Droits des travailleurs étrangers : La discrimination au travail passée au crible

Quality of Life & Work in Mauritius and Covid-19 : tel est l’intitulé d’une étude d’évaluation qui a été réalisée suite aux modifications apportées par la Covid-19 (Miscellaneous Provisions) Act 2020 sur les droits des travailleurs à Maurice et les implications sur les travailleurs domestiques et migrants. Cette étude, qui vient d’être rendue publique, relève  des discriminations dans le monde du travail à Maurice.

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L’étude a été réalisée entre juin 2021 et novembre 2021, par le Dr Pratima Sambajee, Principal Investigator au Department of Work, Employment and Organisation de l’université de Strathclyde de Glasgow et Krishnee Adnarain-Appadoo, Principal Investigator de l’Academic in the Faculty of Law and Management de l’université de Maurice et une équipe de chercheurs.

Par le biais d’une vingtaine d’interviews en face-à-face et de 411 sondés, ils ont été appelés à dire si, au cours des cinq dernières années, ils ont été victimes de discrimination lorsqu’ils ont postulé pour un emploi ou lorsqu’ils font une demande pour une augmentation de salaires ou une promotion.

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Ainsi, un employé sur trois (31%) des travailleurs des secteurs hôteliers et touristiques ont déclaré avoir été victimes de discrimination au travail, contre 16 % et 22 % dans les secteurs manufacturier et informel. Les formes de discrimination dont ils ont fait mention s’articulent autour de l’appartenance ethnique, du népotisme. Aussi, 60% disent qu’ils feront l’objet de discrimination dans le futur lorsqu’ils chercheront un emploi en raison des  genre, nationalité, race, orientation sexuelle, religion et âge. Et 50% des chômeurs interrogés soutiennent qu’ils vont être discriminés sur les mêmes critères.

L’étude fournit aussi des données et des informations cruciales au sujet de l’évolution de l’environnement du travail, les droits aux congés, les heures normales de travail et la contribution de l’employeur à la Mauritius Revenue Authority.

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Le rapport fournit également des preuves concluantes sur la façon dont la qualité de vie et de travail des travailleurs locaux et migrants a connu des changements drastiques. Les cas cités dans le rapport attirent l’attention sur plusieurs cas flagrants d’opportunités réduites de travailler des heures supplémentaires, d’heures supplémentaires sans indemnité, de congés payés réduits, de nouvelles modalités de travail telles que le travail à domicile, la rotation du travail, les horaires flexibles, les changements dans la relation contractuelle individuelle et l’équilibre travail-vie personnelle.

Aussi, 69 % des employées ont déclaré ne pas pouvoir ou ne pas savoir si elles pouvaient adhérer à un syndicat ou être représentées en cas de conflit avec leur employeur.

Pour ce qui est de la main-d’œuvre étrangère, 63% des travailleurs migrants affirment avoir déjà été privés de nourriture pendant une journée entière. Ils ont aussi avancé qu’ils avaient davantage de problèmes de santé que les travailleurs locaux et ne bénéficiaient d’aucun examen médical régulier.

L’étude révèle que les travailleurs occupant des postes peu qualifiés et non cadres ont une connaissance limitée de leurs droits au travail. Ce qui fait que les travailleurs ont tendance à rechercher des informations sur leurs droits au travail auprès de leurs pairs, sur Internet, dans les journaux et sur les réseaux sociaux. L’étude souligne aussi que les employeurs dans l’hôtellerie ont encouragé les réductions de salaire, les promotions sans salaire et les régimes de retraite volontaire.

Les travailleurs locaux ont perdu le contrôle de nombreux aspects de leur vie. Ils s’inquiètent de plus en plus de leur santé et leur bien-être qui dépendent entièrement de leurs employeurs pour l’accès aux services de santé, à de bonnes normes sanitaires et à une alimentation et un logement adéquats.

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