol et la plantation de légumes prendront du retard.
La Chambre d’agriculture constate aussi que la communauté globale des planteurs a été assez fortement impactée, avec des pertes importantes au niveau des semis, des plantations fragiles ou des récoltes sensibles à l’excès hydrique. Les jours qui suivent ces grosses pluies sont cruciaux au niveau du pourrissement des racines et des fruits en raison de mauvais drainage de l’eau cumulée, voire du développement de maladies et d’attaques de bactéries.
Les producteurs sous serre, eux, ont été moindrement affectés, pour certains grâce à la mise en place d’un système de veille au cours duquel l’eau accumulée sur et dans les serres a été dégagée manuellement pour éviter des infiltrations. Pour ce qu’il s’agit des planteurs bénéficiaires du projet Smart Agriculture, la Chambre souligne que les conseils préconisés dans la démarche dudit projet permettent de sauver des cultures.
« Chez certains de nos bénéficiaires, le système de drain d’eau mis en place sur les parcelles et les cultures protégées a permis d’éviter des dégâts. » Sur les cultures telles que la patate douce, le haricot et la betterave, aucune érosion n’a été constatée sur les parcelles ayant mis en place un système de drainage.
Grâce aux formations apportées par l’équipe du projet Smart Agriculture, les planteurs se sont bien préparés à faire face aux effets du dérèglement climatique. En revanche, les pertes sur des cultures en plein champ vont jusqu’à 90% en raison d’accumulations d’eau et de pourrissement des racines. « Déjà, certains de nos bénéficiaires ont perdu jusqu’à 70% de leur plantation de choux et, chez d’autres, 100% de leur récolte de piments sont perdus en raison d’attaques bactériennes. Les cultures sous serres et les cultures recouvertes de nos bénéficiaires ont été très peu affectées. »
La Chambre note toutefois que sur une des parcelles visitées, 50% des courgettes cultivées sous abris sont affectées par le champignon Didymella.

