L’utilisation de fausses coupures de banque à la cantine du collège est le dernier incident en date à la Marcel Cabon State Secondary School, de Beau-Bassin. L’année dernière, des étudiants avaient mis le feu dans une salle. L’indiscipline dans cet établissement est connue de tous. À tel point qu’à un certain moment, le ministère de l’Éducation avait fermé le collège. Cette semaine, ce sont les enseignants qui sont montés au créneau pour dénoncer l’insécurité qui y règne. Raison pour laquelle ils refusent de participer aux mesures disciplinaires mises en place par l’administration, par peur de représailles.
Dans une correspondance transmise au directeur de la Zone 2 cette semaine, les enseignants de la Marcel Cabon SSS attirent l’attention sur leur situation. Ils font, en outre, part de leur décision de ne pas adhérer au plan élaboré par la direction, qui comprend, entre autres, la surveillance pendant la récréation.
Ces enseignants expliquent leur décision du fait que la violence et l’insécurité règnent dans cet établissement. « Staff members have no security within the school premises as students are violent and have the habit of throwing stones on the school infrastructure as well as their peers which may cause serious injuries to staff members », écrivent-ils.
Ces enseignants parlent même de la présence de gangs dans l’enceinte du collège et de leurs agissements dans la cour de récréation. « Ils manipulent des objets dangereux, dont des barres de fer, qu’ils récupèrent après avoir saccagé chaises et tables. Ils n’ont aucun respect pour les enseignants. De plus, certains ont brisé les caméras de surveillance afin de pouvoir agir en toute impunité.» Ils ne craignent même pas d’afficher leur non-respect des autorités, avec des commentaires du genre : « Pa kapav fer mwa narien isi. »
Les membres du personnel qui se disent à bout, estiment qu’il y a un laisser-aller à plusieurs niveaux. Ils citent en exemple, le cas de faux billets de banque à la cantine, rapporté à la police de Beau-Bassin. « Une semaine après, la police n’a jamais repris contact avec le collège pour nous informer sur la suite des événements », font-ils comprendre. L’année dernière, d’autres incidents avaient encore été rapportés, notamment un incendie provoqué dans une salle qui avait nécessité l’intervention des pompiers.
Cette situation au Marcel Cabon SSS n’est pas nouvelle. Déjà, il y a une quinzaine d’années, le ministère de l’Éducation avait pris la décision de fermer l’établissement car la situation était devenue incontrôlable. C’est en 2018, avec la réforme du Nine-Year Continuous Basic Education, que ce collège d’État a rouvert ses portes. Mais la situation n’a pas évolué pour autant. L’indiscipline y règne toujours.
Beaucoup de parents ne veulent pas y envoyer leurs enfants non plus. Sur les 79 candidats du Primary School Achievement Certificate qui ont eu la possibilité de se faire inscrire dans ce collège, seuls 18 sont venus se faire admettre. Les enseignants ne sont pas très motivés pour y travailler non plus. On cherche pas tous les moyens à se faire transférer dès les premiers jours.
Pourtant, ce collège était connu comme le « collège Royal de Beau-Bassin » à sa création et récoltait même de bons résultats. Mais selon les acteurs du secteur, c’est avec la régionalisation que les choses ont commencé à se détériorer. Aujourd’hui, le personnel du collège souhaite une réaction des autorités concernées. Ils se disent à bout et craignent pour leur sécurité.

