Affaire Franklin : Le PM concède l’influence de la mafia au sein d’institutions

Pravind Jugnauth : « Quand il y aura une demande (d’extradition), nous ne ferons aucun compromis »

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Le chef du GM dit ne pas avoir reçu les documents de Roshi Bhadain dénonçant  un pot-de-vin présumé impliquant un ministre

En marge de la National CleanUp Campaign of Motorways (voir plus loin), le Premier ministre, Pravind Jugnauth, a répondu à des questions d’actualité, entre autres au sujet des allégations de corruption émises par Roshi Bhadain à l’encontre d’un ministre (dont l’identité n’a pas été révélée), le lancement du parti de Sherry Singh et la situation au sein de l’opposition. Mais aussi l’affaire Franklin, connu également comme le Roi de l’Ouest  et condamné pour trafic de drogue à La Réunion à sept ans de prison mais toujours en liberté. Une séance rapide de questions-réponses intervenues après des semaines de révélations sur un réseau présumé de prête-noms et des implications à différents niveaux institutionnels, la partie mauricienne n’ayant collaboré auprès de l’île sœur en vue de démanteler ce réseau de drogue entre les deux îles.

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L’affaire Franklin

« Je suis très inquiet quand je vois de quelle manière cette mafia a de l’influence sur certaines personnes au sein de certaines autorités et institutions. Je le dis franchement : je vois les choses devenir un peu plus claires, ki manier zot ena linflians. Nous verrons qui, véritablement, n’a pas de conviction politique pour mener le combat contre la mafia de la drogue, et qui cherche à se mettre dans le camp, cherchant à soutenir et à aider ces présumés criminels », a déclaré le Premier ministre, avant d’ajouter : « mo panse ena sertenn zafer pou vinn telman o kler ! »

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Il répondait à des questions  par la presse sur l’affaire Franklin, notamment s’agissant des difficultés des enquêteurs de la commission anticorruption (ICAC) à déterminer l’étendue du réseau du « Roi de l’Ouest », condamné pour trafic de drogue à La Réunion, en raison de présumés prête-noms utilisés pour brouiller les pistes de ses avoirs véritables.« Ce que je vois, c’est que l’enquête est menée »,

a noté le Premier ministre.

« Ce ne sont pas des enquêtes simples. Il faut (l’implication) de certaines autorités locales et des autorités étrangères. Il y a des procédures à suivre dans la demande ou la confirmation de certaines informations, et elles prennent un certain temps » , fait-il comprendre.

Pravind Jugnauth a également répondu à une question relevant d’une possible demande d’extradition émise dans le cadre de ce trafic de drogue transfrontalier. « Quand il y aura une demande, s’il y en a une, nous ne ferons aucun compromis. Nou pou azir », affirme-t-il. Il soutient  ne pas être supposé, en tant que Premier ministre, de rendre publiques certaines informations, assurant cependant qu’il veillera que « tout ce qui doit être fait soit fait ».

Allégations de Roshi Bhadain

« Il doit se tourner vers les autorités concernées et faire une déclaration », réplique  le Premier ministre au leader du Reform Party, Roshi Bhadain, qui a, dans une conférence de presse la semaine dernière, allégué qu’un ministre s’apprêtait à recevoir un pot-de-vin de Rs 27 millions dans le cadre d’un contrat entre le gouvernement et une compagnie privée.

Roshi Bhadain a déclaré avoir remis des documents soutenant ses allégations au Premier ministre, via un intermédiaire, car il affirme ne pas avoir confiance dans les institutions du pays, dont la police et l’ICAC.

« Je suis très flatté qu’il ait confiance en moi », a ironisé Pravind Jugnauth. « Mais je dis à Roshi Bhadain que je ne suis pas une autorité investigatrice. Qu’importe l’élément que je reçois, ne devrais-je pas me tourner vers une autorité pour enquête ? Se pa Pravind Jugnauth, Premye minis, ki fer lanket  », a-t-il recnchéri.

Le Premier ministre a ajouté n’être aucunement en présence d’éléments dont disposerait le leader du Reform Party. « Il ne m’a envoyé aucune lettre. Jusqu’à l’heure je n’ai rien vu. Il fait des allégations, et j’espère qu’il se base sur les informations dont il dispose », poursuit-il.

Sherry Singh et One Moris

Pravind Jugnauth a qualifié de « cinéma » l’interview accordée par Sherry Singh à une radio privée. Il a allégué qu’il y aurait une « collusion » entre le journaliste intervieweur et son ancien conseiller, homme fort de son cercle fermé. « Ti fer enn gran show, ti vinn dir pou ena enn sunami, bann prev dan enn lakle USB. Mon gouvernement était déjà tombé. Mais je suis encore là »,  déclare Pravind Jugnauth, qui disait s’attendre  que les questions qu’il avait posées lors des congrès du MSM le soient à Sherry Singh.

Le Premier ministre dit relever la réponse de son ancien conseiller à des questions sur des comptes bancaires à l’étranger. « Mo konpran ni li ni so madam ena bann kont a letranze. Nou ava gete pli divan », laisse-t-il entendre en ajoutant  « toute chose commencée doit avoir une fin. Nous verrons comment ce film se terminera. »

Situation de l’opposition

« Je ne sais pas qui s’approche, qui s’éloigne et qui se rapproche », a commenté le Premier ministre à une question concernant l’opposition, comparant la situation de la plateforme de l’opposition à un « yo-yo ». Pour Pravind Jugnauth, « Paul Bérenger s’est servi de Nando Bodha.  À un moment, il s’est aperçu que Nando Bodha était devenu encombrant. Li’nn met li dan box kouma enn stepne. Apre kan li bizin li, li tir stepne-la. Apre kan li trouv li ankonbran, li remet li dan box. Me selman, seki Bérenger pa realize, seki stepne-la, larou-la inn fini plat. »

Rémunération des journalistes

Après les annonces faites par le ministre du Travail, Soodesh Callichurn, concernant des amendements, prévoyant des augmentations salariales destinées aux journalistes avec, cependant, des risques importants sur les finances des groupes de presse, le Premier ministre a souligné que « ces recommandations sont très raisonnables ». Il ajoute : « Avant de les faire, il y a eu consultation, notamment avec des patrons de presse et des journalistes. Tout cela a été pris en considération. Apre inn vinn ek sa Remuneration Order-la. »

« Par la suite, j’ai moi-même reçu une correspondance de plusieurs patrons de presse. Je l’ai transmise aux autorités concernées. C’est à eux d’étudier s’il y a du mérite. Lerla seki ena pou fer ava fer. »

 

HT

National Clean-Up Campaign of Motorways

La National Environment Cleaning Authority (NECA) a été créée pour qu’il y ait une meilleure coordination entre les autorités chargées de la protection et du nettoyage de l’environnement. À cet effet, le Premier ministre et son épouse, Kobita Jugnauth, ont sillonné hier l’autoroute M2, soit de Plaine-Magnien, non loin de l’aéroport, jusqu’à l’ancien musée de la SMF, à Vacoas, qui aménage le quartier général de l’autorité. Et ce, en passant par Midlands. Objectif : attester des travaux de nettoyage et d’embellissement entrepris sur les 70,7 km séparant l’aéroport à Grand-Baie, dans le Nord de l’île.

Cette campagne pourrait s’étendre sur trois mois. Elle voit la contribution de différentes autorités (RDA, MPF, MSC…) avec l’appui de MauriFacilities Ltd, qui mobilise de la main-d’œuvre en ce sens. Déjà, la NECA note que « littering is an issue of great concern all over the island ». À cet effet, une campagne de sensibilisation est prévue. « Nou lobzektif se fer Moris vinn enn pei prop ek zoli », a résumé le Chairman de la NECA, Bruno Lebreux.

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