Hôtellerie – Post-Covid : Des artistes engagés dans l’animation remerciés

Alors que le secteur de l’hôtellerie est en pleine relance après la pandémie de Covid-19, certains acteurs ont été laissés sur la touche. C’est le cas notamment d’un groupe d’artistes opérant dans un hôtel de luxe qui a décidé de s’en séparer. Ces chanteurs et musiciens engagés dans l’animation regrettent que leurs conditions de travail demeurent précaires, en dépit des promesses des autorités de régulariser leur situation.

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Ils s’attendaient à des jours meilleurs, après deux années de chômage forcé en raison de la pandémie de Covid-19. Mais ces artistes engagés dans l’animation dans le secteur de l’hôtellerie ont vite déchanté. Alors que les directeurs d’hôtel se plaignent de manque de personnel, réclamant même de la main-d’œuvre étrangère, force est de constater que cela ne s’applique pas pour les artistes. Ces maillons essentiels dans le secteur de l’hôtellerie qui assurent des spectacles chaque soir ou accompagnent les clients pendant l’apéro évoluent dans une situation précaire et peuvent perdre leur emploi à tout moment.

C’est l’amère expérience que vient de faire un groupe de chanteurs et musiciens qui jusqu’ici, travaillaient dans un hôtel de luxe de Grand-Baie. La chanteuse de jazz Marie-Luce Faron en fait partie. Elle en parle avec beaucoup d’amertume.

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« Cela fait cinq ans que je travaille dans cet hôtel. Je chante le répertoire jazz pendant l’apéro, de 19h à 21h. Un soir, le contracteur qui m’avait engagé est venu me dire que la nouvelle directrice avait décidé qu’il y avait trop de chanteuses pendant l’apéro et qu’elle préférait les instruments », relate-t-elle.

Ce que la chanteuse déplore le plus, c’est que cette décision a été appliquée avec effet immédiat. « Je n’ai même pas eu un préavis, afin de pouvoir prendre mes dispositions. Cela fait deux ans que je n’avais pas travaillé car les hôtels étaient fermés. J’ai repris en octobre 2021 et voilà, en janvier 2023, je suis remerciée. »

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Elle se demande ainsi si les artistes n’ont pas de droits et regrette qu’en dépit des promesses des autorités, rien a été fait en vue de permettre aux artistes d’avoir un statut. « On fait ce qu’on veut de nous. On peut décider à n’importe quel moment, de nous mettre à la porte. Sans qu’on ait fait quelque chose de mal. On oublie que nous avons aussi des familles. »

Si elle peut compter pour le moment sur un autre hôtel où elle est également engagée, cette mise à pied subite, a tout de même bouleversé son quotidien. « Il faut respecter les artistes. Nous faisons un métier comme les autres et avec passion en plus. Depuis le temps que ça dure, je me demande quand on va enfin régulariser notre situation. »

Marie-Luce Faron avoue même ne plus croire dans les promesses après 25 ans à entreprendre ce métier. « Les directeurs viennent et partent, chacun a ses préférences et nous, on est suspendu à cela. » La chanteuse de jazz n’est pas la seule dans cette situation. Parmi ceux qui ont été remerciés, il y a également des couples.

Rappelons que le ministère des Arts et du Patrimoine culturel avait initié un projet de statut des artistes, afin de permettre à ces derniers d’être reconnus comme des professionnels. Depuis, le projet dort toujours dans un tiroir.

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MASA : colère des retraités

Après la polémique soulevée par le chanteur Ras Natty Baby en raison du non-paiement de sa pension, la Mauritius Society of Authors (MASA) a dû prendre des décisions qui sont loin de faire l’unanimité. En effet, il a ainsi été décidé que tous les membres qui atteindront l’âge de 60 ans, bénéficieront d’une pension de Rs 1 000 chaque mois. Sauf que certains en touchaient plus. A l’exemple de Mario Armel qui a vu sa pension être réduite de Rs 2 500 à Rs 1000.

Mécontent de cette situation, le chanteur de 75 ans, qui a fêté ses 60 ans de carrière l’année dernière a écrit une lettre au Premier ministre, Pravind Jugnauth, pour lui en faire part. Il indique qu’il bénéficiait d’une somme de Rs 2 500 mensuellement, comme d’autres chanteurs, tels que Jean-Claude Gaspard et Serge Lebrasse.

« Je suis membre de la MASA et 7% de mes revenus sont déduits et versés au Benevolent Fund. Cet argent est utilisé pour une assistance financière en cas de difficultés, et pour une pension. J’ai été surpris de voir, récemment, que ma pension est passée de Rs 2 500 à Rs 1 000, sans aucune explication ni raison valable », écrit-il.

Mario Armel réclame ainsi la révocation du président de la MASA, Gérard Louis, qui selon lui, n’a réalisé aucun progrès en faveur des artistes depuis qu’il est en poste.

Soulignons toutefois que le président de la MASA avait, lui, déclaré au Mauricien, récemment, que le fonds initial destiné à la pension, mis en place par un ancien conseil d’administration, était épuisé car il n’avait pas été fructifié. De même, avait-il fait comprendre, il n’y avait aucune explication plausible, pourquoi certains touchaient Rs 2 500 et d’autres moins. Le board a donc tranché pour que tout le monde soit traité sur un pied d’égalité.

Sauf que certains artistes qui sont malades, comptaient sur cet argent pour acheter leurs médicaments…

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