Le secteur des assurances est un maillon essentiel du développement économique et social. Avec une contribution de 2,1% au PIB, il aide à assurer la stabilité du système financier.
Les compagnies d’assurance ne sont pas seulement de grands investisseurs qui détiennent une grosse part des actifs investis dans le pays, mais elles préservent également la stabilité financière des ménages et des entreprises, en garantissant leurs risques. Avec ses 50 ans d’existence, l’IAM (Insurers’ Association of Mauritius) fait un bilan dans son dernier rapport annuel et situe les enjeux des prochaines années.
Vasish Ramkhalawon, secrétaire général, fait part de l’optimisme de l’IAM pour l’avenir et dit que le travail va continuer avec le gouvernement, le régulateur et les opérateurs pour mener les réformes nécessaires et améliorer le secteur de l’assurance.
Les compagnies d’assurance emploient environ 2 600 personnes. « 2022 a été une autre année difficile, non seulement pour le secteur de l’assurance, mais aussi pour l’économie et la société. Malgré tous les défis, nos membres ont connu une croissance soutenue. Cela est principalement dû à une bonne conduite du marché, une gestion prudente, une bonne gouvernance et à une distribution efficace par nos membres », souligne le secrétaire général de l’IAM.
Les chiffres publiés par la FSC montrent que le secteur de l’assurance à long terme, malgré les défis difficiles du marché, est resté résilient. L’industrie de l’assurance-vie et des pensions est, dans de nombreux pays, un moteur de la croissance économique et un élément important de la santé et du bien-être financier.
L’assurance-vie encourage les familles et les entreprises à planifier à long terme et à assurer leur sécurité financière et leur retraite. Les assurés utilisent les produits d’assurance pour constituer leur filet de sécurité personnel. Ce segment est essentiel au bon fonctionnement d’une économie et d’une société modernes, car il contribue à la fois à la croissance économique à long terme et à l’amélioration du niveau de vie. « The increase in tax incentive in respect of an individual pension scheme would indeed further encourage private individuals to take greater responsibility for their future well-being », souligne Vasish Ramkhalawon.
Le secteur de l’assurance générale a continué à enregistrer des performances positives en dépit de divers défis. L’industrie reste cependant dominée par le secteur automobile qui représente plus de 50% des primes nettes, avec une augmentation continue du coût des sinistres automobiles et un ratio de sinistres automobiles très élevé. La mise en place par la FSC d’une base de données nationale sur les sinistres (National Claims Database) devrait faciliter les demandes et les recouvrements en matière d’assurance automobile ; « Nous sommes tous engagés à accélérer cette initiative », dit le secrétaire général de l’IAM.
Environnement économique complexe
Les assureurs continueront d’intervenir et de proposer des solutions pour soutenir les entreprises et les individus. Mais leur priorité sera inévitablement de répondre aux risques nouveaux et émergents, entraînés notamment par le changement climatique, les risques sanitaires et la révolution digitale. Le rapport de l’IAM soutient d’ailleurs que « la demande de protection contre les nouveaux risques augmente dans divers domaines tels que les risques environnementaux, les cyber-risques, les interruptions de la chaîne d’approvisionnement, pour n’en citer que quelques-uns. Ce sont tous des risques nouveaux qui apparaissent dans un environnement économique plus complexe. Cela signifie qu’il y a une plus grande vulnérabilité et un besoin croissant d’assurance pour atténuer l’impact économique de ces risques. »
Pour évoluer, la technologie est un moteur essentiel de l’innovation. « Nous le constatons dans tous les domaines de la finance. Dans le monde entier, les assureurs ont déjà adopté l’InsurTech. Nous pouvons tous voir la croissance de ces innovations technologiques dans le monde entier. L’investissement annuel dans les start-up InsurTech a d’ailleurs été multiplié par cinq au cours des cinq dernières années », souligne Vasish Ramkhalawon.
Les nouvelles technologies offrent aux compagnies d’assurance de nouvelles façons de gérer les besoins de leurs clients. A Maurice, on peut aussi observer cette mouvance.
L’avenir du secteur passera également par la nécessité de constituer un vivier de professionnels capables d’évoluer dans ce secteur. Malgré l’automatisation, l’assurance a toujours eu besoin de l’élément humain incluant les agents et les courtiers.
« Nos collaborateurs sont les moteurs de la croissance mais comme le secteur ne cesse de progresser, nous aurons besoin de plus de personnes dans les prochaines années. C’est pourquoi nous soutiendrons les initiatives visant à favoriser l’arrivée de jeunes talents dans le secteur des assurances, » explique l’IAM. L’association espère voir davantage de jeunes professionnels entrer dans l’assurance pour répondre à aux besoins croissants.
L’IAM met l’accent non seulement sur la compétence des employés mais leur intégrité, car la confiance est un facteur clé pour la bonne marche du secteur.
« Nous ne vendons pas seulement une police, nous faisons une promesse – une promesse d’être là pour nos clients dans les bons et les moments. C’est une partie importante de ce qui fait fonctionner l’industrie, de ce qui crée des valeurs et de ce qui incite les clients à souscrire à une assurance », insiste l’association. Car l’éthique est compromise, dit-elle, lorsqu’il y a des pratiques déloyales, un manque ou une absence de transparence, ou un manque d’intégrité.

