Sans-Souci Dam – Lesjongard : « Lopozision ti dir kouran pou koupe, me pa finn ena tousala »

Le ministre de l’Énergie et des Services publics déplore les insinuations faites par l’opposition parlementaire au sujet de la fourniture de l’électricité, une société ayant cessé d’alimenter le réseau du CEB. « Lopozision ti pe koz delestaz pwisans. Kouran pou koupe, me pa finn ena tousa », a-t-il déclaré hier lors de l’inauguration du nouveau déversoir de SansSouci Dam, un chantier lancé en 2012 et qui, au final, a été concrétisé avec l’assistance technique d’Electricité de France (EDF). Il a fait ressortir que le « CEB finn ranpli so obligasion vizavi popilasion ». Ce rehaussement du barrage de Sans-Souci apportera un plus dans la production d’énergie hydro-électrique annuellement à Champagne Power Station, soit de 3 GWh.

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Joe Lesjongard estime que cette augmentation dans la production énergétique permettra au pays de réduire les importations d’huile lourde de 600 tonnes métriques annuellement. « Le cours d’eau de Sans-Souci qui passe dans un tunnel est utilisé à la turbine hydro-électrique de Champagne pour produire jusqu’à 52 GWH annuellement dans le bouquet énergétique, représentant 40% de ce type d’énergie », a-t-il ajouté. Il  a mis en exergue que la dépendance aux énergies fossiles comporte de gros risques, particulièrement en cette période de conflit entre la Russie et l’Ukraine qui dure depuis un an avec les fluctuations de prix des matières premières et les difficultés d’approvisionnement, ayant  ont impacté de manière conséquente l’économie mondiale et Maurice.

« Face à cette instabilité, le gouvernement a pris des décisions pour les moyen et long termes. Nous avons bâti notre succès économique grâce à de bonnes décisions, très souvent courageuses. C’est dans ce même état d’esprit, que nous avons revu à la hausse notre pourcentage d’énergie renouvelable dans notre mix énergétique afin de réduire nos importations de matières premières pour la production de l’énergie et en conséquence limiter les effets de la production d’électricité à base d’énergie fossile », avance Joe Lesjongard. Il souligne qu’en dépit du fait que le pays soit vulnérable aux catastrophes naturelles, dont des inondations, Maurice dispose aussi des atouts dans le domaine énergétique. Il fait comprendre que l’objectif de mettre sur pied l’économie verte comme nouveau pôle de développement doit être partagé par tous les opérateurs, affirmant également que le pays n’a pas le choix que ce soit pour atténuer les effets du changement climatique, mais aussi ceux sur le plan économique.

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Le ministre de l’Énergie a déclaré que le gouvernement a créé le cadre nécessaire au niveau des différentes institutions concernées pour faciliter le développement de ce nouveau pôle de l’économie. « Les institutions comme le CEB doivent accuser le coup. La hausse constante des matières premières, notamment l’huile lourde, le pétrole, le charbon, affecte grandement le coût de production. Celui de l’électricité pèse lourd sur l’économie. Le CEB a fait des efforts pour épargner les familles vulnérables et aussi celles qui consomment le moins d’électricité de la révision du tarif », s’est-il évertué de rassurer.

Joe Lesjongard a aussi affirmé hier que la diversification du bouquet énergétique avec une plus grande prépondérance des énergies vertes, permettra d’atténuer l’impact des facteurs exogènes dans le coût de production du CEB. Il s’est dit satisfait que le CEB s’adapte à l’évolution dans le secteur énergétique. Conformément à l’objectif de 60 % d’énergie renouvelable d’ici 2030, le CEB a lancé ces dernières années plusieurs programmes destinés aux différentes catégories de consommateurs – grands, moyens et petits – avec une capacité ciblée d’environ 300 mégawatts.

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À ce jour, quelque 111 mégawatts d’énergie renouvelable intermittente, provenant essentiellement d’installations solaires photovoltaïques, ont déjà été intégrés au réseau électrique. Les centrales hydroélectriques de Tamarind Falls et de Réduit ont été, pendant une certaine période, la seule source de production d’électricité pour Port-Louis et les Lower Plaines-Wilhems. Elles sont particulièrement efficaces pour fournir de l’électricité pendant les périodes de pointe, car elles sont plus réactives que les autres sources de production.

Les travaux à SansSouci Dam ont été amorcés par le consortium JV Transinvest /Colas Madagascar le 30 novembre 2020. Une période de 12 mois avait été prévue pour livrer le chantier, mais en raison de la résurgence du Covid-19 et d’un second Lockdown en mars 2021, le délai a dû être prolongé jusqu’au 7 janvier 2022. Sous la direction d’Hydro-Plus, treize Fusegate en béton ont été coulées sur place avant d’être hissées sur le déversoir par une grue.

En outre, le noyau argileux du barrage a été surélevé d’un mètre, en plaçant une membrane imperméable sur la crête du noyau, avant de le remplir de matériaux argileux. Toutes les installations ont été achevées l’année dernière, suivies de tous les tests et inspections nécessaires. Le CEB a aussi profité des fortes pluies du début de l’année dernière, lorsque le niveau d’eau a dépassé la hauteur initiale du déversoir, pour entreprendre un test d’étanchéité en bonne et due forme. C’est la première fois que la Fusegate Technology a été utilisée à Maurice. Le coût du projet était d’environ Rs 194,25 millions. Le CEB estime que la réduction des émissions de CO2 dans l’atmosphère sera d’environ 1 800 tonnes par an. Les consultants et contracteurs associés au projet, sont notamment Snowy Mountain Engineering Cooperation, ISL Ingénierie, TCL et Hydro Plus.

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